Vendredi 24 juin, une onde de choc a parcouru le monde. La Cour suprême américaine a renversé l’amendement Roe vs Wade, qui constitutionnalisait le droit à l’avortement aux États-Unis. Dans la foulée, certains États conservateurs ont promulgué une loi interdisant l’avortement, parfois y compris en cas de viol et d’inceste. Les militants pro-vie laissent éclater leur joie, quand les « pro-choix » descendent dans la rue pris de fureur. En France, c’est la guerre sur les réseaux sociaux, et Aurore Bergé propose d’inscrire le droit à l’avortement dans la constitution.
L’avortement est l’aboutissement de l’asservissement de la femme par l’homme
Une occasion de rappeler que l’avortement est une boucherie pour l’enfant que l’on élimine, mais également un chantage odieux exercé sur la mère. Au-delà des risques qu’elle encourt – hémorragies, fausses-couches ultérieures, stérilité, syndrome post-abortif, dépression – l’avortement est l’aboutissement de l’asservissement de la femme par l’homme. Loin d’une émancipation, c’est la suite de l’arnaque contraceptive. Voilà soixante ans que l’on neutralise le cycle menstruel des femmes en leur expliquant que pour être libres, elles doivent coucher où, quand, et avec qui bon leur semble. Et lorsque la contraception chimique montre ses limites, elles se retrouvent à devoir « choisir » d’élever seule un enfant ou d’avorter. Les hommes sont donc plus que jamais libres de jouir du corps des femmes, tout en étant totalement déresponsabilisés de leur paternité. « Mon corps mon choix » ou plutôt « Mon enfant ma peine ».
Plutôt que d’aider les femmes enceintes en difficulté, l’État et les hommes se sont désengagés. Puisqu’elles ont le « choix » de garder ou non leur enfant, pourquoi devrait-il peser sur l’ensemble du corps social ? L’avortement est donc remboursé, mais quasiment rien n’est fait pour les mères en détresse. Celles qui choisissent de garder leur enfant, devront en assumer seules les conséquences. Les femmes en incapacité d’assumer cette progéniture impromptue seront donc poussées à avorter.
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Enfin, l’avortement, c’est l’eugénisme : « Pourquoi choisir de mettre au monde un enfant handicapé, alors que sa vie n’en vaudra pas la peine, qu’il sera une charge pour la famille comme pour la société ? » Les femmes se voient proposer un diagnostic, puis subissent la pression du corps médical et social. Les rares qui poursuivent leur grossesse sont taxées d’égoïsme. Elles seraient égoïstes d’imposer une vie de souffrance à leur enfant, coupables de prendre la société en otage de leurs caprices, irresponsables puisqu’elles mourront peut-être avant leur enfant. Instrument de réification du corps féminin, de discrimination sociale et de tri génétique, l’avortement tient plus du canon sur la tempe que d’un choix.





