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Isaac Asimov est-il soluble dans la culture woke ?

Les scénaristes d'Apple ont adapté, et lamentablement raté, la mythique saga Fondation d’Isaac Asimov, pape de la science fiction darwiniste et technolâtre, en la passant à la moulinette du wokisme. Athée convaincu et scientiste auto-proclamé, Isaac Asimov est-il pourtant à ce point soluble dans la culture woke ?

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© Giles Keyte - Apple TV+ - Skydance Television - Wild Atlantic Picturesi

Nouvelle poule aux œufs d’or pour les plateformes de diffusion, la science-fiction s’offre une seconde jeunesse. Après le succès de The Expanse, c’est la mythique saga Fondation qui passe entre les mains des « créatifs » sous la houlette bienveillante d’Apple TV, bien décidée à profiter elle aussi du butin. Intrigues à rallonge, univers complexes : si l’opéra spatial peine encore à rencontrer le succès au cinéma, le format télévisé, plus explicatif, semble lui aller comme un gant. Et tant pis si, au passage, il faut le retaper aux couleurs vulgaires du wokisme ambiant, du soft power américano-progressiste et autres fadaises LGBT-compatibles. D’ailleurs, la science-fiction n’est-elle pas fondamentalement transhumaniste ? C’est en tout cas la question qu’on peut se poser à voir cette adaptation – fabuleusement ratée – du grand chef-d’œuvre utopiste d’Isaac Asimov, pape de la science fiction darwiniste et technolâtre. Tout en réduisant les problématiques soulevées par le roman à de simples marqueurs générationnels, la série se vautre dans une complaisance « inclusiviste » qui fait peine à voir : dans le futur imaginé par les scénaristes d’Apple, tout le monde est noir – sauf les méchants blancs qui gouvernent l’Empire… Vous vous demandez si Asimov, athée convaincu et scientiste auto-proclamé, est soluble à ce point dans la culture woke ?

Oui. Asimov est un transhumaniste

À l’inverse du gourou gnostique Philip K. Dick ou de l’écolo-fasciste Franck Herbert, Isaac Asimov était un solide optimiste. Ce biologiste de formation a construit tout le succès de son œuvre sur une foi sincère dans le progrès et les capacités illimitées de l’homme à s’adapter à son milieu. Si son histoire du futur n’est pas exempte de machinations florentines, elle met en scène des univers presque utopiques où l’homme s’est libéré de toute contrainte grâce à l’intelligence artificielle et la robotique. Discernant dès les années 50 la perspective fabuleuse qu’offrait l’informatique, Asimov alla jusqu’à envisager « l’obsolescence possible de l’humanité ». En techno-darwiniste conséquent, l’écrivain n’avait aucun mal à imaginer un futur dans lequel les vieilles antiennes de l’humanité biologique, de sa faculté de procréation à son goût pour l’adversité, seraient mises au rancart. L’univers de Fondation peut se voir comme une ruche à l’échelle galactique dans laquelle les êtres humains ne sont que des variables d’ajustement. D’où la fameuse « psychohistoire » que défend le héros du roman, une science de la prospective adossée à des modèles mathématiques qui permettrait tout simplement de prédire l’avenir sur des milliers d’années. Réduire l’homme à un paquet de chiffres pour en tirer ensuite une grande substance romanesque et scientifique, tel était bien le projet de l’âge d’or de la SF américaine, souvent avocate optimiste du progrès. [...]

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