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La Double peine pour Victorine

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Le 26 septembre, Victorine, une étudiante âgée de 18 ans, disparaît aux alentours de Villefontaine. Elle ne rentrera jamais. Deux jours plus tard, son corps est retrouvé à moitié déshabillé avec des ecchymoses et, 17 jours plus tard, un suspect est arrêté et il avoue : son nom est Ludovic Bertin.

Si la plupart des médias ne mettent pas longtemps avant de donner le nom du suspect et à le présenter, comme d’habitude, comme une personne sans histoires, ils seront en revanche beaucoup plus frileux à donner une photo, même floutée.

Problème d’éthique et de droits à l’image diront certains. En tout cas, ces problèmes-là ne semblaient visiblement pas se poser quand c’est la photo de Nordahl Lelandais qu’il a fallu publier avant qu’il soit jugé coupable… 

Bref, les premiers à sortir la photo sont la désormais célèbre maison d’édition RING et finalement, le visage de l’homme est moins blanc que son nom pouvait le laisser supposer.

Les réactions ne se furent pas attendre : « hamdoullah c’est pas un rebeu » dira un certain Bassem sur Snapchat, visiblement soulagé.

« Vous voyez qu’on peut avoir un nom français et commette des meurtres » écrira un internaute, visiblement ravi d’enfoncer des portes ouvertes. 
« C’est ce qui arrive quand on se promène seule et en jean moulant » dira un autre qui, visiblement, n’a que la charia à proposer pour protéger les femmes de son pays. 


Et enfin le plus atroce: des dizaines de commentaires venant de personnes se proclamant « patriote » ou de « droite », justifiant l’indéfendable avec la plus abjecte des accusations sur la victime : « Victorine= PAN »* *Traduction: Victorine = « pute à nègres ». Victorine qui est la victime dans l’histoire, est selon eux, coupable car, selon ses réseaux sociaux , elle fréquentait des noirs et des arabes. Non seulement Victorine ne fréquentait pas Ludovic (elle ne le connaissait pas), mais Victorine est sûrement morte parce qu’elle a refusé la drague de Ludovic. Cette inversion accusatoire est immonde.

Mais les faits sont là: pour certains à droite en 2020, une femme qui fréquente des Noirs et des Arabes mérite de finir dans un ruisseau. Peut-être que ces gens-là vivent dans des grottes à l’écart du monde mais pour un jeune de 18 ans en 2020 en tout cas, c’est monnaie courante. Parce qu’ils fréquentent les mêmes lycées, parce qu’ils habitent les mêmes quartiers et parce qu’ils sortent dans les mêmes endroits. Qu’ils en aient envie ou pas d’ailleurs, ils n’ont pas le choix. 

Et c’est ça aussi la tragédie de Victorine et de sa famille : être parmi les derniers blancs dans un quartier peu à peu remplacé. Que les rebelles des claviers anonymes qui se permettent de dire de telles atrocités sur la victime se remettent un peu en question : s’ils habitaient dans de tel quartier, ils baisseraient la tête, ils raseraient les murs et ne fanfaronneraient pas quant à leurs opinions « politiques ». En France en 2020, à moins de vivre au fin fond de la Creuse et d’avoir 80 ans, tout le monde fréquente des personnes d’origine étrangères ou connaît quelqu’un qui en fréquente. Un peu de compassion, ça aurait pu être votre sœur ou votre cousine.

Mais parenthèse fermée et revenons donc sur ce crime. Ludovic prétexte avoir bousculé la jeune femme lorsqu’il faisait son jogging, ce qui aurait entraîné une violente dispute. Il dit avoir été pris de colère, et l’aurait donc étranglé puis aurait dissimulé son corps dans un ruisseau. La défense du meurtrier ne tient pas : des anciens amis du suspect évoquent un homme passionné de grosses cylindrées, mais qui ne pratiquait pas le footing. Aussi le corps de la jeune femme a été retrouvé à moitié nu, non loin de son pantalon. Et puis surtout, quel genre d’homme prend le temps d’enlever le pantalon de la victime lors d’une simple dispute ?

L’accusé conteste évidemment tout mobile sexuel qui rendrait le crime encore plus grave et donc la peine plus lourde. Mais il semble que Victorine n’ait pas été victime d’une « incivilité qui a mal tourné » mais bien d’une tentative de drague qu’elle a refusé, ce qui a mis son meurtrier frustré dans un état de rage incontrôlable. Des milliers de femmes chaque jour sont harcelées dans la rue : drague lourde et insistante, elles sont sifflées comme des chiens, subissant des commentaires déplacés sur leur physique. Celles qui osent répondre à leurs agresseurs se font souvent insulter voir frapper en retour pour avoir osé refuser leurs « élégantes » avances. Il semble que Victorine ait connu le même sort sauf que cette fois-ci, l’une d’entre nous est morte.

À ce stade, nous n’en savons pour l’instant pas plus sur l’enquête. Mais des questions se posent : était-il seul ? Avait-il prémédité son acte ? Quand on visionne le très étrange hommage à Victorine du frère de l’accusé sur sa chaîne YouTube (la vidéo a été mise en privé depuis) on est en droit de se poser des questions. Ses vidéos sont particulièrement misogynes et les propos anti-blancs y sont fréquents, on peut donc se demander dans quelle ambiance a été élevé Ludovic Bertin. A-t-il baigné dans le racisme anti-blancs et la haine des femmes ? En particulier des femmes blanches.

Nous nous sommes en revanche penchées sur le profil de Ludovic Bertin, décrit dans un premier temps comme un bon père de famille sans histoires et travailleur, ce portrait va cependant rapidement s’effriter grâce aux témoignages de voisins. Cet homme de 25 ans habitait avec sa femme depuis 5 ans aux Fougères, ensemble résidentiel populaire à l’écart du centre ville de Saint-Bonnet. Il marquera ses voisins qui décrivent un homme très violent et impulsif. Dans un article de Libération, une voisine explique qu’elle habitait au dessus de chez lui qui travaillait à l’époque de nuit. Ne supportant pas les bruits d’enfants en journée, il n’hésitait pas à user de violences, d’insultes, voir même de ses poings à l’égard de ses voisins. Ces derniers finiront par déménager. Homme violent avec les autres, mais aussi avec sa femme puisque les voisins témoignent avoir entendu très régulièrement des bruits de coups et des cris venant d’elle.

Enfin, la justice a corroboré les témoignages des voisins puisque Ludovic Bertin avait à son actif une dizaine de condamnations (vols, outrages, faits de violence et consommation de stupéfiants), avec des peines souvent aménagées. Cette information nous a fait bondir : encore un multirécidiviste qui a bénéficié du laxisme de la justice. Sans ce laxisme qui fait que les délinquants ne font quasiment jamais l’intégralité de leurs peines, et sans la confusion des peines que nous avons en France, Victorine n’aurait peut être jamais croisé sa route. La justice est complice de bon nombre de délinquants et de criminels de ce pays. En France, les victimes sont très fortement punies, mais leurs bourreaux s’en sortent avec une tape sur les doigts. Pas étonnant avec une justice pareille que la question de la peine de mort revienne sur la table et dans la bouche de nombreux Français dégoûtés…

Revenons sur le profil du tueur : délinquant notoire, nous savons aussi qu’il est d’origine martiniquaise. La Martinique est française bien évidemment, mais est-elle pour autant identique à la France Métropolitaine en tout point ? En 2019, le site France Bleu rapportait une étude sur les violences conjugales en France et en Outre mer, l’étude indique : « En 2018, c’est en Outre-mer que ces crimes ont été les plus fréquents : en Polynésie française, où le taux est le plus élevé, les morts violentes au sein du couple représentent un taux de 14,2 pour un million d’habitants. Vient ensuite la Guyane (7,4), la Martinique (5,2), la Réunion (4,6) et la Nouvelle-Calédonie (3,1). La région des Hauts-de-France présente également un taux de 3,1 morts violentes au sein du couple pour un million d’habitants, le plus élevé de France métropolitaine. »

Les raisons de cette différence ? Des différences culturelles, les Antilles ayant une culture plus machiste qu’en métropole, le militantisme féministe y est sûrement encore plus urgent là-bas qu’ici. Et lorsque ce machisme importé se mélange à des préjugés contre les femmes blanches et à une culture banlieue fondée sur la violence, le résultat est toujours tragique.

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