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Palmarès 2021 des prénoms : le Grand remplacement en acte

Récemment publié, le baromètre 2021 des prénoms est comme chaque année lourd d’enseignements : le Grand Remplacement s’y trouve encore et toujours confirmé.

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2021, un grand cru ? Comme tous les ans, l’INSEE a publié les chiffres de l’état-civil relatifs aux prénoms attribués l’an dernier. Après avoir longtemps été le reflet du petit remplacement, par l’importation des prénoms américains notamment, ces chiffres sont devenus un thermomètre particulièrement pertinent du grand remplacement. Car à partir de ces chiffres, Fdesouche a construit depuis sept ans un indicateur pour mesurer la part des prénoms musulmans dans l’ensemble – méthodologie qu’a reprise le politologue Jérôme Fourquet dans L’Archipel français (2019).

En reprenant cet indicateur, on constate du point de vue comptable une baisse du pourcentage de prénoms arabo-musulmans donnés aux nouveau-nés pour la première fois depuis 1996 ! En effet, il y a eu 20,04% de prénoms musulmans en 2021, contre 21,7% en 2020. Cette baisse est-elle un pur effet de proportion, alors que la natalité, en cette année de confinement, est un peu remontée dans la France périphérique ? Fdesouche avance une autre explication possible : la flambée des prénoms rares rendrait les classifications difficiles. En ajoutant les prénoms rares à consonance musulmane, ce taux atteindrait 25%.

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En tout cas, le constat est net : les prénoms d’origine arabo-musulmane sont toujours aussi souvent donnés aux enfants français. Ainsi, le prénom Yanis a été donné 1172 fois, pour 1244 Ibrahim et 1294 petits Rayan, jusqu’à 2183 Mohamed et 2260 Eden (pour un maximum de 4974 Gabriel, le prénom de garçon le plus attribué). Du côté des filles, 3802 Jade ont vu le jour ce qui constitue le plus haut nombre de petites filles nés avec ce prénom. Il y a 1594 Inès par exemple ou encore 568 Nora mais 1214 Sarah (fille d’Ibrahim dans le Coran).

Partout, des Grands remplacements

Ce grand replacement en acte n’est que la conjonction générale de mille grands remplacements locaux, en cours ou aboutis. Ainsi, en étudiant deux localités grands-remplacés, Montbéliard dans le Doubs et le département de la Seine-Saint-Denis, deux lieux opposés socio-géographiquement, l’un étant rural et l’autre urbain à proximité immédiate de la capitale, nous remarquons que les dix prénoms les plus donnés en 2021 sont d’origine arabo-musulmane. Pour le département de la région parisienne, les dix prénoms les plus attribués à des nouveau-nés de sexe masculin sont, dans l’ordre, Mohamed, Adam, Ibrahim, Isaac, Imran, Ismaël, Amir, Issa, Yanis et Rayan. Pour les filles, le constat est semblable avec ces dix prénoms : Nour, Lina, Aya, Inaya, Fatoumata, Sofia, Aïcha, Alya, Sarah et Yasmine. Pour la ville de l’est, même son de cloche. Dans le top 10 des prénoms féminins, nous retrouvons notamment Selma, Aïssa et Amélia. Pour les garçons, Hamza, Mohamed, Amir et Naël (double origine arabe et bretonne) sont plébiscités dans les 10 premiers.

Nous retrouvions déjà cette tendance les années précédentes. Les prénoms musulmans sont en forte augmentation partout en France depuis les années 90, et la généralisation de l’immigration nord-africaine. La barre du million de prénoms d’origine musulmane a été dépassée en 2005. Entre 2010 et 2020, le taux d’octroi de ces prénoms est passé de 15,7% à 21,7%.

70% des musulmans français auraient voté pour Jean-Luc Mélenchon d’après une enquête IFOP.

Les métropoles en avant-garde

Localement, sans surprise, l’endroit où le taux est le plus élevé reste la Seine-Saint-Denis avec 55,1%. En clair, plus de la moitié des enfants sont non seulement d’origine arabo-musulmane (première ou deuxième génération), mais ils vivent en plus dans un cercle culturel qui semble a priori rejeter l’assimilation et valorise plutôt la culture et l’identité d’origine (car le choix du prénom, premier critère de l’identité, n’est évidemment pas anodin). En Île-de-France, de manière générale, ces prénoms représentaient 31,1% en 2020. Pas pour rien que La France insoumise y a fait un carton à la présidentielle et aux législatives, alors que 70% des musulmans français auraient voté pour Jean-Luc Mélenchon d’après une enquête IFOP.

Plus globalement, tous les départements où il y a les plus grandes villes de province sont marqués par le phénomène. Le Rhône (avec Lyon) compte par exemple 25,6% de ces naissances, 25,6% pour les Bouches-du-Rhône (Marseille), 22% dans l’Hérault et Montpellier. La seule grande ville largement en dessous de la moyenne nationale est Bordeaux puisqu’en Gironde, on ne décompte que 12,2% de naissances avec prénoms musulmans donnés à ces nouveaux nés. La région la moins touchée par ce phénomène concerne la Bretagne avec 7,5%. Peut-être est-ce cette méconnaissance du fait migratoire qui explique que la Bretagne vote si mal, c’est-à-dire pour Emmanuel Macron.

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