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Sélection essais 2020

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Publié le

4 janvier 2021

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À l’occasion de sa clôture, nous offrons une seconde vague au cinq essais qui, selon nous, auront marqué cette année 2020.

Le consentement

Pas forcément l’essai le plus essentiellement intelligent de l’année, mais au moins celui qui aura scandalisé un milieu littéraire ravi d’entre soi et peu regardant sur la morale. Plus profondément, Vanessa Springora en donnant sa version de la relation qu’elle a vécue avec Gabriel Matzneff alors qu’elle était âgée de 13 ans, nous oblige à nous interroger sur la littérature et à remettre en cause le « mensonge romantique » de Gabriel Matzneff. Salutaire.

Le consentement,
Vanessa Spingora
Grasset
216 p – 18 €

Rendre le monde indisponible

Rendre le monde indisponible, c’est le projet du philosophe allemand. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette année aura exaucé ses vœux. Un essai à relire rétrospectivement, afin de se rappeler que quoi que l’on pense, quoi que l’on fasse, quoi que l’on souhaite, il est des choses, et le monde parmi elles, qui résistent heureusement à notre volonté – quoi qu’il nous en coûte.

Rendre le monde indisponible
Hartmut Rosa
La Découverte
144 p – 17 €

Aujourd’hui l’apocalypse

« Un mythe révélateur des secrets de notre existence… Alors, la révélation ne porterait pas tant sur la fin du monde, mais bel est bien sur la nature de la condition humaine, qui, à la lumière de l’Apocalypse, est révélée dans toute la beauté de l’espoir placé en elle » écrit notre chroniqueuse Clémence Candelier. On ne saurait mieux dire pour présenter cet ouvrage du théologien André Paul.

Aujourd’hui l’Apocalypse
André Paul
Editions du Cerf
312 p – 22 €

L’homme, cet animal rationnel dépendant

Alasdair Macintyre est sans doute l’un des penseurs de philosophie politique et morale les plus importants de notre époque. Aristotélicien, thomiste de surcroît, il dénote largement dans un paysage philosophique acquis à l’idée que politique et morale sont deux choses distinctes et que l’individu et la société, quand il s’agit de les penser, n’ont pas besoin de se mélanger. Or c’est sur la morale que MacIntyre fait reposer sa politique, l’une comme l’autre n’étant jamais que les modalités d’existence d’une vie en communauté qui nous oblige à nous reconnaître dépendants les uns des autres, afin de nous grandir.

L’homme, cet animal rationnel dépendant
Alasdair MacIntyre
Tallandier
254 p – 19, 90 €

Lire aussi : Littérature : sommets et fossés 2020

Gloire et misère de l’image après Jésus-Christ

Olivier Rey, philosophe et mathématicien nous offre une méditation sur l’image telle qu’elle s’envisageait et telle qu’elle se perd. Un livre qui nous apprend qu’il ne suffit pas « d’avoir les yeux ouverts pour voir ». Brillant.

Gloire et misère de l’image après Jésus-Christ
Olivier Rey
Conférence
312 p – 25 €

PS : Pas de flop parce qu’on a déjà passé une année pénible, où la bêtise a suffisamment secondé la nuisance virale, pour qu’on puisse se permettre d’en faire l’économie là où c’est encore possible.

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