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4 septembre 1870 : Le coup d’État de la République

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Publié le

5 septembre 2023

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Que s’est-il exactement passé le 4 septembre 1870, deux jours après la capitulation de la principale armée française à Sedan et la capture par la même occasion de Napoléon III ? Si les manuels scolaires se contentent de célébrer la proclamation de la République par Gambetta, ils s’étendent rarement sur les détails de l’affaire. On comprend pourquoi, tant ces derniers font pencher vers la thèse d’un coup d’État républicain dans les règles, a fortiori contre un régime assis solidement sur la volonté populaire et garant de l’essentiel des libertés publiques.
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Pour comprendre la situation, il faut se pencher sur l’histoire institutionnelle du Second Empire. Ce dernier a d’abord des pratiques politiques qui le rapprochent du Principat romain, où l’on maintient la façade d’institutions démocratiques, Corps Législatif et Sénat, mais où la réalité du pouvoir est exercée par un dictateur. Cependant, à mesure qu’il s’enracine, dès le début des années 1860, le régime se libéralise fortement, sous l’impulsion directe de l’Empereur. La presse bénéficie d’une liberté presque totale, le droit de réunion même pour motifs politiques est reconnu ainsi que celui de faire grève, les élections se déroulent librement.

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Le rôle de la chambre basse, le Corps Législatif, s’accroît également puisqu’il obtient un rôle prépondérant dans l’orientation de la politique générale du pays et que l’Empereur nomme au début de l’année 1870 un gouvernement représentatif de ses tendances. On s’approche du principe fondamental dans la démocratie parlementaire de responsabilité du gouvernement devant la chambre. En fait, comme le dit Eric Anceau, un des meilleurs spécialistes du Second Empire, le fonctionnement institutionnel de sa dernière mouture ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de la Ve République, avec un équilibre entre pouvoir exécutif impérial et pouvoir législatif. L’instabilité parlementaire de la IIIe République à venir fait presque figure d’archaïsme en comparaison.

Ce sont justement les députés républicains, minoritaires en septembre 1870 au Palais Bourbon, qui vont précipiter la chute du régime. Alors qu’une session extraordinaire est convoquée dans la nuit du 3 au 4 à la suite de l’annonce de la débâcle de Sedan, ils s’acharnent à convaincre leurs homologues de voter la fin de l’Empire. Mais la majorité, élue démocratiquement on le rappelle, hésite puis refuse.

Ce sont justement les députés républicains, minoritaires en septembre 1870 au Palais Bourbon, qui vont précipiter la chute du régime.

Alors qu’une foule rameutée par les journaux républicains envahit l’hémicycle, les deux principaux chefs républicains que sont Jules Favre et Léon Gambetta saisissent l’occasion pour se livrer à un coup de force. Incapables de triompher par la voie parlementaire, ils conduisent l’émeute jusqu’à l’Hôtel de Ville où, profitant de la sidération générale suite à une défaite que personne n’attendait, Gambetta monte à un balcon et proclame la République. République qui, en plus de n’avoir pas été voulu par les parlementaires, est désavouée à la première occasion par la volonté populaire qui envoie une large majo- rité royaliste à la Chambre des députés en février 1871.

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