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L’Elysée réécrit la guerre d’Algérie

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Maurice était un prénom couramment porté par les jeunes hommes au moment de la Guerre d’Algérie, notamment parce que Maurice Chevalier était un dieu vivant de la période de l’entre-deux-guerres. Comme Maurice Audin, mon grand-père le portait. Il est mort dans cette guerre, loin de son Berry natal et de son Toulouse estudiantin, élève officier au Cherchell. Maurice Audin y a aussi trouvé une fin tragique, mais il ne se battait pas pour son pays : il était un militant communiste français et conséquemment un complice du Parti communiste algérien, donc du FLN.

Flashback. Durant la campagne des dernières élections présidentielles, Emmanuel Macron se distinguait très vite par une spécificité constitutive de son style : cliver et provoquer. En déplacement en Algérie, il n’hésitait pas à pratiquer un racolage électoral malsain en direction des binationaux franco-algériens, déclarant que la colonisation fut « un acte de barbarie » et « un crime contre l’humanité ». Un point de vue spécieux et peu sérieux historiquement, surtout de la part d’un candidat à la présidence de la République française. On le comprenait alors, Emmanuel Macron ferait fi de certains Français pour mieux en séduire d’autres. Cynique, léger, et parfois inconsistant, Emmanuel Macron ne reculerait donc devant aucun anachronisme, pourvu que cela puisse servir ses ambitions personnelles.

La France ? Sa dignité ? Sa grandeur ? Son histoire ? Peu lui importe. À ses yeux, les « Gaulois réfractaires » peuvent être convoqués à tout moment devant le tribunal de la correction politique, doivent faire amende honorable, se repentir, se mettre à genoux. Dès qu’il le peut, pour faire diversion, pour faire oublier un mauvais sondage, une affaire louche, ou une réforme impopulaire, le président de la République remet une pièce dans le juke-box, divise les Français, réveille des souvenirs douloureux et fait s’affronter les mémoires collectives et individuelles. C’est bien dans ce contexte spécifique qu’il faut entendre sa décision de reconnaître la « responsabilité de l’Etat français » dans la disparition du militant communiste internationaliste Maurice Audin en 1957 en Algérie.

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Jamais, en revanche, Emmanuel Macron n’aura un mot de compassion pour les massacrés d’Oran, les Algériens assassinés par le FLN, les 150.000 harkis morts les armes à la main ou assassinés, ni même les 25.600 soldats français morts loin de chez eux pour défendre leur patrie. Si la France ne cesse, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, de rouvrir perpétuellement les livres d’histoire, l’Algérie ne l’a jamais fait, ne s’est jamais excusée pour les multiples crimes qu’elle a commis contre des Français, mais aussi contre son propre peuple. En tant que monarque républicain élu au suffrage universel, Emmanuel Macron a d’abord et avant tout le devoir de préserver l’harmonie sociale entre les Français, le devoir de protéger la France. Il semble malheureusement l’oublier un peu trop souvent.

Et pourtant, en dehors de quelques personnes sensibilisées à cette tragique histoire franco-algérienne, souvent pour des raisons personnelles, personne ne s’émeut des bêtises d’Emmanuel Macron. Le politiquement correct est tel, si étouffant, que nous ne sommes même plus capables de dire ce qui n’est que la vérité : Maurice Audin était peut-être un brillant jeune homme, reste qu’il était aussi un traître qui aidait le Parti communiste algérien. Selon certaines sources, il était même un allié du FLN, bien que l’historien Benjamin Stora le nie. Dans ce cas précis, s’il faut bien entendu distinguer la responsabilité de l’Etat français dans la mort de Maurice Audin de la responsabilité de la France entière, piège dans lequel ne tombe pas Emmanuel Macron, on ne pourra donc pas se défaire d’un sentiment de malaise.

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