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Cécile Guilbert : peu importe les cadavres
Quelle est cette malédiction de Saturne que vous tentez de conjurer ?

C’est une référence à Saint-Saturnin qu’on célèbre le jour de mon anniversaire, le 29 novembre. Or c’est un nom dans lequel je n’avais, curieusement, jamais entendu celui de « Saturne » avant d’écrire ce livre. Or comme il se trouve que la plupart des êtres chers que j’y évoque sont morts en hiver – et deux fois à une date comportant le chiffre 29 - j’appelle « malédiction de Saturne » cette saison longtemps honnie à cause de tous ces deuils et que j’ai fini par apprendre à surmonter. [...]
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Fabrice Pliskin : la revanche du roman
Le Fou de Bourdieu a quelque chose de Madame Bovary, ou même trois : l’amorce d’un fait divers ; le résumé d’une époque par la bande ; une vertigineuse mise en abyme du langage. Un bijoutier de province, fils de meunier, tire sur un jeune Maghrébin venu le cambrioler, et le tue. En prison, celui qui s’appellera bientôt « Suburre » est miné par le remords, il se plonge dans l’étude de la philosophie pour trouver des réponses à son malaise, mais la discipline est complexe et surtout, indécise sur la question du libre-arbitre et donc sur celle de la responsabilité réelle. Mais la sociologie de Bourdieu agit bientôt sur lui comme une révélation. Il n’est plus coupable, c’est la structure qui l’a poussé à agir. Dans la grande lutte manichéenne entre dominants et dominés, il rejoint le camp des seconds que tout innocente, même dans le crime, contre les premiers que tout incrimine, même dans la charité. On suit alors la longue et spectaculaire métamorphose du personnage qui, après la prison, changera d’identité, de métier et de quartier, s’entichera d’un jeune banlieusard prénommé comme sa victime, cultivera une haine tenace pour son voisin journaliste bobo et basculera dans le mimétisme caillera et le banditisme. Les mantras sociologiques qui le galvanisent désormais lui épargneront tout scrupule mais lui empêcheront également tout recul sur la situation réelle, sinistre et tragique dans laquelle il fonce entre deux traces de cocaïne sniffés sur un Poche de Bourdieu. [...]
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« Sirat » d’Oliver Laxe : céleri-rave
Un père et son fils de 8 ans recherchent leur fille et sœur teufeuse dans le désert marocain vibrant de raves illicites. Ils suivent un petit groupe de marginaux qui les ont pris en pitié. Au loto du film de ce genre – quête, fuite, contreculture, explosions en série – Sirat a tous les numéros mais hélas dans le désordre, et moins le sexe. Contrairement au film radical et marquant d’Antonioni, Zabriskie Point, les personnages ne sont ici habités par aucune négativité. [...]
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« Connemara » d’Alex Lutz : les vestiges du passé
Connemara, le troisième et meilleur film d’Alex Lutz, laisse dans un premier temps une curieuse impression de déjà-vu. L’héroïne en burn-out qui retourne dans son village natal et tombe inopinément sur la bombe du lycée avec qui une idylle va se nouer rappelle plus qu’un peu la comédie musicale M6 choupinette, Partir un jour. Le fantasme adolescent qui traverse les années est d’ailleurs interprété par Bastien Bouillon dans les deux films, mécano là-bas, hockeyeur sur le retour ici. On n’accusera pas Lutz d’être à la traine d’Amélie Bonnin, puisque le roman de Nicolas Mathieu qu’il adapte date de 2022. On suppute que l’air du temps est à ces régressions : « Et si… ? », où le Paris cruel des consultantes cède heureusement la place au berceau remémoré des sous-préfectures, voire plus petit si affinités. On mentirait en n’avouant pas que ce sociétal-pantoufle étend un peu trop les trente dernières minutes de Connemara, soit l’affrontement de deux modes de vie lors du mariage-climax. [...]
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Mort de Rick Davies, fondateur de Supertramp : adieu au vagabond

Les boomers sont en deuil. Le « rock de papa » vient de prendre un coup dans l’aile avec la disparition de Rick Davies, fondateur du groupe britannique Supertramp, fer de lance de cet espère de musique progressive typiquement britannique, et dont l’efflorescence tout au long des années 70 et 80 ne nous aura laissé qu’un souvenir suspect, presque embarrassé. Souvenir de longs trajets en voitures, pendant les périodes estivales, parasités par ces chansons douce amères, ces chœurs légèrement trop enjoués pour ne pas cacher autre chose – un mystère insoluble comme seule la pop peut en fabriquer, un secret à trouver peut-être dans ces constructions harmoniques complexes au synthé, discrètement mixées, trop chiadées pour être honnêtes et qui laissaient la part belle à des guitares expressionnistes, ouvertement rock. C’était quoi, Supertramp, au juste, à part la bande-son qui faisait bailler les gosses trop nerveux des années 90 à l’arrière du break familial ?…

Christian Authier : une comédie italienne à Toulouse
Beaucoup de romans sur la figure paternelle sont des règlements de compte. Chez vous, non… Plainte, complainte, rancœur : oui, une littérature du ressentiment et de la lamentation prolifère. Pour ma part, je n’ai pas été violé, battu, discriminé. Ma famille et mon existence étant d’une banalité confondante, j’imagine d’autres vies que la mienne, même […]
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Emmanuel Carrère : diaporama en demi-teinte
Il semble que la moitié des romans français de la rentrée soient des romans autobiographiques ou familiaux, dont beaucoup de portraits de père ou de mère ; impression renforcée peut-être par le fait que c’est le cas de l’un des livres les plus attendus, Kolkhoze d’Emmanuel Carrère, consacré à sa famille, plus particulièrement à sa mère Hélène Carrère d’Encausse, décédée en août 2023, et finalement à lui-même. La première moitié, bizarrement, sombre dans l’écueil ultime du genre, l’équivalent littéraire de la soirée diapo : Carrère déballe son arbre généalogique depuis le XIXe siècle, « mon arrière-grand-père Ivane, qu’on surnomme Vano », etc. C’est probablement passionnant quand on appartient à la famille Carrère/Zourabichvili mais pour le reste du monde, c’est assommant, quel que soit le brio de l’auteur. Ceux qui n’auront pas décroché – ça dure 250 pages – seront récompensés dans la seconde moitié où Carrère ne parle plus de ses ancêtres, mais de lui. [...]
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Contre le Goncourt à Gasnier ou Appanah

LA COLLISION, Paul Gasnier, Gallimard, 176 p., 19 €

Troisième chroniqueur de Quotidien à prétendre, cette année, à la littérature (avec le soutien opportuniste des grandes maisons), Paul Gasnier nous livre un récit aussi scolaire que platement écrit, simple déclinaison de l’émission de Yann Barthès : une petite enquête en vue de faire reluire sa vertu morale sur le dos des « fachos ». Sauf qu’ici, le sujet est plus intime et plus grave : le fait divers évoqué implique la mort de la propre mère de l’auteur. Se rendant à vélo à son nouveau centre de yoga, la sympathique bobo gentrificatrice se fait percuter par un jeune délinquant maghrébin braquant la roue avant de sa moto dans une rue appropriée par sa bande. Ç’aurait pu être une fable satirique, si ce n’était si tragique. Pourquoi Gasnier, qui en aurait eu le prétexte, n’est pas tombé dans l’exaspération populiste qui ne trouve, à ses yeux, aucune excuse, au contraire de la sauvagerie indolente du meurtrier de sa mère ?…

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