100 milliards d’euros par an : c’est l’estimation récente du coût de l’évasion fiscale en France. C’est pourquoi on aurait tort, comme le suggère cet édifiant documentaire, de prendre l’évasion et la fraude fiscale pour des sujets de niche. En réalité, l’évasion fiscale, ce « sport de riche », comme le dénomme un insider interrogé pendant le film, est au cœur du fonctionnement même de nos démocraties, et celles-ci ne font à peu près rien pour l’éliminer, si ce n’est aligner des vœux symboliques et tenir des listes de complaisance.
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D’ailleurs, le nombre de paradis fiscaux est en constante progression, notamment en Europe, le plus célèbre étant probablement le pays de Jean-Claude Juncker, ex-président de la Commission européenne qui fut aux manettes du Luxembourg pendant des années. Au passage, le film rappelle quelques sorties scandaleuses de nos propres élites, Sarkozy, DSK et Macron en tête, tous plus rapides à défendre certains intérêts étrangers qu’à faire voter des lois anti-fraude. On sort de la projection légitimement révolté.
LA (TRÈS) GRANDE ÉVASION (1h54), de YANNICK KERGOAT, en salles le 7 décembre





