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Dogville était une parabole cruelle, subtile, métaphysique sur le mal, réalisée par le grand maître danois Lars von Trier, qui utilisait un dispositif théâtral afin de donner à son film une dimension d’expérience clinique : sur le même vaste plateau noir, une ville et ses habitations étaient suggérées ou symbolisées, les rapports sociaux mis à nu entre des personnes qui évoluaient dans leur quotidien comme sur un plateau d’échecs, la caméra subjective animant le jeu rendu à sa mécanique abstraite.
C’était osé, inédit, radical dans la forme (quoique tirant un peu en longueur) ; profond, universel, vertigineux (même si à la limite de la misanthropie) dans le fond.
C’était osé, inédit, radical dans la forme (quoique tirant un peu en longueur) ; profond, universel, vertigineux (même si à la limite de la misanthropie) dans le fond. Une belle démonstration de force de l’un des meilleurs cinéastes vivants.
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« La Règle du jeu est un film de guerre », dira Jean Renoir. Ce qui s’annonce dès son générique comme une fantaisie dramatique, placée sous le signe de la musique baroque et des orfèvres de l’harmonie que sont Lully ou Rameau, est en réalité un film-monstre qui échappe à toutes les catégories. Satire sociale, pamphlet politique, vaudeville augmenté : La Règle du jeu, c’est un peu tout cela à la fois, mais c’est surtout un film sur la guerre, un film de guerre : la guerre de tous contre tous, sans doute, la guerre des blasons contre les blasons, des particules contre les particules, des hommes contre les femmes, avec cette lutte des classes qui se surimpressionne lentement aux marivaudages de plus en plus ténébreux. La guerre de deux écoles françaises, aussi : le baroque et la langue du XVIIème siècle contre le romantisme et les atermoiements du XIXème. La France des Lumières et la France des Complots emboîtées l’une dans l’autre, dans cette Colinière de contes de fées, domaine filmé comme un pays miniature, comme une nation sous cloche.
Il y a dans La Règle du jeu cette ambiance de veillée funèbre, de polissonnerie sans lendemain, ces nuances de la fête aristocrate qui se transforme peu à peu en funérailles clandestines
Les protagonistes du chef d’œuvre de Renoir sont des idées de la France devenues folles, légataires de cette culture double dont les versants percutent en eux à tour de rôle, comme des taquets d’horlogerie. Chaque personnage de La Règle du jeu est à ce titre un automate, cache un mécanisme précis et fatal, jouit d’un double fond dans lequel il puise inconsidérément ces pâmoisons et ses fantasmes. La guerre se joue jusque dans le cœur et les mœurs de ces personnages qui représentent chacun un précipité, en action et en ébullition, de l’histoire française. [...]
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