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« Lutte contre la haine » : l’État destructeur

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Publié le

13 septembre 2022

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Au prétexte de la lutte contre la haine, l’État est utilisé pour étouffer les opinions dissidentes et imposer l’agenda diversitaire par l’arsenal juridique. Non plus seulement perçu comme étranger par les Français, l’État tend de plus en plus à en devenir l’ennemi.
lgbt

C’est une stratégie habituelle, de la part de l’État, de promouvoir des « luttes » permanentes dans la société, spécialement contre des « haines ». On ne compte pas le nombre de textes législatifs et réglementaires qui utilisent ces termes. Je dis « l’État », et pas simplement des lobbies militants, parce que l’État est désormais à ce point acquis aux « combats » de ces lobbies, qu’il en constitue désormais un rouage conscient, volontaire et déterminé, mettant à leur service tous ses moyens législatifs, judiciaires et policiers. L’État leur est d’autant plus acquis qu’il se déconstruit lui-même comme entité nationale et se rend ainsi toujours davantage perméable aux idéologies mondialistes qui l’inspirent. Il produit d’ailleurs à cette fin des personnels dont les qualités ne se mesurent qu’à leur capacité à servir ces projets. Longtemps l’on a critiqué le primat de l’économie sur le politique ; mais ce débat est dépassé. La question que doivent aujourd’hui se poser les citoyens est de savoir si politique et économie peuvent plus longtemps être abandonnés entre les mains de fous.

Le choix du mot de « haine », habituellement utilisé par la rhétorique politique et législative, n’est pas dû au hasard. Le terme est volontairement choisi pour l’excès qu’il exprime. Il permet en particulier de qualifier d’emblée, sans transition, sans palier, toute opposition à ce que l’État cherche à promouvoir comme une expression maximalement odieuse et violente de comportement, appelant une réprobation sociale générale et, bien entendu, une répression sévère. Une telle opposition, en effet, ne saurait se prévaloir de la liberté d’opinion ou d’expression.

Des magistrats bienveillants s’engouffrent d’ailleurs volontiers dans cet « amalgame », en considérant par exemple, comme jadis la cour d’appel de Paris, qu’en critiquant l’homosexualité comme une « abomination », ainsi que l’avait fait Mme Boutin, on critiquait nécessairement et haineusement les personnes. Il a fallu que la Cour de cassation modère les ardeurs idéologiques de la cour de Paris en lui représentant que de tels propos ne contenaient pas, « même sous une forme implicite, d’appel ou d’exhortation à la haine ou à la violence à l’égard des personnes homosexuelles » (Crim., 9 janvier 2018, n° 16-87.540).

Lire aussi : Circulaire Blanquer : l’éducation transsexuelle

Il n’empêche : le concept de « haine », ainsi que ce « dérapage » judiciaire le montre éloquemment, pour reprendre encore le jargon du jour, est manié pour étouffer les opinions dissidentes, même rationnelles et peut-être surtout rationnelles, libres en toute hypothèse. Soit, sur un thème « progressiste » déterminé, vous communiez à l’idéologie organisatrice de la société nouvelle, fondée sur la déconstruction méthodique des fondements de la société traditionnelle ; soit vous êtes « haineux ».

Le mouvement révolutionnaire est toujours en marche, avec le hachoir de sa logique dialectique. La même qui faisait dire à Saint-Just : « Sois mon frère, ou je te tue ». Adhère à mon idéologie, où tu es un ennemi. Vous vous opposez à la promotion de l’homosexualité ? Vous êtes haineux. Vous vous êtes opposé au pseudo-mariage pour tous, comme dame Cayeux, qui a été invitée à s’en mordre les doigts jusqu’à s’en ronger les apophyses coronoïdes ? Vous êtes haineux. Vous vous opposez à la promotion des théories du genre ? Vous êtes haineux. Vous refusez la promotion du transexualisme ? Vous êtes haineux. Votre cœur est nourri de haine parce qu’il n’est pas rempli d’idéologie. C’est aussi simple que cela.

Bien entendu, il y a haine et haine. Comme dans le film Le pari, avec Bourdon et Campan, un citoyen en bonne santé démocratique doit immédiatement être en mesure de faire la différence entre la « haine bonne » et la « haine pas bonne ». Identifier l’inclination au transexualisme comme un désordre psychologique, ça, c’est de la « haine pas bonne » ; en revanche, haïr en la pleine acception du terme la Russie ou les russes, jusqu’à les discriminer le plus absolument possible, voilà qui est « bonne haine » citoyenne. Entre les deux, la haine de la famille, du mariage, du Français de souche, de l’homme en certains cas, ou de la femme, du catholicisme, de la religion en général, du mangeur de viande, de l’électorat de tel parti, voire du blanc, c’est, comment dire ? un peu différent.

Cette circulaire donnait ainsi, en réalité, des instructions précises pour imposer l’acceptation du transexualisme dans le milieu scolaire, par le vocabulaire, le vêtement, les dortoirs, les voyages, les toilettes

Peut-être se souvient-on encore de la fameuse « circulaire Blanquer », publiée le 30 septembre 2021 au Bulletin officiel de cette structure de déconstruction et de rééducation politique que l’on appelle « l’Éducation nationale ». Elle portait ce titre : « Lignes directrices – Pour une meilleure prise en compte des questions relatives à l’identité de genre en milieu scolaire ». Ce document, qui avait provoqué la fureur d’Éric Zemmour, avait comme toujours sa motivation guerrière : la « lutte contre l’homophobie et la transphobie ». Le citoyen Blanquer y expliquait alors que sa démarche s’inscrivait dans une « dynamique interministérielle, coordonnée par la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) et dont le Plan national d’actions pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2020-2023 constitue la feuille de route. Son chapitre intitulé “Promouvoir une éducation inclusive et faire reculer les préjugés” invite notamment à porter une attention particulière aux élèves transgenres ou qui s’interrogent sur leur identité de genre ».

« Porter une attention particulière » était bien sûr un euphémisme. Cette « attention » se prévalait en effet de ladite « feuille de route », c’est-à-dire d’une stratégie clairement adoptée consistant à « Promouvoir une éducation inclusive et faire reculer les préjugés ». L’idéologie marche toujours avec le mensonge. Cette circulaire donnait ainsi, en réalité, des instructions précises pour imposer l’acceptation du transexualisme dans le milieu scolaire, par le vocabulaire, le vêtement, les dortoirs, les voyages, les toilettes. Elle poussait à la « lutte », bien entendu, contre ceux qui s’y opposaient par « toutes formes de discriminations », et contre lesquels devait être mise en œuvre une « politique de prévention de la transphobie (…) dans le cadre de la lutte contre toutes les violences de genre et formes de discrimination ». Fermez le ban.

Lire aussi : Le nouveau monde LGBT (1/3) : une révolution anthropologique au service du globalisme

La « marche des Lumières déconstructives » s’est poursuivie plus récemment, on le sait, cette fois dans le secteur de l’administration fiscale, puisqu’une note de service de la Direction générale des Finances Publiques (DGFiP) du 6 juillet 2022 a invité les agents de la fonction publique à ne plus utiliser les termes « Madame » ou « Monsieur » pour s’adresser aux contribuables, c’est-à-dire à supprimer une insupportable distinction « genrée » pour s’adresser à « chacun.e », désormais, par l’élégante formule : « Bonjour ».

Le citoyen Pap Ndiaye, ci-devant ministre de « l’Éducation nationale », poursuit quant à lui le bon combat en son secteur, en se donnant à son tour pour « feuille de route » de « combattre les stéréotypes de genre », c’est-à-dire, en clair, d’imposer aux parents et aux enfants, qu’ils le veuillent ou non, l’idéologie du genre née dans le cerveau dérangé d’universitaires américains et de soixante-huitards français, de promouvoir « l’éducation » sexuelle et la « lutte » encore et toujours contre « les LGBTphobies » (sic), les « stéréotypes », le tout, bien évidemment, sous couvert d’application de la loi.

Il faut se rendre à cette évidence : jamais la formule de Jouvenel, « l’État c’est eux », n’a été aussi forte et pertinente. Non plus seulement parce que l’État est perçu comme étranger par les Français ; mais parce qu’il tend de plus en plus à en devenir l’ennemi. Ainsi en est-il en matière d’immigration, en matière économique, par des choix stratégiques contraires aux intérêts élémentaires de chacun. Ainsi en est-il, bien plus encore, en matière morale, en matière humaine. Le monstre nietzschéen n’est plus seulement « froid », ni même le plus froid d’entre les monstres. Par sa subversion résolue, tenace, de l’ordre naturel, il faut bien se résoudre à constater qu’il est devenu diabolique.

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