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Introduction à un grand destin enfoui

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Publié le

1 février 2021

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« Peut-être le trait dominant de cet âge du monde consiste-t-il dans la fermeture de la dimension de l’indemne ». Heidegger / « Et moi seul j’échappai pour venir te le dire ». Job / « Le milieu est peut-être un peu plus à droite ». Pascal OP, Charlie Hebdo.
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La catastrophe du Covid ressemble au dernier verre de l’alcoolique qui est toujours l’avant-dernier. L’obsession de préserver la vie conduit à l’éternel renversement des valeurs : la mort. On maintient dans la crainte. L’imaginaire est absolument négatif. Le poids d’être soi toujours plus lourd. On regrettera le parasitage et l’ennui sublime de Noël. Déconstruire 2020. Sacraliser la liberté de désacraliser. Et pour dire quoi, à la fin ?

La faillite du grandiose, la perversion de la charité, la perte de l’instinct. On le sait depuis Montherlant, la vie de beaucoup d’hommes ne vaut pas plus que la vie d’un goujon.

La société est la subjectivité absolue. On manque de plus en plus de flair dans nos masques. Les fêtes de Nouvel an sont meublées par le bavardage et les arrogances paumées. Nos esprits vont rapidement vers le minimal. La vulgarité est partout, étalage de cécité à soi-même, les ambiances rabougries. Tout le monde avec son mot à dire pour ne pallier qu’à la dialectique du manque. Les dissonances nous font souffrir physiquement. Que pouvons-nous encore avoir à échanger ?

Nous sommes devenus notre milieu. Nous avons le souci du secret et des espaces privés. La reconnaissance est la seule consolation avant la mort. La mondialisation a rendu tout provincial. La rééducation idéologique est anachronique et puante. La sape culturelle est à l’œuvre et prône une libération pour mieux nous contrôler. Libérer pour punir, définitivement.

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La France est un kebab. Tout s’est statufié. Les modes s’additionnent. On nous la fout tellement profond dans le cul qu’on finit par craindre le contact et devenir franchement puritain. Le pacte de confiance s’est rompu. On fait comme si. Nous passons dans le temps, offensés. Transformant sou souvent l’oppresseur en rédempteur. Notre vision étant toujours de l’ordre de la prophétie auto-réalisatrice.

Tout est affaire de focale. La transmission à grande échelle a réduit le monde à rien. Notre lien avec lui obéit à une logique d’immersion. Nous sommes de petits entrepreneurs de soi, à préférer se comparer.

La compétition est partout, acharnée. On est à la fois produit et producteur. On veut aider son prochain mais on tue le plus proche. Les mots d’amour ne sont que des lettres sans destinataire.

Tout repose sur l’opposition de deux parties. On est en cours de philo sans fin, devoir sur table, quatre heures. L’utile s’oppose sans fin au non mesuré. Nous sommes peu dans le camp de l’antithèse.

On est utile, on se reproduit. Alors qu’on ne se réalise que dans l’incertain, dans une finalité qui n’est pas complètement déterminée. Le sacré est au même niveau que le déchet. Civilisation du rebut où la seule vérité est l’extinction de tout.

Ayez le cœur d’une vierge que le bûcher ne consume. Le réel, c’est le ratage

Que fait-on de son énergie excédante ? Le désaccord fait vivre même si on adore les pyjamas. Tout est mou à l’image de la pensée. Tout pue le confort factice, l’oisiveté et la langueur. Pendant ce temps, on pose des bombes dans vos caves et on décapite l’autorité.

Le zen tiède vous apprend la maîtrise et la compassion. Et l’on refoule. Reniement et sacrifice. On retourne la cruauté contre soi. La haine est pourtant la condition de l’amour vrai. Celui qui nous fait voir le consentement ailleurs que par la capote.

Chaque jour, un peu plus domptés. Étiolés, soumis, truqués, expropriés. Vivants nos rapports sous le signe du malentendu. L’échange pue la magouille. On dévalise tout. L’amitié est un vol à l’étalage.

2021 sera-t-il enfin le temps de la dureté ? Vos gueules et vos cœurs seront-ils moins pâteux ? Échappons aux conforts du solipsisme et aux positions autistiques pour une confrontation réelle. Ayez le cœur d’une vierge que le bûcher ne consume. Le réel, c’est le ratage. Et nous sommes certainement tous pareillement malheureux. D’une façon générale, on fait semblant. Le monde est un spectacle à regarder, pas un problème à résoudre. 2021 aura la précision d’une cérémonie cruelle.  

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