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Logement : les bourgeois squatteurs

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Publié le

21 octobre 2022

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Les pécores se révoltent car les prix de l’immobilier s’envolent. Or, à gauche comme à droite, c’est le grand déni sur le sujet : les uns veulent envoyer des migrants dans la France périphérique, les autres ne voient pas les problèmes causés par la « résidencesecondarisation » du territoire.
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Hors canicule, le hit de l’été dans la France utile – c’est-à-dire hors de l’Émirat de la Tour Eiffel – aura été la question du logement. Il est tout simplement devenu impossible de se loger dans certaines zones : Pays basque, Bretagne, Corse, littoral, villes universitaires… La nouveauté est que cette question arrive désormais dans des endroits ne brillant pas jusqu’alors par leur charmante attractivité : Creuse, Lorraine, Anjou intérieur. À quand des manifestations contre la pression immobilière à Limoges ? Les jeunes ménages sans pognon ne trouvent rien et les étudiants, assignés obligatoirement aux grandes villes, ne peuvent plus se payer les chambres de bonniches d’autrefois, où tout l’immeuble en profitait quand Mathieu niquait Chloé.

Or, la classe politique dans son ensemble est complètement absente du débat. La droite, tétanisée par le sujet, n’ose même pas l’aborder. Surtout pas ! N’importe quel Français doit pouvoir se loger où bon lui semble en France. Normal, les droitards ont tous des résidences secondaires de bourges à Saint-Malo ou Arcachon. En cas de mise en place d’un statut de résident comme certains indigènes le réclament ou d’une taxe sur les Airbnb, ça va couiner du portefeuille chez les LR ou à Reconquête (les prolos du RN étant moins concernés par les problèmes de riches).

Si la gauche pense que l’homme est interchangeable de Ouagadougou à Dunkerque, la droite pense, elle, que l’homme est tout aussi interchangeable, mais de Paris VIIIe à Carnac

La gauche, de son côté, est tout aussi emmerdée par la question : comment réclamer des « maisons bretonnes pour les Bretons » et, en même temps, ouvrir son cul à tous les migrants ? En Bretagne et au Pays basque, la greffe a pourtant pris : des nationalistes à la CGT, ça défile un jour contre les « riches retraités parisiens qui volent les maisons des locaux » et une semaine plus tard « pour l’installation de migrants à Callac » pour qui on rénove des baraques avec de l’argent public. Schizophrénie assumée ! Schizophrénie habituelle de la gauche, mais dinguerie tout aussi habituelle de la droite qui défile contre les migrants de Ouarzazate mais ne comprend pas que les gens du coin veulent se loger à des prix raisonnables et regardent le migrant Charles-Henri du Vésinet comme s’il venait du Sahara.

Car si la gauche est structurellement incapable de comprendre que les grands ensembles et les banlieues françaises n’ont pas été conçus pour recevoir toutes les eaux de chiotte de Bamako, la droite a, elle aussi, son navrant déni. Ce n’est d’ailleurs guère étonnant puisque Marine est élue au conseil municipal d’une circonscription (du Pas-de-Calais) où elle ne fout jamais le chemisier. Quant au Z, il a quand même été se prendre une branlée dans le Var alors qu’il vit à Paris ! Les deux suscités peuvent-ils se battre contre la résidencesecondarisation du territoire quand ils sont eux-mêmes propriétaires de plusieurs « Villa mon Rêve » un peu partout ?

Lire aussi : Grand remplacement : Callac, la deuxième vague

La notion d’emmerdement liée au phénomène « volets clos » (à Arzon dans le Morbihan, 77,2 % des maisons sont ouvertes uniquement 10-15 jours par an) pour la France périphérique ne peut tout simplement pas être comprise à Paris. Ne peut être comprise par une certaine classe sociale dont tous les leaders politiques font partie, notamment à droite. La France périphérique est en train de se réveiller sur le sujet et d’en faire un vrai sujet politique. À droite, il est plus que temps de s’intéresser à la question, notamment parce que la réponse apportée par la gauche est boiteuse sur bien des aspects : impasse sur les millions de logements occupés par des immigrés mais également inutilité de la surtaxation dont les plus riches se foutront et qui ne grèvera que les moyens-bourgeois et les économes retraités.

Hélas : pour avoir une réponse adaptée, il va falloir que la droite se fasse mal. Bien mal. Car si la gauche pense que l’homme est interchangeable de Ouagadougou à Dunkerque, la droite pense, elle, que l’homme est tout aussi interchangeable, mais de Paris VIIIe à Carnac. « Unité du peuple français » oblige. Et ça, chez les pécores enracinés ça ne passe plus.

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