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Le désespoir de Leopardi

Le curé d’Ars l’avait prophétisé: «Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre: on y adorera les bêtes ». Mais saint Jean-Marie Vianney n’avait pas prévu qu’inversant la démarche de saint François prêchant aux oiseaux, ces bêtes tiendraient carrément des sermons aux hommes.

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© Chuko Cribb – Unsplash

Certains activistes véganes nous assurent que les animaux pensent, et qu’ils ont même recueilli leurs sages paroles. Ainsi la récente campagne d’affichage de PETA, une association luttant pour les « droits des animaux », donne la parole à un trio de moutons dont le silence stupide est posé comme affirmant: « Nous sommes des individus, pas des tricots ni des gigots. Go Vegan ».

Là-contre, diverses voix se sont élevées pour défendre les traditions culinaires françaises, pourtant ce n’est pas l’enjeu principal. Dans cette parodie de « l’agneau mystique » de Van Eyck, le plus offensant, c’est l’élévation d’un quadrupède quelconque au rang « d’individu », et le rabaissement symétrique de l’homme au rang de simple ruminant. Le véganisme se révèle ainsi comme le projet positif de destruction de la hiérarchie des êtres vivants, mis tous sur le même pied d’égalité en tant qu’êtres doués de sensations. Certes, mon chien adore mes caresses. Pourtant, il n’a pas de « moi », ni de conscience du bien ni mal. J’aurais beau lui faire des exhortations morales, si jamais il vole mon gigot, je ferais mieux de le punir pour bien le dresser. Parce que moi, je suis censé ne pas ignorer que mon chien n’est justement pas un… individu ! [...]

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