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Label Dais : post-punk not dead

Depuis presque quinze ans, un label américain souffle sur les cendres du post-punk et de la musique industrielle tout en allumant les mèches des successeurs de Throbbing Gristle et de Coil. Grand angle sur Dais.

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© DR

Fondé en 2007 par deux musiciens, Gibby Miller basé à Los Angeles et Ryan Martin de Brooklyn, le label Dais nous rassure en confirmant que l’hipsterisation générale du monde et de la « contre-culture » en particulier n’est pas un phénomène inéluctable. Les « Mutins de panurge » comme les nommait Philippe Muray, même quand ils se veulent transgressifs sont en réalité les pires ennemis de la création notamment en raison de leur hygiénisme moral. Fondée à la suite du punk, la scène musicale industrielle aimait au contraire cultiver la provocation et l’ambiguïté, comme le prouvaient ses artistes phares : Nurse With Wound, Throbbing Gristle, NON (Boyd Rice), Cabaret Voltaire et quelques autres. Le monde sortait de l’activisme gauchiste et hippie des années soixante et soixante-dix et sou$rait de la grande gueule de bois de la fin de ses illusions. En France, Yves Adrien s’était sorti du punk et des cheveux longs pour devenir le chantre des NovöVisions, inventant, sous le nouveau patronyme d’Orphan : Air World, un groupe avec l’ex-reine des punks, Edwige, qui jamais ne s’incarna : « Nous serons des Sonny and Cher synthétiques, nous chanterons les yeux clos, le groupe opérera sous le nom d’Air World et donnera ses interviews dans les aéroports ».

Héritage industriel

À part Yves Adrien, devenu depuis son propre exécuteur testamentaire, la majeure partie des figures de l’ère industrielle sont morts ou presque à l’exception de Boyd Rice et Drew McDowall. Ce dernier, issu du punk le plus violent passé ensuite par Coil (projet né à la suite du départ de Genesis P-Orridge de Throbbing Gristle) constitue une des racines de Dais records. Un label qui ose poursuivre un certain esprit post indus très « contre-cool » tout en évitant les impasses de la cold wave et du militantisme. On croyait les enfants du post-punk perdus dans une certaine pleurnicherie néo-romantique, voire dans l’hystérie woke : Dais prouve le contraire. Conçu comme une fusée avec à sa base les premiers projets de Genesis P-Orridge dont COUM Transmission, Tony Conrad (collaborateur des mythiques Faust), Coil, William S Burroughs, Annie Anxiety ou Merzbow, soit les figures tutélaires d’une certaine esthétique froide et expérimentale, le label sauve l’héritage de l’underground occidental mythique du tournant des années 80. Quand on lui demande la signification du nom de son label, Gibby Miller répond : « J’ai trouvé que c’était un beau mot. Un “dais” est à l’origine une plateforme ou un socle surélevé, permettant d’élever un locuteur, une personne ou un objet. Cela semblait conforme à notre mission qui était de trouver et de libérer des forces spéciales. Je l’ai proposé à Ryan (Martin, copropriétaire) et il l’a vraiment aimé ! C’était simplement le nom parfait pour nous deux ». [...]

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