L’enjeu des élections législatives des 12 et 24 juin sera de déterminer le groupe politique principal de l’opposition parlementaire à Emmanuel Macron. L’extrême gauche révolutionnaire sous la bannière de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) regroupant LFI, le PS, le PC et EELV n’est uni que par l’intérêt électoral ponctuel. Idem pour le groupe macroniste « Ensemble », regroupant Renaissance, Horizon d’Édouard Philippe et le Modem, qui se divisera rapidement pour la succession du chef de l’État. Quant à LR, il ne peut qu’espérer sauver quelques sièges compte tenu de son fiasco présidentiel. Pour gagner, la seule alternative pour les souverainistes, de droite, de gauche et du centre est de voter massivement pour les candidats du RN dès le premier tour, un vote utile comme ce fut le cas pour l’élection présidentielle.
La NUPES est un rassemblement politique de circonstance ayant pour objectif pour chacune de ses composantes d’essayer d’obtenir les sièges nécessaires pour composer un groupe parlementaire et donc de continuer d’exister, surtout pour les trois derniers cités. Mais comme ils ne sont pas d’accord sur les fondamentaux (UE, nucléaire, police, armée, laïcité, islam…), cette association de façade ne tiendra pas longtemps.
Pour la bannière macroniste, la situation est identique dans le sens où Emmanuel Macron ne veut pas s’encombrer d’Édouard Philippe pendant cinq ans, alors que ce dernier n’a qu’une seule envie, c’est de montrer sa différence. Les autres ne comptent pas. LREM, groupe de députés godillots, n’a fait que changer de nom pour s’appeler « Renaissance » et le Modem espère sauver ses sièges, tel un poisson pilote.
Quant aux LR, qu’en dire ? L’hémorragie vers Renaissance n’a pas eu lieu, il faut leur reconnaître au moins cette fidélité, mais il n’est pas certain que leur dernier reste d’électeurs suive, divisé entre ceux qui auront cédé aux sirènes du macronisme et ceux qui auront regretté de ne pas avoir voté pour Éric Ciotti à la primaire. Ils doivent être tentés par un vote RN aux législatives.
Le temps des partisans d’Éric Zemmour viendra plus tard.
La voie s’ouvre donc pour le RN alors que Reconquête d’Éric Zemmour n’a aucune chance d’obtenir des députés avec ses 7% des voix à la présidentielle. Les sondages montrent que les Français, qui pourtant ont élu Emmanuel Macron, ne souhaitent pas que celui-ci gouverne la France avec les pleins pouvoirs, alors que le RN est malgré tout majoritaire dans 23 départements en France métropolitaine et cinq en Outre-mer – ce n’était le cas que dans l’Aisne et le Pas-de-Calais en 2017. Serait-ce un signe ? La situation politique d’aujourd’hui est inédite. Tout est encore possible avec les élections législatives et les électeurs de Reconquête doivent repenser leur choix de la présidentielle et voter dès le premier tour pour les candidats du RN, afin qu’ils accèdent au second tour. Il s’agit d’éviter que la NUPES bénéficie d’une dynamique illusoire. Le temps des partisans d’Éric Zemmour viendra plus tard. Majoritaire dans l’opposition à l’assemblée, le RN sera en mesure de peser sur les choix du gouvernement dans le cadre d’une éventuelle coalition. Et si par hasard, il obtenait la majorité absolue, devançant Ensemble, alors Marine le Pen pourrait devenir Premier ministre en imposant son programme et son gouvernement, conformément à l’article 20 de la Constitution. C’en serait fini avant l’heure de l’ère Macron.





