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Jean-Philippe Tanguy : Debout la France, tu l’aimes ou tu la quittes

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Publié le

13 janvier 2021

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Jean-Philippe Tanguy a quitté Debout La France (DLF) et Nicolas Dupont- Aignan avec fracas en compagnie de plusieurs dizaines d’autres cadres du parti. Il espère désormais inscrire son action dans le sillage du Rassemblement National de Marine Le Pen en vue de l’élection présidentielle de 2022. Désireux de faire savoir sa vérité sur l’orageuse campagne européenne de 2019, il s’exprime dans nos colonnes.
JPT

Vous quittez DLF et Nicolas Dupont- Aignan avec d’autres cadres, militants et élus du parti. Pourquoi ce choix ? Pourquoi maintenant ?

Nous avons simplement tiré les conséquences politiques de la posture d’isolement stérile dans laquelle s’est enfermé Nicolas Dupont-Aignan. Alors que Marine Le Pen est restée fidèle à l’alliance historique que nous avions négociée pour le 2nd tour de la présidentielle de 2017, le président de Debout la France ne cesse d’alimenter des divisions artificielles sans aucun fondement autre que sa volonté personnelle d’être candidat à tout prix, y compris celui de la victoire d’Emmanuel Macron. Le RN n’a cessé de proposer des alliances à DLF qui ont toujours été refusées par Nicolas Dupont-Aignan pour des prétextes incompréhensibles, de la même manière qu’en 2012, il a refusé d’aider Nicolas Sarkozy à battre François Hollande au 2nd tour.

Dans les médias, il ne cesse de répéter « l’union, l’union, l’union » mais refuse dans les actes toutes les mains tendues. La vague de soutien au sein de DLF que nous avons reçue suite à mon appel prouve tout simplement qu’une majorité silencieuse de cadres et de militants ne supportait plus ce double langage et cette posture solitaire contraire à l’intérêt national. Nous n’allons pas continuer à cautionner une telle division alors que la France est en danger de mort ! Je remarque d’ailleurs avec tristesse depuis deux semaines que la seule réponse apportée par Nicolas Dupont-Aignan sur mon choix politique se limite à des attaques personnelles mais qu’il est toujours incapable de justifier rationnellement son refus d’alliance avec la principale force d’opposition nationale à Emmanuel Macron !

Lire aussi : Andréa Kotarac : « Il faut faire vivre nos petites patries pour que vive la grande »

J’ai tout tenté en interne pour le convaincre de cesser cette folie mais désormais, la campagne présidentielle a commencé. Il reste 18 mois pour organiser une grande coalition autour de Marine Le Pen capable de relever la France en 2022 et le chemin de la victoire passe par une dynamique de rassemblement pour les élections régionales et départementales.

Que s’est-il passé durant les dernières élections européennes ? Nicolas Dupont-Aignan semblait nourrir de grandes ambitions mais quelques voix du parti ont laissé entendre qu’il ne voulait pas être élu, sabordant volontairement sa campagne. Vous confirmez ?

Oui, je confirme qu’il ne souhaitait pas être député européen et voulait rester député national. Il a sabordé la coalition des droites populaire, gaulliste et chrétienne-démocrate que nous avions formée avec les Amoureux de la France. Nous connaissions une vraie dynamique qui était complémentaire du Rassemblement National, en nous adressant à tous les électeurs qui n’en pouvaient plus des promesses trahies des barons de la droite. Nous avions l’occasion historique de faire basculer vers le camp national des électeurs LR anti-Macron séduits par notre démarche d’union ! Si nous avions atteint les 8 à 10 % promis par les sondages voire dépassé la liste LR, nous aurions pu être une force complémentaire à Marine Le Pen pour la victoire finale contre Emmanuel Macron. Mais Nicolas Dupont-Aignan a d’abord exclu de sa liste la quasi-totalité de nos partenaires des Amoureux de la France en dehors du CNIP, puis a abandonné nos valeurs de droite pour se compromettre avec la dérive d’extrême gauche qui a détourné le mouvement des Gilets jaunes.

Vous jugez avoir été traité injustement par le magazine L’Incorrect à cette période. Y a-t-il eu incompréhension réciproque ? Si oui, pourquoi ?

Les victimes de la stratégie suicidaire de Nicolas Dupont-Aignan aux élections européennes de 2019 ont cherché une explication rationnelle à ses choix irrationnels. Elles ont donc estimé que le numéro 2 de DLF avait dû intriguer pour se débarrasser de concurrents sur la liste. Or non seulement je n’y suis pour rien, mais je me suis opposé de toutes mes forces à l’exclusion de Jean-Frédéric Poisson de notre liste, avec qui je travaillais en parfaite intelligence ! L’ensemble des acteurs directs de cette mascarade peuvent d’ailleurs en témoigner, en particulier le président du CNIP Bruno North ou l’ancien Vice-Président de DLF Patrick Mignon, aujourd’hui à VIA. Le seuil d’éligibilité étant à 5 %, être 3e ou 5e de liste n’aurait strictement rien changé à mon sort personnel. J’ai bien des défauts, mais je ne suis pas assez stupide pour croire qu’il était plus facile d’atteindre les 5 % en faisant imploser les Amoureux de la France.

Je me suis opposé de toutes mes forces à l’exclusion de Jean-Frédéric Poisson de notre liste, avec qui je travaillais en parfaite intelligence !

Je rappelle que j’avais négocié un partenariat de Debout La France avec la plus grande alliance européenne souverainiste, nos amis de l’ECR qui était alors le 3e groupe du Parlement européen. L’ECR rassemblait notamment les conservateurs au pouvoir au Royaume-Uni ou en Pologne. Ils sont même venus à Paris lancer la campagne de toute la coalition européenne. Pourquoi aurais-je saccagé mon propre travail ? Cette cabale surréaliste à mon encontre a été amplifiée par le fait que je ne dissimule pas mon homosexualité derrière une double-vie mensongère. Certains groupuscules ont imaginé, à tort, que cela faisait de moi un « anti-catho » primaire. Néanmoins, tout cela est l’écume des vagues par rapport aux dangers bien réels qu’affronte la France et aux souffrances quotidiennes de nos compatriotes.

Vous avez eu des divergences humaines ou politiques ?

Je souhaite le meilleur à Nicolas Dupont-Aignan, qui est un patriote sincère mais qui est en flagrant délit d’incohérence politique. Je ne désespère pas qu’il renoue avec son courage de 2017 et mette fin aux divisions superficielles pour enfin rassembler les patriotes sur l’essentiel.

Qu’espérez-vous faire au sein du Rassemblement national ?

Nous allons former un collectif gaulliste et souverainiste qui sera indépendant mais assumera clairement son alliance avec le Rassemblement National et son soutien à Marine Le Pen. Personne ne nous a demandé d’adhérer au RN ou de changer notre identité politique. À travers la création de ce collectif, Marine Le Pen démontre une fois de plus sa volonté d’élargir sa coalition à l’ensemble des bonnes volontés.

Lire aussi : Jean-Frédéric Poisson : « Nicolas Dupont-Aignan n’aime pas les chrétiens »

Les électeurs qui se reconnaitront dans nos valeurs gaullistes auront ainsi l’assurance de voir leurs idées reconnues et respectées. Nous allons aussi apporter à cette coalition patriotique les réseaux souverainistes, qui sont reconnus depuis 40 ans pour leur capacité à contribuer au débat d’idées constructif.

Quels sont pour vous les axes principaux qui doivent réunir les opposants au gouvernement ?

Nous devons avoir une politique de civilisation et d’amour de la France. Bien sûr, en stoppant la submersion migratoire, en rétablissant la sécurité et en combattant frontalement l’islamisme mais aussi en réaffirmant haut et fort l’exception française. Plutôt que de réciter des valeurs creuses imposées par la mondialisation, notre pays doit se réapproprier l’identité millénaire de la France et notre foi en son avenir. Les Français savent que le mouvement national veut les protéger, mais ils doivent aussi avoir l’assurance que nous sommes les seuls qui ferons à nouveau rayonner la France par son excellence éducative, scientifique et culturelle. Il faut confronter les élites au pouvoir qui prétendent être de bons gestionnaires alors qu’elles ont systématiquement ruiné la France ! Seuls la création de richesse sur notre sol, le travail et le redressement industriel peuvent rétablir les finances publiques.

Or, Marine Le Pen est la seule crédible pour appliquer une politique du « fabriqué en France », une transition écologique bénéfique à tous et la création d’emplois durables sur tout le territoire, en particulier dans les villes moyennes délaissées par la bureaucratie. Notre modèle social doit être refondé sur la reconnaissance du travail tout au long de la vie et des solidarités réelles, notamment envers les personnes en situation de handicap ou de dépendance. Il faut d’urgence rendre du pouvoir d’achat aux classes moyennes en luttant contre les gaspillages qui rendent la pression fiscale insupportable et découragent tous ceux qui veulent s’en sortir ! Enfin, il faut un gouvernement réellement démocratique, fondé sur la confiance envers les Français, la liberté et la responsabilité civique.

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