
Cette commission d’enquête a transporté sur la scène publique une bataille idéologique qui traverse la société française : la bataille de la protestation dite « populiste » contre le « progressisme » officiel. Dans cette bataille, les médias sont un enjeu central. Étant donné son objet, comment une telle commission aurait-elle pu ne pas faire des remous ? La pugnacité de son rapporteur a fait le reste. Par principe, je crois à l’utilité de ces commissions, quand elles veulent bien ne pas être paresseuses ou complaisantes. Dans un système où chaque sous-système revendique son indépendance au motif qu’il est là pour défendre la cause sacrée de la liberté contre l’autorité, il est salutaire que celle-ci rappelle son existence et son rôle indispensable de gardienne de l’intérêt général. Il y a deux questions différentes à ce propos, une question de gestion et une question d’orientation. Première question : l’audiovisuel public fait-il bon usage des moyens qui lui sont alloués ? Question importante, certainement, mais somme toute banale. Elle n’a pris un tour inflammable, en la circonstance, qu’en fonction de la seconde question, beaucoup plus épineuse : l’audiovisuel public est-il pour de bon au service du public ? La question est difficile à récuser, on en conviendra. Elle s’imposait d’autant plus dans le cas particulier qu’une partie importante de ce public potentiel juge, à tort ou à raison, ne pas être pris en compte ou pire, être explicitement maltraité au profit d’une orientation partisane. C’est un reproche grave qui méritait amplement d’être soulevé et examiné. [...]








