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Les cadavres exquis de la modernité

La force brutale des usines a profondément transformé l’humanité en l’asservissant à la dictature froide de l’outil de production, où règnent les machines et les technologies. L’industrie arracha l’homme à son village, à ses racines, à ses champs, ses arbres, ses rivières, à tout ce qui forgeait sa culture. Elle en fit un être blême, prisonnier des villes, incapable de s’abandonner au rythme des saisons, ni d’apprécier la beauté d’un ciel autrement qu’en format de carte postale. Qui peut croire et prétendre que cet individu urbain, à la conscience brisée, soit autre chose qu’une sorte d’ersatz social, errant dans les rues blafardes, avec pour tout rêve une brume poisseuse envahissant l’esprit.

Il ne s’agit naturellement pas de dresser l’apologie de la misère paysanne et des famines des temps anciens. Il s’agit simplement de ne pas oublier que l’homme moderne a payé l’amélioration matérielle de son sort au prix fort. Cela lui a coûté bien plus que d’uniquement devoir se plier à la dureté de la condition de travail ouvrière du XIXe siècle. Cela lui a fait perdre tout un monde, celui de ses ancêtres, celui qui avait patiemment formé l’âme profonde des populations. La brisure psychologique créée par l’urbanisme contemporain et les modes de vie productifs nés de la révolution industrielle constitue la matrice de tous les totalitarismes qui ont ravagé le XXe siècle et qui survivent, à l’état de fantômes maudits, au plus profond de nos mémoires. Les peuples sont devenus des masses, vivant en bataillons, marchant au pas, puant le stress et dormant mal. Certes les usines ont largement disparu en France. [...]

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Avortement : à l’ouest, un nouvel espoir 

Vendredi 24 juin, la Cour suprême américaine a renversé l’arrêt Roe vs Wade, qui jusqu’alors constitutionnalisait le droit à l’avortement aux États-Unis. Un arrêt fallacieux dévoyant le principe constitutionnel du « respect de la vie privée » et qui empêchait l’interdiction de la pratique. Désormais chaque État américain légiférera à sa guise. Dès l’annonce de la décision, les États conservateurs promulguent des « trigger laws » (des lois déjà prêtes) limitant ou interdisant l’avortement, parfois y compris en cas de viol et d’inceste. Les militants pro-vie célèbrent une décision historique, face aux pro-choix qui hurlent à la régression.

Eux, se prétendent « pro-choix », mais leur discours bien souvent n’en propose pas. Nul choix autre que l’avortement pour les femmes en difficulté. Eugénisme social assumé. En outre, choix implique liberté, mais n’est libre que le choix éclairé. Il s’agirait donc de ne pas cacher la réalité de l’acte, ni les risques qui en découlent. Pourtant, quel que soit le rivage de l’Atlantique, le discours des partisans de l’avortement tend vers une banalisation, qui vire à la désinformation.…

Tu quoque filii

Une étude sémantique et étymologique du mot « père » permet de voir à quoi s’attaquent réellement les néo- féministes. Le mot « père » en français, vient du latin « pater », qui lui-même vient du grec « ????? ». En Grèce, le mot renvoie alors à l’homme qui a une filiation. Le père, c’est « celui qui est à la source », le fondateur. La fonction du « père » est alors de transmettre, ses gènes et son éducation. Le fils d’un dieu et d’une mortelle est demi-dieu: par son ascendance masculine, il hérite d’une hauteur d’âme et de compétences physiques de son père. D’une autre façon, le père est celui qui enfante: Socrate est le père de la philosophie, Solon celui de la démocratie.

Avec l’essor du christianisme, on voit apparaître un autre père: Dieu

Jovis Pater, Jupiter, dirent les Romains. La figure jupitérienne, c’est celle du dominateur patriarcal. Le père impérieux, celui qui commande, l’imperator. Le père transmet le nom de famille, le titre. Le mot « patricien » en découle, pour désigner la filiation de la noblesse et du patrimoine. « Patrimoine », l’héritage du père, « muni par le père ». Par la force de sa décision, il donne à son fils les armes qui lui permettront de continuer ce qu’il a commencé. C’est d’ailleurs chez les Romains que se développe l’idée « des pères ». Ceux-ci sont les ancêtres qui portent l’histoire d’une famille que, chez les nobles, on rattache aux dieux. Léguant leur fardeau à leur fils, ils créent une véritable mémoire commune que les Lares doivent protéger. Véritables patronus, ils sont ces riches patriciens protecteurs des faibles. Mais le patron est également un modèle, celui sur qui on se calque pour réussir. Sur la « terre des pères », on retrouve la patrie. Celle qui a été forgée par les ancêtres, le foyer des hommes perpétuant le patrimoine. Les traîtres à la patrie sont donc des parricides. [...]

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Marc Eynaud : « La seule convergence des luttes qui vaille consiste à enlever l’église du centre du village »

Combien et quelles sont les exactions commises à l’endroit des catholiques ? Qui commet ces exactions ?

C’est pour ainsi dire impossible à quantifier précisément. Les chiffres du ministère de l’Intérieur concernant les actes anti-religieux sont vagues et reflètent mal l’ampleur du phénomène. Les actions, crimes et actes hostiles menés à l’encontre des catholiques sont pourtant très nombreux et en constante augmentation. Entre la presse locale, les communiqués de l’institution, les couloirs des palais de Justice bondés et les alarmes régulièrement lancées par les acteurs du patrimoine historique, on a un aperçu assez préoccupant du phénomène. Comme il y a pléthore de crimes, il y a pléthores d’acteurs : les associations laïcardes, les mouvements antifas, les islamistes, les groupuscules féministes… Toutes ces entités démontrent que la seule convergence des luttes, la seule « intersectionnalité » qui vaille consiste à enlever l’église du centre du village de toutes les manières possibles.

Tout comme il n’existe pas de délit de blasphème, il n’existe aucun délit de profanation hormis dans le champ des sépultures

La réponse politique et judiciaire vous semble-t-elle à la hauteur ?

Pour qu’il y ait une réponse judiciaire, il faudrait pouvoir qualifier le crime. Concernant les attaques judiciaires, terroristes et j’en passe, l’Église et ses acteurs disposent de l’arsenal juridique classique. En revanche, la multiplication des profanations, c’est-à-dire des actes de haine authentiquement spirituels ne relèvent d’aucune juridiction. Tout comme il n’existe pas de délit de blasphème, il n’existe aucun délit de profanation hormis dans le champ des sépultures. Si vous forcez l’entrée d’un tabernacle et dérobez le ciboire contenant les hosties consacrées, la justice s’interrogera simplement sur la valeur marchande du vase. Cela, c’est un peu l’angle mort sur le plan judiciaire concernant les profanations. [...]

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Thomas Pesquet : il a pas fini de tourner

Quand il va dans l’espace, comme d’autres prennent le métro, Thomas Pesquet emporte avec lui les œuvres complètes de Saint-Exupéry dans La Pléiade (on se permettra de remarquer qu’il y a des formats plus pratiques à feuilleter, dans un engin croisant à 400 km au dessus de la Terre – s’il s’agit de lire pour de vrai, en tout cas).

Nous voilà bien. C’est tout à fait logique. Aucun doute, la continuité entre l’un, écrivain héroïque mort pour la France en juillet 1944, et l’autre, conversant en direct des étoiles avec le Président de la République devant des millions de Français esbaudis à une « heure de grande écoute », tombe sous le sens.

Thomas Pesquet héritier de Saint-Exupéry, mais bien sûr : héros des premiers temps de l’aéronautique pour l’un, de la conquête spatiale pour l’autre, réactivant tous deux la figure de l’aventurier ulysséen, les héros virils et intrépides de la mythologie antique.

Lire aussi : Ode à la maternité et à la femme

Thomas Pesquet a des millions de suiveurs sur Twitter, Saint-Exupéry (ses héritiers pour être précis car lui n’en tira jamais un kopeck) a vendu Le Petit Prince à des millions d’exemplaires. [...]

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Ode à la maternité et à la femme

Je ne puis considérer sans verser une larme ta souffrance de mère, toi qui as avorté !

Chacun pourra penser ce qui lui semble bon, et moi je vous dirai ce qui me semble vrai.

Aimer une personne, c’est l’accepter entière, dans toute sa grandeur, et toute sa faiblesse, dans ce qui lui est propre, dans ce qui constitue sa particularité, voire sa différence.

Nous voyons aujourd’hui un courant féministe qui désire défendre les droits de la femme : « droit des femmes à disposer d’elles-mêmes ». Et pour concrétiser ce désir, nous voyons mis en place des lois autorisant l’avortement, la contraception, le divorce.

Comment pouvons-nous dire en restant réaliste que la contraception vient défendre la femme ? On oblige la femme par la contraception (chimique notamment) à arrêter (imiter dans le meilleur des cas) son cycle ou à porter en elle des objets étrangers qui abîment son corps. Et si nous en restons aux moyens plus faciles (à des bouts de plastique placés tant bien que mal), ils ne permettent pas aux femmes de disposer à leur souhait de leur corps, mais à n’importe quel homme de posséder sans risque le corps de toute femme alors réifiée.…

Révocation du « droit » à l’avortement aux États-Unis : de la nécessité des principes absolus

La décision prise récemment par la Cour suprême des États-Unis d’Amérique au sujet du « droit » à l’avortement est, assurément, une grande victoire pour les DÉFENSEURS de la vie. Plus objectivement, il s’agit d’une grande victoire pour le RESPECT DE LA DIGNITÉ DE LA PERSONNE HUMAINE elle-même, dont il convient de rappeler qu’elle est reconnue comme la « pierre angulaire » de tous les droits, que ce soit par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 ou par la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Lire aussi : Édito : avortement, le grand tabou

En droit interne français, l’article 16 du code civil dispose : « La loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie ». En dépit des efforts de certains juges pour tenter de marginaliser ce principe, au motif erroné qu’il n’aurait pas de « valeur normative», la Cour de cassation a jugé qu’il s’agissait bien d’un « principe à valeur constitutionnelle dont il incombe au juge de faire application pour trancher le litige qui lui est soumis » (Civ 1, 26 septembre 2018, n° 17-16.089, B). …

David Antonelli : « Le mouvement woke est véritablement l’antithèse absolue de la Torah »

Durant votre jeunesse, vous militiez dans le mouvement nationaliste corse. Pourtant on comprend que ce nest pas du nationalisme corse que vous vous êtes détourné, mais des responsables politiques qui lincarnaient, et de leur ligne idéologique de gauche multiculturelle.

C’est exactement cela. Pour moi, servir la cause nationale impliquait un nationalisme authentique, c’est-à-dire permettre à un peuple libre de demeurer ce qu’il est sur sa terre. L’idée donc qu’il était nécessaire de s’émanciper de la France, car ce pays promeut et soutient ardemment le globalisme. Chose que j’ai très tôt analysée comme funeste pour l’identité et l’âme du peuple corse. Ce globalisme aboutira d’ailleurs à la dissolution du peuple Français lui-même si ce dernier persévère à ne pas vouloir réagir et à se bercer du « vivre ensemble » et d’autres concepts que le réel dément au quotidien. Par ailleurs, la France désire et encourage toujours plus une immigration de masse non-européenne, islamique notamment. Le danger pour le peuple corse était et reste celui-là : devenir minoritaire sur la terre qui est la sienne depuis des temps immémoriaux. Or je me suis progressivement aperçu que les dirigeants politiques « nationalistes », certes s’opposent à la France, mais uniquement dans le but d’obtenir des avancées institutionnelles, mais que pour le reste, ils partagent exactement les mêmes valeurs que les élites politiques françaises globalistes et progressistes, et souhaitent d’ailleurs promouvoir les mêmes politiques, à l’opposé de ce que désire la grande majorité du peuple corse. Pour vivre, la cause nationale devra se détourner totalement de ces gens-là, car la « communauté de destin » implique qu’il suffit d’arriver en Corse pour être corse.

LEurope de lOuest est en train de changer. Les idées du mouvement woke, de la Cancel culture sont en train de gagner les esprits. Quel est votre sentiment face à ce phénomène ? Israël est-il épargné par cela ?

C’est la même problématique. Ce mouvement ambitionne, à un niveau mondial, de détruire identités, peuples et même civilisations afin qu’advienne une société de « citoyens du monde » réputés être de partout, mais qui, en réalité, sont de nulle part. Face à cela, malgré le risque qui existe aussi en Israël même, comme partout ailleurs, je suis serein, car Israël est le peuple témoin qui a traversé des millénaires et qui a toujours su s’émanciper de toutes ces fausses idéologies afin de se perpétuer en respectant les lois sacrées, don de Dieu, qui permettent l’équilibre du monde. La Torah, qui est une prophétie venant de l’infini,  est profondément identitaire. Elle commande au peuple juif de préserver son identité, ainsi que l’identité des Nations. C’est la cause de l’intervention divine après le déluge qui a dispersé les peuples, avec l’épisode de la tour de Babel. L’Éternel refusait un univers où tous parlaient la même langue, et où les identités disparaissaient. Le symbole du monde qui n’a pas été détruit par le déluge est précisément un arc-en-ciel. Les différentes couleurs se côtoient, sont solidaires, mais ne se mélangent pas car dans ce cas elles disparaitraient et l’équilibre serait rompu. Chacune de ces couleurs  doivent exister, être respectées et se transmettre. Israël, par le message divin qu’il a reçu, est le garant de cette force-là. Raison pour laquelle, il est puissamment attaqué depuis toujours. Le mouvement woke est véritablement l’antithèse absolue de la Torah. On aboutit à la disparition de la famille traditionnelle, des identités, et à un homme qui ne sert plus les lois supérieures qui imposent des devoirs, mais se sert lui-même. Tout cela donne une illusion de liberté - rappelons-nous le fameux « il est interdit d’interdire ». Or, quand on se soustrait au joug divin –aux lois et devoirs qu’il impose– à l’appel d’idéologies macabres, on tombe sans le savoir sous un autre joug, lui destructeur, implacable et réellement tyrannique. Israël est en première ligne pour ce combat, les Nations devront faire le choix entre les véritables valeurs et le chaos que nous imposent ces idéologies. [...]

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