
Sous les lambris du Palais du Luxembourg, deux patronnes ont dû tenir la ligne : mardi 7 octobre, Delphine Ernotte (France Télévisions) ; mercredi 8, Sibyle Veil (Radio France). Deux auditions très politiques, où l’on a parlé d’« indépendance », de « pluralisme »… et surtout d’argent public.
Depuis la suppression de la redevance en 2022, l’audiovisuel public est financé par une fraction de TVA votée chaque année. En 2025, les crédits sont annoncés quasi stables autour de 4,03 milliards d’euros, avec toutefois une coupe additionnelle de 50 millions évoquée par le gouvernement après le dépôt du budget. Traduction : dépendance accrue aux arbitrages politiques, horizon stratégique brumeux.
Le décor comptable est connu et peu flatteur. Dans un rapport au cordeau, la Cour des comptes décrit une « situation financière préoccupante » de France Télévisions : déficit cumulé de 81 M€ entre 2017 et 2024, capitaux propres en chute (294 M€ à 179 M€), prévision d’un résultat net 2025 à –40 M€.…











