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A.A. Williams sublime le spleen des 90’s

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Publié le

31 mars 2021

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La jeune Anglaise mélancolique qui fut la découverte de 2020 dans la catégorie musique sombre sort un magnifique album de reprises revisitant les grands tubes du rock spleenétique des années 90 d’une manière épurée.

A.A. Williams, jeune fille de formation classique bouleversée par la découverte de Defones, tombe un jour, dans la rue, sur une guitare accompagnée d’une note : « S’il vous plaît, prenez-moi, j’ai besoin de jouer ». Elle obtempère et devient bientôt un convaincant épigone de Cat Power repéré par Sisters of Mercy ou Cult of Luna dont elle ouvrira les concerts. L’an dernier, son premier album, Forever Blue, fait sensation. Élégant, inspiré, il oscille entre simplicité acoustique et plages shoegaze comme écrins d’une voix particulièrement émouvante et languide.

FLEURS DE CONFINEMENT

Lors du premier confinement, beaucoup d’initiatives désastreuses vinrent aggraver l’ennui de la période. On se souvient de l’atroce concert « Together at home » mené par Lady Gaga et Elton John, espèce de grand-messe pop américaine ratée alliant la vulgarité des bons sentiments à la précarité des circonstances (chaque artiste se succédait péniblement en visio pour chanter avec les moyens du bord, pathétique démonstration de mégalomanie impuissante).

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Pourtant, sur son île, A.A. Williams propose alors du sublime adapté. « Creep » (Radiohead), « Where is my mind » (Pixies), « Nights in white satin » (Te Moody Blues) mais aussi Nick Cave, Smashing Pupkins, Nine Inch Nails, une rafale de tubes du rock sombre des années 90 se voient successivement réinterprétés sur sa chaîne YouTube dans un dénuement qui, ici, met en relief la beauté des compositions, l’émotion intime qui s’en dégage et la grâce de l’interprète.

Enregistrées dans son salon avec des moyens minimaux, ses reprises laissent entendre craquements, bruits parasites, toutes les respirations et des saturations fréquentes, mais toutes ces imperfections ne font qu’ajouter au charme de son jeu

BRUT

De ces chansons d’isolement, Songs of isolation, l’artiste a tiré aujourd’hui un album leur conservant toutes les caractéristiques du dernier printemps cloîtré. Enregistrées dans son salon avec des moyens minimaux, ses reprises laissent entendre craquements, bruits parasites, toutes les respirations et des saturations fréquentes, mais toutes ces imperfections ne font qu’ajouter au charme de son jeu. À une époque d’artificialisation extrême de la musique qui confine à l’anesthésie, cette proximité, cette fragilité, ce relief sont d’autant plus appréciables, et transfigurent la déprime du cloisonnement tout en hissant au rang de classiques ces morceaux magiques de la fin du siècle dernier.

SONGS OF ISOLATION,
A.A. WILLIAMS, Pias,
15,30€

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