Skip to content

Woke sive natura

Pétri d’arrogance face à une nature qu’il croit dominer et finalement abolir, le woke de base s’y soumettant sans le savoir prend l’immense risque d’en être la victime.

Partage

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
© DR

Au fond, le wokisme, et par là les théories du genre et autres études postcoloniales, révèle moins un réarrangement de la notion de norme déterminé par le postmodernisme et l’éclatement kaléidoscopique de la vérité sous les coups de marteau de Nietzsche que leur détournement au profit d’une nature hypostasiée à laquelle les wokes laissent libre cours, car, prisonniers d’un naturalisme foncier excluant la morale de la Faute et tout surplomb qui ne soit pas déjà le chaînon d’une causalité infinie, tout à la fin ne peut que se réordonner ici-bas. Tout change et se redéfinit sans cesse, identité, sexualité, race, genre, tout peut changer puisque tout s’équivaut à hauteur de soi. S’il n’y a de nature que ce que nous en faisons, alors il faut admettre que la nature ne peut être abîmée, qu’elle est en son for inaltérable et que rien ne se perd quand tout se transforme.

On pourrait prendre les wokes pour les prolégomènes du post humain, ils sont simplement l'homme réduit à sa dimension d'espèce

C’est une banalité de dire que les wokes refusent le tragique de la condition humaine et qu’ils sont simplement des volontaristes purs asservis par leur ego, tant ce refus par son affirmation grotesque et bruyante ressemble en tout point au refoulement et au déni révélant qu’ils y succombent peut-être plus qu’aucun autre. Le tragique est un ordre païen, l’acceptation que nos actes ne changent jamais rien au destin, qu’il n’existe pas de catastrophes, de crimes, ni de scandales qui ne soient déjà prévus, infoutus de dérouter le fleuve de son cours. Dire que la nature d’un humain est ce qu’il en fait, sans que ce qu’il en fasse puisse l’altérer et la menacer de telle sorte qu’elle puisse être annihilée pour toujours et à jamais, revient à faire de la nature un premier moteur susceptible de n’être appréhendé qu’au travers d’un vocabulaire emprunté à la théologie négative : la nature n’est pas définissable, elle n’est pas mortelle, elle n’est pas circonscrite, elle est infinie, elle ne commence pas ni ne s’achève, la nature c’est Dieu, et ce dieu c’est le monde qui se comprend lui-même et possède ses propres lumières, comme le fou possède sa propre raison qu’il ne peut communiquer à personne, mais dont la logique interne le convainc de n’en être pas dépourvu. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Partage

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
En Kiosque
Rejoignez-nous

Newsletter

Pin It on Pinterest