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La fin du pater de campagne

Ces cinquante dernières années, les bouleversements socio-économiques ont détruit la figure éternelle du père dans la campagne. Le pays réel n’est plus.

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© DR

Qu’elle est loin cette image d’Épinal, n’ayant pas même besoin d’être datée car intemporelle jusqu’à peu, de ce vigoureux campagnard, le visage marqué par les sillons de l’effort, qui tirait grande fierté de son lien intime à la terre, et plus encore de cette famille, souvent nombreuse, dont il était le chef, parfois rugueux il est vrai, et le représentant, au point qu’il s’agissait de sa véritable identité sociale.

C’est que depuis, la famille traditionnelle a été frénétiquement traquée et attaquée, jusqu’à ce que mort s’ensuive. La vague de mai 1968, ayant instantanément ravagé ce qu’il restait d’à peu près droit dans les villes, a gagné avec deux ou trois générations de retard nos campagnes, où elle rompit une à une les dernières digues de la vieille France dont les mœurs résistaient bon gré mal gré, par imprégnation catholique et inertie sociale, à la modernité. Ce fut l’individualisme émancipateur – ce dissolvant universel – d’où sortirent pêle-mêle la libération des mœurs, la fin de la morale commune, le divorce de masse et l’urbanisation.

La famille avait perdu son existence en tant qu’entité organique surplombant chacun des membres qui la composaient; ceux-ci allaient désormais, pour le meilleur et pour le pire, conduire leur vie seuls comme des grands. Et le père campagnard, plus que n’importe quel autre, aura été la victime expiatoire de phénomènes conjugués qui auront laminé sa fonction, dans un monde rural dont il faut bien comprendre à quel point l’univers mental ne pouvait concevoir autre chose que ce qui avait toujours été. [...]

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