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Comment aime-t-on en 2021 ?

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Publié le

1 mars 2021

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Le pays qui a vu naître l’amour courtois a encore des choses à dire au monde sur la manière de faire la cour. Mais le rapport entre sentiments et relation physique tend à s’amenuiser un peu plus chaque année.
Amour2021

Dans un temps très lointain, l’amour et le mariage se tenaient bien séparés l’un de l’autre. La littérature regorge d’histoires déchirantes sur la tragédie des sentiments perdant deux jeunes passionnés dans leurs turpitudes. L’arrivée du catholicisme a tenté de mettre un terme à cela : pour de jolies épousailles, il faut impérativement que mademoiselle et monsieur acquiescent sans contrainte. Plus question de donner sa fille aînée contre les terres du voisin. Ce type d’union se réservait à la noblesse, pour qui le mariage allait de pair avec responsabilités politiques. L’amour, ce truc de pécores. Mais la fière Aliénor d’Aquitaine renversera la tendance. Avec ses armées de troubadours et de courtisanes, elle rétablira l’équilibre dans le couple. À l’homme, la force, à la femme, la clé de l’amour. Deviendra respectable celui qui conquerra le coeur de sa dulcinée. Pour y parvenir, elle devra se montrer distante, et lui ne devra pas renoncer devant son indifférence feinte. Cette relation est tout sauf platonique. Une fois l’accord conclu, le preux devra montrer sa maîtrise jusque dans la couche conjugale. Chaque seconde de retenue sera considérée comme une preuve d’amour supplémentaire. 

De là provient le stéréotype du français romantique. Car si cette tendance s’est largement répandue dans toutes les couches de la société et même hors du pays, la France conserve cette image de romance, et de Paris qui serait la capitale de l’amour.

Donne ton 06

Cette réputation s’use. Déjà, impossible pour une jeune fille de traverser la capitale sans qu’on lui demande son numéro de téléphone ou qu’on la traite de grosse salope en cas de refus (ne soyez pas choqués face à ce mot. C’est l’absolu quotidien d’une demoiselle qui sort en ville). Ensuite, ce lien entre sexe, mariage et amour tend à s’évanouir. Et cela à cause de la conjonction fatale de deux facteurs.

La fière Aliénor d’Aquitaine renversera la tendance. Avec ses armées de troubadours et de courtisanes, elle rétablira l’équilibre dans le couple

La pilule pas si miraculeuse

En premier, la multiplication des méthodes de contraception. « Coucher » ne rime plus avec « bébé ». On peut multiplier les partenaires sans conséquences. La loi de l’offre et de la demande joue alors en défaveur des femmes. Les hommes peuvent insister pour avoir de nombreuses partenaires et beaucoup de relations charnelles avant de s’engager ; leur fécondité ne diminue que très peu avec l’âge. Une femme qui souhaiterait une relation stable débouchant sur une famille doit alors accepter

les conditions masculines, avant que ça ne soit plus envisageable. Cela se vérifie d’ailleurs dans les chiffres : en moyenne, ces messieurs se « casent » deux à trois ans après ces dames, et deviennent pères de même. Cela alors que l’âge du premier rapport sexuel en France n’arrête pas de diminuer (un peu plus de 15 ans pour les trentenaires, contre 17 ans pour les cinquantenaires). Et le nombre de partenaires d’augmenter, avec une moyenne de plus de 16 par personne.

Obligation d’aimer

En second, la tyrannie de la passion. L’amour courtois se retourne contre ses créatrices. Selon une étude de l’université du Massachussetts, les jeunes filles multiplient les conquêtes, mais veulent y associer un élément sentimental de manière quasi systématique. Pour faire simple : les sentiments servent de leurre pour lui faire accepter des relations plus charnelles. L’absence de réciprocité engendre de la frustration. D’où la fameuse sentence : « tous les mêmes ». De ce fait, il n’est pas rare de voir les femmes revendiquer d’avoir un « plan cul », c’est-à-dire un partenaire tout aussi désintéressé avec qui la relation reste uniquement charnelle.

Lire aussi : Ciel, son paquet !

Statut : « c’est compliqué »

On assiste à un renversement spectaculaire : on donne son corps, mais pas son coeur. À l’amour s’attache une image de naïveté, un peu « nunuche » à la sauce Disney. Pour les hommes, c’est encore pire. Les jeunes Allemands considèrent que faire le premier pas vers une fille peut être assimilé à du harcèlement sexuel, là où la culture rap va pousser à une consommation de la femme comme trophée à collectionner. Condamnés à choisir entre le macho et le simp (un homme qui prend une position soumise aux femmes dans l’espoir de les conquérir), ils galèrent à se construire une image valable auprès d’une génération de femmes portées aux nues à chaque spot publicitaire. On se rassure de ce tableau sombre en regardant toutes les jolies histoires autour de nous. Espérons que la distanciation sociale remettra au goût du jour les lettres d’amour !

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