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« Quand est-ce qu’on écrira les faits au point de vue d’une blague supérieure, c’est à dire comme le bon dieu les voit d’en haut? » – Flaubert, lettre à Louise Colet, 7 octobre 1852 / « Le sol sera maudit à cause de toi » – Genèse / « Il restera le renoncement volontaire, la vie hautaine et pure. » – Montherlant, Les Jeunes filles.
À l’heure du confinement, de l’apocalypse sans royaume, de la matérialisation du rien, pourquoi les femmes ne ferment pas leurs gueules? Pourquoi l’avidité (de prestige, d’allure, de quelque chose) prend encore le pas sur le silence ?
Virginie Despentes est avec son discours, sublime, forcément sublime de couilles, presque parolière pour Booba. La femme qui écrit se déguise toujours un peu en homme, enflant le costume paramilitaire pour parfaire la singerie. On se lève, on se casse, on vous emmerde.
La haine désinvolte. Elle qui a été capable de grandes choses, et surtout de cette belle distance quant à son viol finit comme frondeuse en t-shirt de groupes avec les pires travers féministes.
La réputation fait l’opinion. C’est facile d’évincer un seul homme, moins une vulgate incontrôlable. On peut vite éliminer un bouc émissaire/ tyran supposé mais pas un totalitarisme anonyme.
Double extase de la crise de la quarantaine, amour et haine pour celle qui a dit que passés quarante ans toutes les femmes ressemblent à des villes bombardées. La haine de soi est le phénomène le plus banalement universel. Et dans la haine, il y a encore de l’Autre, ce n’est déjà pas si mal. La guerre n’est plus là mais il faut continuer de guetter un ennemi. La réputation fait l’opinion. C’est facile d’évincer un seul homme, moins une vulgate incontrôlable. On peut vite éliminer un bouc émissaire/ tyran supposé mais pas un totalitarisme anonyme.
Elles choisissent des valeurs dignes de transmission et d’admiration; ce qui suppose l’exclusion. Et une lute entre hérésie et orthodoxie. Toute accusation semble être une preuve, voilà le nouveau monde. On claque des portes et on jure. Passez toutes par l’examen de conscience pour qu’on retrouve une dignité féminine. « L’essence de la modernité est somme toute le psychologisme, le fait d’éprouver le monde et de lui donner sens comme monde intérieur, conforme aux réactions de notre intériorité; c’est la dissolution des contenus stables dans le flux de l’âme, indépendante et purifiée de toute substance, et qui n’a pour forme que les formes de ses mouvements », écrit Simmel dans Rodin. Les réactions sont aujourd’hui épidermiques. Personne ne s’empêche. Personne ne se possède. L’émotion est hystérique. On culpabilise les autres afin de s’imposer. Le signe de la décadence est certainement de tout rapporter à nous – l’art sans morale et sans pourquoi doit rester du côté de la défaite et de l’impur.
Il y ceux qui sont dans une montgolfière les yeux bandés (la pensée du moindre mal reste une moindre pensée) et ceux qui préfèrent savoir qu’ils ont les deux pieds dans la boue.
La curiosité est morte (sauf celle des vieilles photos de bites), le plaisir, une revendication molle, la vanité disqualifie toute certitude, tout part du principe du bien – les idéologies comme la religion – ouvrez la fenêtre et dites bonjour au Christ – une prière qui n’est pas pour toutes les bouches et donne surtout envie de casser des gueules.
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La société démocratique crée du négociable sans fin – de la dialectique et du compromis, des mots surtout. Le confit ne sera jamais voué à être résolu.
L’irréconciliable a quelque chose de très sain. Bataille ne parlait-il pas de l’énergie des passions négatives ? Il y ceux qui sont dans une montgolfière les yeux bandés (la pensée du moindre mal reste une moindre pensée) et ceux qui préfèrent savoir qu’ils ont les deux pieds dans la boue.
Il faudra vous résoudre une fois pour toute à être assujettie dans la saloperie de tous les déterminismes – de hasard et de nécessité – d’économie et de libido – dans une aventure humaine au sens moindre mais que tout le monde prend excessivement au sérieux.
On ne peut extirper le mal. Il faut ce chaos, ces incompatibles, ces antagonismes pour que le sordide puisse aussi se manifester. Il faudra vous résoudre une fois pour toute à être assujettie dans la saloperie de tous les déterminismes – de hasard et de nécessité – d’économie et de libido – dans une aventure humaine au sens moindre mais que tout le monde prend excessivement au sérieux.
« Dieu est notre pudeur », voilà une phrase de Michel Serres à sa réception à l’Académie française. Impitoyable de justesse dans des moments où la catastrophe est ramenée à l’absurde et à la sensation. Alors on se lève, on consent et on s’en fout. Dans la mort comme dans la vie, c’est l’amour propre qui aura le dernier mot.
Toutes les doctrines ne sont constructives que par inadvertance. La récupération des ordures est une sorte de résurrection. Et finalement « que serions-nous sans le secours de ce qui n’existe pas? » demandait Paul Valery. Que reste-t-il de dignité, de beauté, de proportions? Certaines obligations méritent ces visites, surtout les jours où une chauve-souris crée un krach boursier d’une poésie folle.
Despentes condamne Polanski mais avait une certaine empathie pour les frères Kouachi. « Dieu est notre pudeur », voilà une phrase de Michel Serres à sa réception à l’Académie française. Impitoyable de justesse dans des moments où la catastrophe est ramenée à l’absurde et à la sensation. Alors on se lève, on consent et on s’en fout. Dans la mort comme dans la vie, c’est l’amour propre qui aura le dernier mot. À quoi sert de vivre ? L’essentiel est de ressusciter.
Stéphanie-Lucie Mathern
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