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Summer White : notre critique

Un sujet rare et casse-gueule : l’amour indéfectible que porte un adolescent à sa mère célibataire. Malheureusement plus célibataire pour longtemps : en s’amourachant, la mère casse trop vite ce lien qui paraissait incorruptible, et l’enfant unique ne tarde pas à sombrer dans les tourments d’une folie prédatrice et justicière. Premier long métrage d’un jeune réalisateur mexicain prometteur, Summer White est un portrait intimiste et sauvage où l’on peut lire en filigrane toute la violence secrète d’un pays qui semble parfois incapable d’émancipation.

Lire aussi : Ran : notre critique [...]

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Ran : notre critique
Au XVIe siècle, le seigneur Hidetora décide de se retirer et de partager son domaine entre ses trois fils, Taro, Jiro et Saburo. Le cadet, Saburo, refuse cette décision, estimant qu'elle ne peut que déchirer la famille. Il est alors déshérité. Très vite, les trois frères se livrent une guerre sans merci sous le regard impuissant du père. [...]
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Les critiques musicales de l’été

NOSTALGIE ÉLECTRO

Minuit, Bon entendeur, Columbia, 14,99 €

Le collectif électro créé en 2012 et composé de Nicolas Boisseleau, Arnaud Bonet et Pierre Della Monica, vient de sortir son deuxième album, combinant remixs et créations originales. Un disque très attendu à l’approche de l’été, et dont le groupe nous avait donné un avant-goût avec le titre « Alba » (le clip en noir et blanc, tourné dans un opéra vide, mettait en scène la jeune danseuse Marion Gautier de Charnacé, errant au fil des mélodies envoûtantes du pianiste Sofiane Pamart). Composé d’une quinzaine de titres, Minuit nous prouve que le confinement a pu être une source d’inspiration pour certains. Nous arrachant à nos temps troubles, le groupe nous entraîne dans les années 90 avec l’intervention de MC Solaar pour « La Nuit », puis vers les années 60 et 70 en s’accompagnant de Jane Birkin, Véronique Sanson et Marie Laforêt, et avec un remix du « Le temps de l’amour » de Françoise Hardy. Un album aux notes estivales, aux mélodies entêtantes, qui se révèle délicieusement nostalgique. Agathe Guyot


LE PATRIARCHE

Dibiye, Francis Bebey, Peewee Collection, 19,99 €

Voilà vingt ans que disparaissait Francis Bebey, le « Papa » de la musique du monde : à cette occasion, l’album Dibiye (1997) ressort dans une édition de luxe. Journaliste, musicien et écrivain, Bebey possédait l’art de conférer à sa musique et ses écrits une dimension atemporelle, au-delà de son sens de la mélodie et de la présence de sa voix. Fils de pasteur, il fut initié par son père à la musique classique occidentale de Bach et Haendel. On retrouve ce classicisme dans « Invocation to Rain for the Sahel » où le jeu de guitare académique associé à la rythmique africaine en fines touches se mue un blues empreint d’une nostalgie si typique des musiques de l’entre-deux-guerres. Son éducation lui ouvre aussi les portes de la perception du sacré, et les titres « Mandema », « Nyambe », et « Mater Dolorosa » en sont des témoignages enchanteurs. Il est question de l’importance des conteurs ouvrant les yeux des autres « sans leur apprendre, parlant sans se soucier qu’on les écoute. Ils savent qu’on ne peut vivre sans récit ». Goûtons au talent de celui-ci dans sa version d’origine enrichie de notes et d’un entretien précieux avec l’artiste, lequel se révèle d’une douceur absolue ! Alexandra Do Nascimento [...]

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Sélectron : l’horreur en mer

Le plus mythique : Les Dents de la mer (1975) de Steven Spielberg

Dans les circonstances d’une nuit d’été, sur une plage déserte, devant une mer sombre, le monde se divise en deux catégories: ceux qui plongent; ceux qui jamais ne tremperont un quart d’orteil. En fait, ceux qui ont vu Les Dents de la mer. Si le chef-d’œuvre de Spielberg hante encore ses spectateurs, il le doit pourtant à un tournage cauchemardesque. Fier de son « Bruce », un requin mécanique de sept mètres, le jeune Spielberg propose une visite guidée à ses potes Martin Scorsese, George Lucas et John Milius. Actionnant la commande, Spielberg ouvre la mâchoire géante du requin. Curieux, Lucas plonge la tête pour observer le mécanisme. L’occasion est trop tentante, Spielberg referme la gueule. La mécanique se grippe. Impossible de rouvrir. Aidé par ses camarades, Lucas réussit finalement à s’extirper de la gueule de « Bruce », mais quelque chose a cassé et le requin ne fonctionnera plus jamais. De Palma dira, après avoir vu quelques rushes : « Bruce louchait et sa mâchoire ne se refermait pas correctement ».

Après réécriture et remontage, le requin n’apparaît finalement qu’au derniers tiers, Spielberg préférant se concentrer sur les réactions des victimes et la dimension humaine des personnages. Vue subjective, deux notes mythiques de Johns Williams, un monologue merveilleusement effrayant, c’est la solution de rechange, moins spectaculaire et plus insidieuse, qui permettra aux Dents de la mer de nous terrifier encore malgré ses quarante-trois étés.

https://www.youtube.com/embed/PZDO1hrV16I

Le plus jouissif : Piranha 3D (2010) d’Alexandre Aja

Alors que la ville de Lake Victoria s’apprête à recevoir un Spring break (« relâche de printemps ») pour le week-end de Pâques, un tremblement de terre ouvre une faille d’où s’échappent des milliers de piranhas préhistoriques. Film d’horreur décomplexé, le Piranha du français Alexandre Aja assume son outrance. Ni remake, ni suite du Piranhas de Joe Dante (1978), Piranha 3D, truffé de références aux années 80, lorgne plutôt du côté des Gremlins et des Dents de la mer. Aja ressuscite aussi les vieilles gloires des décennies précédentes : Elisabeth Shue (L’Impasse), Christopher Lloyd (inoubliable Doc des Retours vers le futur) ou Richard Dreyfuss, le scientifique rescapé des Dents de la mer mais becté dès l’ouverture du film. [...]

Les critiques littéraires de l’été (1/2)

TOURS DE CHARME

Actions spéciales de Jean-Hubert Gailliot, L’Olivier, 468 p., 20,50 €

Le narrateur du nouveau roman de Gailliot rencontre un quatuor curieux, deux hommes, deux femmes. Ils ne sont pas voyous, mais n’occupent pas d’emploi au sens ordinaire du mot. Leurs ressources viennent de coups préparés avec soin, où ils prennent garde de demeurer dans les clous de la légalité, en frôlant la limite. « Aucun n’aurait voulu travailler dans une banque, mais aucun non plus n’aurait voulu devenir braqueur de banque. Rejet de la vie salariée, refus d’une vie hors-la-loi, ne se laisser enfermer ni dedans ni dehors, tous tombaient d’accord sur ce point, mais entre les deux la voie était étroite ». Parmi leurs bons tours figurent les tentatives d’exploiter l’usure des roulettes de casino, qui rend les résultats prévisibles. Ils s’amusent aussi à perturber les cotes du marché de l’art, sans rien commettre d’illégal. Tout cela avec un sens aigu de la mise en scène, une désinvolture étudiée, et classe jamais prise en défaut, le critère du coup réussi résidant dans la beauté du geste plus que le bénéfice… À mi-chemin entre l’Agence tous risques, Ocean’s Eleven et Arsène Lupin, les aventures de cette bande d’aristocrates-justiciers donnent un long roman (un poil trop ?) plein de charme, où l’on retrouve la mythologie post-situ chère à Gailliot, dans une ambiance de BD subversive. Jérôme Malbert


STATION APOCALYPSE PARIS

Bas-ventre de Richard Millet, La Nouvelle Librairie, 118 p., 11,90 €

Si Richard Millet avait déjà, en plusieurs passages de quelques livres, fait du RER un lieu littéraire, il en tire, dans Paris bas-ventre, un véritable cercle de l’enfer post-moderne, le boyau sordide où se putréfie l’humanité décomposée par la sous-culture mondialisée et l’immigration de masse rejoignant au terme de ce texte le statut d’un lieu quasi mythologique propre à résumer la tragédie en cours. Sa veine pamphlétaire se montre bouillonnante et vire ici au délire verbal jouissif, par énumérations cocasses et brutales : « it girls évaporées, « ados » en rébellion vestimentaire, homos timides, lesbiennes militantes, filles en hijab, hijab sans femmes, « quadras » inquiets, Africaines en boubous ou en anoraks polaires, anorexiques dévorées par leur propre regard, obèses prêtes à chanter La Traviata». Cette exploration dantesque s’achève au rythme menaçant des tam-tams du bois de Vincennes et est suivie d’un « Éloge du coronavirus » au fil duquel Millet regrette la faible morbidité de la grippe chinoise. Grand style et mauvais esprit. Romaric Sangars

Lire aussi : Andreï Makine, l’alter-natif

BRIC-À-BRAC LOUFOQUE

The dead letter society de Xavier Serrano, Æthalidès, 188 p., 18 €

Sous-titré « la bibliothèque imaginaire de Roland Bartleby », ce livre est une collection de textes apocryphes d’écrivains (professionnels – Didier Decoin – ou non – George W. Bush), suivis d’un commentaire de l’auteur. Potache, érudit, loufoque, oulipien, ce bric-à-brac organisé contient des chimères littéraires (Lexomil et une nuits, Da Vinci-Codéine, etc.), des propositions (réimprimer les Schtroumpfs en bleu Klein), l’annonce de mise en vente de l’appartement de Perec écrite par Stéphane Plaza, des nouvelles en trois lignes (« Non-lieu pour Thérèse D. (Argelouse) que tout accuse d’empoisonnement, sauf le mari »), des paradoxes (Et si c’était gnan-gnan, pastiche par Marc Lévy de Et si c’était niais de Pascal Fioretto). Quelques idées moyennement drôles mais beaucoup d’excellentes, le tout dans une mise en page élégante et ludique. Bernard Quiriny [...]

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Andreï Makine, l’alter-natif

Quelle distinction y a-t-il entre vos deux noms de plume, Makine et Osmonde ?

Très faible : ils écrivent à la même source. L’écriture de Makine est plus historico-sociale. Osmonde, en revanche, est résolument métaphysique, il pose la question de l’être. Tous les livres osmondiens sont philosophiques. C’est grâce à Osmonde que j’ai compris qu’il y avait une grande fermeture d’esprit dans nos sociétés. Aujourd’hui, ces livres seraient impubliables, notamment à cause des nouvelles idéologies communautaires – sexualistes et racialistes qui aggravent les ravages du politiquement correct. Au-delà des frontières est un livre scandaleux sur bien des aspects – « noblement scandaleux », comme disait un critique. Ne serait-ce qu’en raison du manuscrit conçu par le jeune héros, Vivien de Lynden, intitulé Le Grand Déplacement et qui décrit le transfert vers la Libye non seulement des étrangers refusant l’assimilation mais également de tous ceux qui ont collaboré à leur venue… Publier ce livre procède presque d’un réflexe de survie intellectuelle.

Dans votre dernier roman, votre jeune ami Vardan devient philosophe alors qu’il est physiquement menacé. Est-ce l’agonie qui nous fait devenir philosophe ?

Mais nous sommes tous proches de la mort ! Nous n’avons que 20 000 à 30 000 jours à vivre, c’est-à-dire très peu de temps. La réflexion sur l’Alternaissance part de ce constat. L’écrivain doit imiter saint Thomas et toucher les stigmates du monde. Si l’écrivain ne vous dit pas tout de suite ce que vous pouvez espérer comme salut, ici et maintenant, s’il ne met pas ses doigts dans les plaies aujourd’hui même, son livre ne vaut pas grand-chose. Ainsi, le message du Christ a-t-il été moralisé, perdant de sa force métaphysique dans la moraline et la casuistique. [...]

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La Légende de Musachi : notre critique
Quelques années avant les outrances baroques de Baby Cart ou de Zatoichi, une saga cultivait déjà la passion des Japonais pour leurs héros féodaux, celle de Musashi, à la fois philosophe, peintre, bretteur et figure mythique de la voie du sabre. Une série de films à la beauté parfois hiératique, qui installe les canons du genre : lenteur opératique des combats, colorimétrie chatoyante et jeu d’acteur qui tend parfois vers l’abstraction du théâtre no. [...]
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Sélectron : la saga mythique des Rocky

8 - Rocky V (1990)

Le moins connu, à juste titre et pourtant… Retour de John G. Avildsen (réalisateur du premier opus), retour de Bill Conti à la musique et retour aux source, les bas-fonds de Philadelphie où Rocky n’est plus rien, ce cinquième film était pourtant plein d’espoir. Mais rien ne marche. Rocky revient de Russie avec des séquelles physiques irréversibles. Ruiné, il devient entraîneur d’un champion en devenir, Tommy Gunn (et son affreux mulet). Scénario paresseux, mise en scène sans énergie, montage à la tronçonneuse, Stallone/Rocky n’a plus faim, il déprime. Le spectateur aussi.

https://www.youtube.com/watch?v=016ZGmKIlcs

7 - Rocky III (1982)

Certes la musique, Eyes of the tiger en tête, tutoie les meilleures bandes-son du cinoche. Mais dans cinéma, il y a aussi images… Rocky Balboa est aujourd'hui un champion respecté après sa victoire contre Apollo Creed, mais un petit nouveau très très méchant, Clubber Lang (Mr T. alias Barracuda dans L’Agence tous risques) lui lance un défi. Stallone/Rocky atteint de melonite aiguë (il faut voir sa kitschissime maison à colonnade) symbolise le pire des années quatre-vingt ricaines. Mégalo, non-écrit, affreusement interprété et déjà à bout de souffle. [...]

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