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Annie Ernaux ou l’apothéose de la prof de Lettres

Les profs de Lettres, les femmes du moins, vont pouvoir recommencer à rêver. Plus d’une, en 2017, s’était mise à regarder son meilleur élève de Première d’un autre œil, imaginant qu’elle pourrait l’épouser un jour et devenir première dame de France quelques années plus tard. 

En décernant leur prix à Annie Ernaux, les jurys du Nobel ont-ils voulu donner un peu d’espoir à toutes celles qui, comme la narratrice des Années ne donnent plus que « de vagues cours à des classes énervées » ? Le message serait simple : écrivez, vous pourrez arrêter d’enseigner et vous consacrer entièrement aux Lettres. Pourtant, sans s’en rendre compte, Annie Ernaux a fait l’inverse : depuis qu’elle a cessé d’enseigner pour écrire, elle a renoncé à la littérature, tout en devenant plus prof que jamais. Prof, elle est et elle reste, ce qui ne serait pas honteux si cela ne nuisait pas tant à ses textes. Dans son premier récit, Les Armoires vides, outre son avortement dont elle a fait depuis un argument éditorial permanent, Ernaux rapportait les mots de la fierté de sa mère : « Un futur professeur m’a dit sa maîtresse ».…

[Opéra] Au-dessous du volcan
Souvent étiqueté « opéra-bouffe », la Cenerentola de Rossini est en réalité un « mélodrame joyeux », où la veine sentimentale le dispute à la verve comique, avec une fraîcheur et une vivacité irrésistibles. La production de Guillaume Gallienne au Palais Garnier, créée en 2017, penche – trop – du côté sérieux. Eh oui, la vedette de la Comédie Française et du cinéma d’autofiction s’est essayée à l’opéra, puisant dans ses souvenirs napolitains et dans l’étymologie du rôle-titre. Tout se passe devant les murs rouge ocre d’un palais délabré, à moitié submergé par les cendres, vestige ou prémonition d’une catastrophe qui, à l’instar d’une puissance volcanique, secoue le destin de Cendrillon, la délivrant de l’humiliation au prix de l’innocence. [...]
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Affaire Briot-Grappe : quand une accusation d’agression vaut condamnation

Avant d’écrire cet article et de m’exposer en traitant ce genre de sujets, j’ai longuement hésité. J’avais également peur, je l’avoue, des conséquences. Ce qui m’a décidé, c’est le silence ayant suivi la conclusion de cette affaire et les implications désastreuses pour l’artiste incriminé. Et enfin parce que comme l’a dit un grand personnage de notre littérature, « on n’abdique pas l’honneur d’être une cible ».

J’avais vaguement suivi l’affaire Briot-Grappe, comme j’ai vaguement suivi tout le maelström #MeToo. Pas par manque d’intérêt mais parce que la surdose d’information tue l’information au point que démêler le vrai du faux devient impossible et surtout – chose plus gênante – secondaire.

Lire aussi : Mâle blanc : coupable, levez-vous !

Aujourd’hui, un chanteur de grand talent, Boris Grappe, a sa carrière brisée parce qu’un tribunal médiatique, bien silencieux aujourd’hui, l’a condamné en première instance dans un système juridique où il n’y a pas d’appel.…

[Cinéma] Novembre : juste et fade
En dix ans, Cédric Jimenez s’est construit une solide filmographie : quatre films – dont les excellents Bac Nord (2020) et HHhH (2017) – quatre genres bien différents, mais avec toujours ce souci d’un cinéma à la fois exigeant et populaire. Avec Novembre, il nous plonge au cœur de l’anti-terrorisme pendant les cinq jours d’enquête qui ont suivi les attentats du 13 novembre. Le cinéaste français a bossé son sujet et maîtrise l’espace et son cadre : filature, interrogatoire, course-poursuite, tout se révèle toujours aussi limpide. [...]
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[Cinéma] Une Femme de notre temps : la fliquette était presque parfaite
Une flic incorruptible et « autrice » célébrée se découvre cocue alors qu'elle ressasse la mort de sa sœur. La conjonction de ces deux traumatismes la fait dévier de sa ligne. À la faveur du petit succès de Mes provinciales, le nouveau Jean Paul Civeyrac bénéficie pour la première fois d'une production de prestige, Sophie Marceau oblige. [...]
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[Cinéma] Tori et Lokita : dealers de bonne conscience
Parvenus à la sénescence ultime de leur art, il est temps pour les Dardenne de rendre hommage, avec Tori et Lokita, au plus beau film du monde, L’Intendant Sansho (1954) de Kenji Mizoguchi. Mais là où le cinéaste japonais, usant d’un conte médiéval, atteignait l’universel par l’ampleur du regard, les frères belges, en l’ancrant dans le contemporain, n’obtiennent que de l’abstraction. La mécanique des déplacements remplace l’écriture et les personnages n’existent pas. [...]
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Éditorial culture d’octobre : Changement de régime

Que se joue-t-il ? Voici une question que l’on peut se poser devant un programme théâtral comme en considérant sa propre existence un soir d’automne, en fumant une cigarette (je ne fume plus que dans mes éditos), et qui résume en soi, non seulement le contenu d’une rubrique culturelle, mais toutes les raisons pour lesquelles on lit, on pense, on prie ou l’on débat ivre jusqu’à quatre heures, même au cours d’un mois sobre comme octobre, afin de comprendre notre rôle, la raison de la tension, l’issue possible. L’art sert à ça, comprendre et sentir tout ce qui se joue, parce que d’une manière générale, nous avons tendance à flotter à côté de l’existence, à nous laisser absorber par des nécessités triviales, détourner du drame. À défaut d’une arme pointée sur soi, regarder en face le cœur tragique des choses demande beaucoup de détours.

À défaut d’une arme pointée sur soi, regarder en face le cœur tragique des choses demande beaucoup de détours

Que se joue-t-il ?…

[Opéra] 50 nuances de ténor
L’art lyrique, c’est l’issue d’une conversion. Formé très tôt au chant dans la tessiture de baryton, Jonathan Tetelman a longtemps préféré les platines de DJ et les clubs de New-York, avant de revenir à sa vocation pour l’opéra, cette fois-ci comme ténor – et quel ténor ! Une écoute en aveugle de son premier album chez Deutsche Grammophon – pudiquement intitulé Arias – ne laisserait pas deviner un chanteur de 34 ans débutant au disque, tant la maîtrise de la technique, la maturité de l’interprétation sont confondantes. Et cela sur un éventail de rôles qui, pour un programme d’environ une heure, ne sauraient être plus variés : de Verdi à la « jeune école » italienne, en passant par Flotow, Bizet et Massenet, sa palette est d’une richesse épatante. [...]
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