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Cherbourg : Ville moyenne pour classes supérieures

Riche de son charme suranné, Cherbourg se gentrifie. Les prix flambent dans les agences immobilières et sur les marchés. Son offre culturelle monte en gamme et son personnel politique s’adapte. Un laboratoire, contestable, pour les bourgs moyens français ?

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© Facebook Cherbourg-en-Cotentin

Le 1er janvier 2016, Cherbourg-Octeville fusionnait avec quatre de ses communes limitrophes pour devenir Cherbourg-en-Cotentin. Administrativement, la ville montait en gamme, passant de 38 000 à 79 000 administrés. Le nouveau nom insistait sur l’enracinement normand. Dans ses pratiques, la ville s’urbanise pourtant davantage. Sur les étals : des bières artisanales, des concepts bio pour le déjeuner, la boutique City Bike et ses vélos à 3 500 euros… Les produits répondent à une demande nouvelle des consommateurs locaux alors que les escales de paquebots aux dimensions remarquables remplissent les commerces et troquets de touristes, lesquels font entendre aux passants les langues du vaste monde.

Cherbourg by night

« Les Cherbourgeois – notamment les jeunes – se prennent pour ce qu’ils ne sont pas », grogne un des derniers rentiers du centre-ville. Ces « jeunes » apparaissent nombreux sur Instagram ou Tiktok en y faisant des grimaces et génuflexions ; la mine réjouie et des hashtags qui accrocheront – pensent-ils – leur ville à l’archipel festif numérique et métropolitain : fitnessCherbourg, Cherbourg Story, Cherbourgbynight

Comme beaucoup de préfectures et sous-préfectures, la ville monte en gamme et devient attractive. Elle attire un public venu de la grande ville que l’on voit désormais en pantalon rouge ou en Ralph Lauren

Si ses habitants semblent désormais convaincus de vivre dans une métropole branchée, Cherbourgbynight revient de loin. « Dans le vent », la ville l’est depuis toujours et littéralement : elle a longtemps souffert d’être associée à la pluie, à l’ennui et aux rigueurs climatiques des ports de pêche. Les badauds se souviennent d’une époque vieille de cinq ou dix ans seulement où « la ville s’éteignait à 19 heures », et où les frais bacheliers ne « rêvaient que de partir pour faire leur vie ailleurs ». Les captifs de Cochons-sur-Manche auraient-ils attrapé le syndrome de Stockholm ? Certains qui rêvaient de fuir, aujourd’hui reviennent : « Je pensais installer mon cabinet dans la ville où j’ai fait mes études mais maintenant qu’on a des bars sympas et une bonne ambiance, pourquoi subir les inconvénients d’une très grande ville quand on n’en a que les avantages ici ? » commente Léa, jeune kiné de 25 ans. [...]

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