« Le plan banlieue » ou l’illustration parfaite de l’intégration ratée

Tribune libre (Nicolas Pécari est un soutien de l’appel d’Angers lancé par Guillaume Bernard)

Il y a quelques jours un vieux briscard de la politique que l’on croyait oublié depuis longtemps a refait surface en présentant un énième « plan banlieue » avec à la clé près de 5 milliards d’euros d’aides supplémentaires…

 

Chacun sait s’il n’est pas tartuffe que les moyens financiers ne font pas tout, bien au contraire, et que les fonds engagés jusqu’alors n’ont rien changé à la situation. Jean-Louis Borloo est à l’image de ce marin qui écope sa barque alors qu’elle prend l’eau de toutes parts. Elle finira par couler. Pendant ce temps nos zones rurales sont délaissées par les gouvernements successifs et leur voix ne semble pas porter jusque dans les arcanes du pouvoir. Le « focus » sur les problèmes relatifs aux banlieues est un vieux serpent de mer qui, depuis les années 80, c’est-à-dire l’époque où le modèle d’intégration à la Française a commencé à prendre l’eau, rythme l’indécision du pouvoir politique.

Nos zones rurales sont délaissées par les gouvernements successifs et leur voix ne semble pas porter jusque dans les arcanes du pouvoir

L’idéologie multiculturaliste s’en est mêlée et a pris le pas sur l’impératif d’unité nationale créant une société ghettoïsée et morcelée. Le fameux mot du général De Gaulle « on peut assimiler des individus, pas des peuples » prend alors tout son sens. Car c’est bien ici le sujet fondamental, tous ces « plans banlieues » ne vont pas en réalité dans la bonne direction, les moyens financiers sont impuissants face à cette impossible intégration, comment peut-on « en même temps » vouloir intégrer ces territoires et préserver leur identité culturelle et/ou religieuse bien souvent en contradiction avec nos lois (un tiers des musulmans plaçant les préceptes du Coran au-dessus des lois de la République) ?

 

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Ces financements dithyrambiques sur les banlieues sont communs à la droite et à la gauche et le gouvernement d’Emmanuel Macron n’échappe pas au consensus, pas plus que le « très conservateur » ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer. En effet ce dernier, figure malgré lui du « en même temps » macronien, multiplie les sorties prônant un modèle d’enseignement conservateur tout en sacrifiant en parallèle les écoles des zones rurales pour concentrer son effort sur les quartiers dits « prioritaires », composés d’une immigration récente et souvent inassimilée.

 

Ce processus est au cœur d’une plus vaste idéologie colportée par les adeptes tant du multiculturalisme que de l’unité nationale qui veulent s’occuper en priorité des quartiers au détriment des zones rurales… Ces derniers ont peut-être encore la nostalgie de l’intégration « à la Française » à l’époque de l’Algérie, mais il faut bien se rendre à l’évidence : ce n’est plus possible en l’état actuel des choses. Les associations antiracistes y côtoient donc des associations catholiques ou d’autres soutenues par le ministre de l’éducation nationale comme Espérance Banlieue par exemple. Il faut dire qu’il est plus facile d’être dans le sens du vent. Il faut dire qu’il est bien plus facile de lutter pour l’intégration scolaire dans une ZEP que dans une zone rurale en voie de désertification. Ceci étant le résultat de fermetures de classes à répétition faisant suites aux coupes dans le budget au profit des « zones sensibles » et des quartiers prioritaires

 

Le grand paradoxe de ces multiples « plans » budgétaires en faveur des banlieues est que tout en voulant favoriser l’intégration dans la République, ils produisent des territoires où l’assistanat et la haine de la France règnent en maître. C’est selon le bon mot de Churchill « nourrir le crocodile pour se faire manger en dernier ».

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