Nous y pénétrons comme en passant d’un voile à un autre, d’une transparence à une autre, à l’infini. Le regard ne cesse de découvrir davantage et le tableau ne cesse ainsi de se renouveler. C’est que le peintre a multiplié les couches. Pendant des mois, il travaille sur ses grands tableaux, l’œuvre finale paraissant presque moins importante que le processus de création dont elle témoigne. Joachim van der Vlugt alterne des couches de peinture et des formes géométriques en pleine affinité avec la peinture flamande des XVIe et XVIIe siècle qui travaillait si bien la lumière. « Grâce à la superposition de couches, on peut retrouver un équilibre entre construction et déconstruction, entre vie et mort », explique le peintre, une technique qui lui permet de gratter et de poncer comme pour faire ressortir des choses enfouies.
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Le peintre se fait archéologue, les images se décalent sous notre regard de plus en plus flou et on a presque l’impression de diapositives superposées avec comme un espace créé entre les couches tandis que, par endroits, les couleurs s’intensifient. Les teintes choisies, hybrides, cassées, sont celles qui vont nous survivre, celles de la terre et du ciel. C’est donc ce chaos orchestré que Joachim van der Vlugt a choisi comme langue pour rendre compte de son voyage initiatique.
Joachim van der Vlugt prépare deux expositions personnelles au Luxembourg en mars chez Ernst and Young et en avril au House seventeen.





