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Christophe Dickès : « Saint Pierre s’estimait indigne de sa charge »

Historien spécialiste de Jacques Bainville et du Vatican, fondateur de la webradio Storiavoce, Christophe Dickès brosse un portrait complet et inspirant de saint Pierre dans une biographie récemment parue chez Perrin. Entretien.

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© Fresque de Masaccio, chapelle Brancacci, Florence

Dans cette biographie, vous croisez les disciplines, brassant notamment histoire sociale, théologie, exégèse, archéologie ou histoire de l’art. Pourquoi avoir choisi cette approche très diverse ?

L’approche pluridisciplinaire est toujours un risque, mais j’ai souhaité l’assumer en pensant à la phrase du grand historien Jacques le Goff : « La séparation des savoirs, la spécialisation en domaine isolé nuit considérablement au développement de la recherche. » Dans les faits, écrire une biographie de Pierre n’a pas vraiment de sens, au regard du peu d’éléments que nous avons en notre possession. En effet, saint Pierre n’est cité « que » 154 fois dans le Nouveau Testament. L’idée était donc d’élargir ma vision en abordant des thèmes peu explorés ou qui sont l’apanage de travaux très spécialisés. Prenez le cheminement de saint Pierre d’un point de vue théologique : il est essentiel pour aborder un tel personnage. Même remarque à propos de sa place dans les arts : la façon dont il était représenté dans les premières communautés chrétiennes me semble essentielle. On le voit représenté sur des coupes, des petits médaillons mais aussi de beaux tombeaux. Quant à l’archéologie, elle n’est pas en reste, de sa maison à Capharnaüm à la fameuse tombe romaine, qui a donné lieu à des fouilles très récentes puisqu’elles datent du XXe siècle.

Quelle était la personnalité de saint Pierre ? Existent-ils des différences entre le Pierre de Matthieu, Marc, Luc et Jean ?

Schématiquement, on va dire qu’il existe une différence importante entre Marc d’une part et les trois autres évangélistes d’autre part. Nous savons en effet que d’après les Pères de l’Église (Justin de Naplouse au IIe siècle ou Eusèbe de Césarée au IVe siècle), saint Pierre a influencé l’écriture de Marc. Dans le texte, il s’est donc mis en retrait, s’estimant indigne de sa fonction. Ce qui nous indique un élément essentiel de sa personnalité : Pierre ne cherche pas les places. Bien conscient de ses propres faiblesses, Simon-Pierre n’a pas de prétention et ne cultive aucune ambition personnelle. Sincère et généreux, il manque de fermeté et se montre irréfléchi. J’écris que son esprit est brut et instinctif. Il l’empêche d’apprécier les événements qui se déroulent sous ses yeux. Pierre est aussi l’homme de la conciliation et de la voie moyenne avec tout ce que cela suppose d’accommodements et de petits arrangements. Il n’en est pas moins enthousiaste et son amour de Jésus ne souffre aucune contestation : il est le premier à poser un acte de Foi. [...]

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