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Quand Margot dégrafait son corsage

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Publié le

17 septembre 2021

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Masquées mais pas corsetées. Le virus a changé la vie de ces dames : elles sont de plus en plus nombreuses à refuser de porter le soutien-gorge. Et si le soutif tirait sa révérence ?
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Par confort, soucis de santé ou engagement féministe, les demoiselles se débarrassent de leur camisole quotidienne dans un « ouf » de soulagement. « La première chose que je faisais en rentrant le soir, c’était de dégrafer cette horreur ! » nous dit Camille, 27 ans, passée au no-bra depuis un an. Comme elle, 7 % des femmes françaises ne portent plus ou quasiment plus de soutien-gorge, selon une étude IFOP, contre seulement 3 % avant les confinements. Pour ces intrépides, finie la torture quotidienne, les maux de dos, la pression à la silhouette parfaite.

Les chiffres sont sans appel : les confinements ont dégrafé les fermetures plus rapidement qu’un plan Tinder. « Je n’y avais jamais vraiment réfléchi, explique Carine, 36 ans. J’en porte depuis mes douze ans, c’était devenu un réflexe. Mais pendant le confinement, je n’avais pas besoin d’en porter pour travailler ou sortir. Petit à petit, j’ai pris l’habitude de ne plus en mettre. Quand il a fallu me harnacher à nouveau, j’ai réalisé les douleurs que je m’imposais ». La tendance se lit encore plus nettement chez les 18/25 ans : 18 % d’entre elles abandonnent cette pièce de lingerie, là où seulement 4 % faisaient l’impasse auparavant.

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Le confort s’impose comme la première raison invoquée pour remiser le push-up au fond de l’armoire (54 %). Sans soutien-gorge, adieu les marques rouges sur la peau, les irritations, épaules lourdes ou maux de dos. Au-delà du confort, l’impact sur la santé préoccupe aussi les partisanes du mouvement (25 %) : le port du soutien-gorge bloque la circulation de la lymphe, un liquide qui irrigue le corps et élimine les toxines. Faire l’impasse sur les armatures permet de prévenir l’apparition de kystes, de lymphomes voire de certaines tumeurs. En prime, on renforcerait les ligaments de Cooper, ce soutien-gorge naturel, rendus « fainéants » par des années de suspension artificielle. Chez les plus jeunes, certaines y voient aussi une forme de libération féministe. Dire non au soutien-gorge, c’est retrouver une poitrine naturelle, et lutter contre l’hypersexualisation de la poitrine par la gent masculine. Avec un peu (trop ?) d’optimisme, confirme l’étude : pour ces messieurs, la poitrine reste l’atout physique le plus conséquent (87 %).

S’il n’y a que des avantages, pourquoi donc la plupart des femmes se l’infligent-elles encore ? Certains physiques s’y prêtent plus que d’autres : la transition reste plus aisée pour les petites poitrines que pour les généreuses. Le principal obstacle ne réside cependant ni dans le confort, ni dans l’esthétique. Il est social : « Je ne me vois pas aller au boulot sans soutien-gorge, explique Carine. On me trouverait négligée, ou peut-être allumeuse. Ça ne serait pas approprié ». Chez les plus jeunes comme Emma, 19 ans, le soutien-gorge relève de la pure sécurité : « J’emporte toujours une écharpe quand je sors, surtout quand je prends le métro. Pour cacher le décolleté. Sans soutien-gorge, je me sentirais encore plus vulnérable ». Réflexion malheureusement lucide. 20 % des hommes ayant une carte d’identité française déclarent que voir les tétons d’une fille devrait constituer une circonstance atténuante en cas d’agression sexuelle.

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