Poussière d’empire accrochée à la côte sud de Terre-Neuve, dernier vestige français des « arpents de neiges du Canada », les îles de Saint-Pierre et de Miquelon ont joué un rôle important dans la construction de la légende dorée de la France libre. En 1940, la présence militaire française dans l’archipel se limite au vieil aviso à charbon Ville d’Ys qui appareillera vers les Antilles après l’armistice. Le 24 décembre 1941, l’amiral Muselier débarque à Saint-Pierre sans coup férir à la tête d’une minuscule flottille. Le ralliement de l’archipel est acté dès le lendemain par un plébiscite. Les Américains sont furieux.
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Depuis le Brésil, Georges Bernanos salue le succès de l’opération décidée par le général de Gaulle au mépris des préventions des Alliés. En février 1942, c’est la sémillante Elisabeth de Miribel, l’une des amazones de la France libre, descendante de Mac-Mahon, qui se rend sur l’archipel. C’est au jeune Alain Savary, futur ministre de François Mitterrand, que revient la charge de gouverner Saint-Pierre-et-Miquelon jusqu’au début de l’année 1943 après le départ de l’amiral Muselier à l’hiver 1942. Le journaliste Jean Lebrun retrace ici de fort belle façon un épisode méconnu, mais ô combien émouvant, de l’histoire de France.

Bleu autour, 176 p., 14€





