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Joseph Thouvenel : revaloriser les corps intermédiaires

Les Gilets jaunes l’avaient auguré, les sondages le démontrent : le pouvoir d’achat, et plus largement la question sociale, sera au cœur des débats pour la présidentielle. Président de la section parisienne de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) et zélé promoteur de la doctrine sociale de l’Église, Joseph Thouvenel dresse un bilan de l’état économique de la France du point de vue des travailleurs, et examine – parfois sévèrement – quelques-unes des mesures avancées par les candidats de droite.

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© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

Êtes-vous consulté par certains candidats pendant cette campagne ?

Oui, mais ils ne sont pas nombreux : ils croient avoir la science infuse. J’essaie pour ma part de leur expliquer qu’au contraire, ils se plantent tous, ou presque, joyeusement.

Limitons-nous aux candidats de la droite : Marine Le Pen, Éric Zemmour, Valérie Pécresse.

Vous avez un spectre de la droite assez large! Tout dépend si l’on considère que la division gauche-droite se limite au champ économique, ce qui est pour moi complètement dépassé. À la CFTC, notre ligne de séparation gauche-droite se place sur le plan des valeurs, entre d’une part les matérialistes, et de l’autre ceux qui considèrent que l’être humain a une dimension matérielle et spirituelle, et que les deux doivent être prises en compte. Dès qu’on leur explique, les salariés – même ceux qui n’y connaissent rien – adhèrent à cette idée, et ça leur semble même une évidence. Malheureusement, ce n’est pas repris par les politiques.

Comment cette double dimension matérielle et spirituelle peut-elle se traduire concrètement ?

C’est simple : ne pas aller dans les grandes surfaces le dimanche pour permettre aux gens de se retrouver en famille, d’animer des camps scouts, d’avoir une vie spirituelle. Un vrai matérialiste considère que l’on doit pouvoir acheter consommer et produire 7j/7, et pourquoi pas 24h/24. On le constate dans les pays de l’Est où l’ancienne nomenklatura communiste s’est parfaitement reconvertie en nomenklatura hyper-capitaliste. Rien d’étonnant puisque les fondamentaux ne sont pas si éloignés.

À la CFTC, notre ligne de séparation gauche-droite se place sur le plan des valeurs, entre d’une part les matérialistes, et de l’autre ceux qui considèrent que l’être humain a une dimension matérielle et spirituelle

Avec des exceptions comme la Hongrie ou la Pologne ?

Oui, on constate que les pays qui avaient gardé des racines fortes pendant la période communiste sont plus facilement sortis du matérialisme. En revanche, les pays les plus touchés par la corruption sont ceux qui ont le plus facilement basculé dans l’hyper-capitalisme. [...]

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