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À VOIR OU À FUIR, C’EST LA SEMAINE CINÉMA DE L’INCORRECT

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Agatha Christie chez les turcs, un informateur devenu dealer ou une « date » Tinder qui se mue en escapade bulgare, Que faut-il voir ou fuir au cinéma cette semaine ?

 

Qui a tué Lady Winsley ? 

De Hiner Saleem avec Mehmet Kurtulu?, Ezgi Mola, Ahmet Uz

Lady Winsley, une romancière américaine, est assassinée sur une petite île turque. Le célèbre inspecteur Fergan arrive d’Istanbul pour mener l’enquête. Très vite, il doit faire face à des secrets bien gardés dans ce petit coin de pays où les tabous sont nombreux, les liens familiaux étroits, les traditions ancestrales, et la diversité ethnique bien plus large que les esprits.

 

 

Après le western (My Sweet Peperland), Hiner Saleem s’attaque au polar version Agatha Christie dans une île aussi confinée qu’un wagon de l’Orient-Express, et dévoile une galerie de personnages délicieusement croqués. Avec ce film à la fois burlesque et mélancolique, le réalisateur kurde s’amuse des ruptures de ton, jusqu’à perdre, parfois, le fil de sa narration, mais sans jamais abandonner une vraie jubilation cinématographique qui laisse son cadre débordé par l’imagination et le mène à privilégier l’esthétisme plutôt l’efficacité scénaristique. À la fois grave, osé et enjoué.

Arthur de Watrigant

 

Undercover – Une histoire vraie

De Yann Demange avec Matthew McConaughey, Richie Merritt, Bel Powley

À Détroit, dans les années 80, au plus fort de la guerre contre l’épidémie de crack, l’histoire vraie d’un père d’origine modeste, Richard Wershe, et de son fils, Rick Jr., qui adolescent fut informateur pour le compte du FBI, avant de devenir lui-même trafiquant de drogue, et qui, abandonné par ceux qui l’avaient utilisé, finit ses jours en prison.

 

 

Après l’excellent ’71 ( 2014) Yann Demange quitte le conflit irlandais pour les États-Unis. Si la reconstitution est solide – notamment dans la ville de Détroit, à la fois désespoir urbain et vraie personnage à part entière – Undercover souffre d’un empilement de faits et d’incidents sans horizon ni point de vue. Le tampon « By a true story », bien trop souvent gage de déception aujourd’hui, bride le réalisateur français qui en perd sa grammaire. Un souffle de tuberculeux, une mise en scène rugueuse mais déjà vue et des personnages inanimés, Undercover lasse vite. Tous les codes du polar sont là, mais le drame humain et familial entrevu dans quelques scènes saisissantes disparaît bien vite.

Arthur de Watrigant

 

Lire aussi : Films 2018, le top/flop de L’Incorrect

 

Premières Vacances

De Patrick Cassir avec Camille Chamoux, Jonathan Cohen, Camille Cottin

C’est l’histoire d’une « date » Tinder qui se mue en escapade bulgare. Marion (Camille Chamoux) et Ben ( Jonathan Cohen) s’apercevront qu’ils sont probablement allés un peu vite.

 

 

À l’instar d’un buddy movie, le réalisateur construit son film autour du postulat que les deux personnages principaux s’opposent en tous points: Marion, l’artiste bobo avide d’aventures; Ben, le bourgeois hypocondriaque. Très vite, il devient évident que leurs envies de voyages sont aux antipodes. L’ennui, c’est que le film se construit de façon trop symétrique, et tandis que dans la première partie, on rit beaucoup de la maladresse et du désarroi de Ben, lorsque la situation s’inverse, trop prévisibles, les ressorts comiques lâchent. Après une longue stagnation, Premières Vacances tente de bifurquer vers des péripéties plus dramatiques. En vain.

Victor Tarot

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