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À propos d’une gifle : en avoir (de l’audace) ou pas

Macron giflé au cri de « Montjoie Saint-Denis » ? Un acte dandy plus que politique, mais à tout le moins preuve d'une audace que tous n'ont pas.

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© Capture d'écran YouTube

Bien, le président Macron s'est donc pris une claque in vivo. En attendant une autre annoncée aux régionales. J'imagine que L'Incorrect aura tout dit de ce qu'on peut dire de l'« événement » : problème de la sacralité de la personne du chef de l'État, lequel a par ailleurs tout fait pour désacraliser sa fonction ; grotesque du tocsin républicain sonné par Mélenchon et sa clique sur le péril extrême droitiste alors que des centaines de Français sont morts, victimes de terroristes dont le cri de ralliement n'était pas vraiment « Montjoie Saint-Denis ! », etc.

Occasions prestigieuses manquées

Tiens c'est peut-être ce qui me gêne le plus dans cet incident, ce cri venu du plus profond de notre histoire. Ça éloigne le geste de ce jeune Damien de la politique, pour le relier au dandysme. C'est bien d'ailleurs le dandysme, et du reste ça devient une denrée rare comme le courage au pays de Macron et d'Hanouna. Sans parler qu'incontestablement ce jeune homme s'est mis en danger pour cette beauté du geste, comme ses héros médiévaux chevaleresques de référence. Mais justement choisir un slogan du temps des bannières et oriflammes pour s'en prendre au fondé de pouvoir hexagonal de la mondialisation libérale, ce n'est pas tout-à-fait raccord, je trouve : les gens, les Français à qui son geste était malgré tout destiné vont penser que Damien est un marginal nostalgique, une sorte de « gothique », et non un représentant de la France qui n'en peut plus hic et nunc.

Peut-être aussi qu'on n'a pas toujours envie d'ajouter de la marginalité à la marginalité, et qu'on pense qu'on s'est déjà pas mal compromis par rapport à la moyenne de ses compatriotes

Bon enfin, il a osé, et c'est déjà quelque chose en ces temps où l'audace et l'agressivité semblent réservées à des catégories bien ciblées de jeunes hexagonaux. Et moi, et moi, et moi qu'aurais-je fait au fait ? Moi, le hasard m'a fait voir de près, dans les rues de la grande ville, des personnalités aussi attachantes que Georges Marchais (dans le cadre d'un procès, il est vrai), BHL, Harlem Désir, Jean-Louis Debré, Olivier Besancenot, Jean-Louis Cambadélis, Marek Halter, Michel Denisot… Et je n'ai rien dit ou fait. Une sorte de timidité à froid, de lassitude après tant d'années à baigner dans la tension politique ou para-politique. Peut-être aussi la crainte de ne pas contrôler la suite – d'une injure ou d'un doigt d'honneur, ou même d'une bonne vanne – et de me retrouver très emmerdé pour une simple bravade. [...]

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