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Rémy de Gourmont, une affaire de goût : entretien avec Thierry Gillybœuf
Quand avez-vous découvert Gourmont ?

Dans ma chambre d’enfant, il y avait une partie de la bibliothèque familiale. Avec, je n’ai jamais su pourquoi, deux livres de Gourmont : Sixtine, roman de la vie cérébrale et Histoires magiques, chez 10/18, avec des préfaces de Hubert Juin. J’ai tourné autour et quand je les ai lus, j’ai été fasciné, par la langue plus encore que par l’histoire. J’aimais beaucoup les mots rares. Il y en avait un dans Sixtine : vlouement, le bruit des ailes des oiseaux quand ils volent. C’est le premier néologisme dont je me souvienne. Quand j’ai eu une vingtaine d’années, j’ai commencé à constituer une collection, sans arrière-pensée, par pure bibliomanie ; on en trouvait facilement à des prix accessibles chez les bouquinistes. Un jour, dans un salon, j’ai croisé Jean Chalon, qui proposait une biographie de Natalie Clifford Barney. J’ai engagé la conversation. Il a été surpris qu’un si jeune homme s’intéresse à Gourmont. Il m’a dit qu’il faudrait que j’écrive cette biographie. C’était il y a trente-cinq ans. [...]
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Esprit woke cherche folklore : renverser la Table ronde
Si je ne suis pas un « spécialiste », j’ai moi-même baigné plusieurs années dans la « matière de Bretagne », c’est-à-dire la littérature arthurienne, pour y chercher des fondamentaux d’où surmonter les déconstructions. J’en ai tiré un manuscrit exaltant une reviviscence de ses feux au sein de la nuit post-moderne. Alors forcément, quand je lis, sous la plume de Thomas D. Lee, un projet symétrique au mien, je m’y plonge avec une intense curiosité. Je veux dire « symétrique » au sens qu’il est exactement à l’opposé de ma démarche. Lui est un chercheur qui passe à la littérature, un Anglais qui exploite un folklore celte francisé, et qui en livre une parodie accordée aux théories wokes post-modernes. Et moi l’inverse. Qu’on en juge : dans un avenir proche, le sénéchal Keu, frère du roi Arthur, sort de terre pour venir au secours de la Bretagne en péril. On apprend que lui et les autres chevaliers de la Table Ronde renaissent à chaque fois que la situation l’exige – coup d’État de Cromwell, guerres d’Amérique, conflits mondiaux –, et cette fois-ci, donc, quand le réchauffement climatique, le capitalisme et l’intolérance menacent Albion. Comme dans une série Netflix, Keu est noir et Lancelot gay, quand les alliées sont de vertueuses militantes féministes et écoterroristes. La chose est néanmoins plutôt bien tournée, en tout cas en ses débuts, cocasse, et le ton parodique rend d’abord les délires wokes pas plus absurdes, ni plus graves, qu’un Keu ressuscitant trois fois dans la même journée sans pouvoir remettre la main sur son épée ou un Lancelot snob empressé de s’allumer une cigarette et de vider du whisky. [...]
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« Magma » de Cyprien Vial : une réussite
Une vulcanologue et son jeune assistant guadeloupéen décèlent une activité anormale de la Soufrière. Le préfet prend la décision d’évacuer des zones possiblement touchées en cas de réveil du volcan, mais la population ne l’entend pas de cette oreille. Le cinéma de Cyprien Vial a énormément mûri depuis son premier film, Bébé Tigre. Il a gagné en épaisseur et en complexité, comme on le voit aujourd’hui avec Magma. [...]
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« Quelque chose de vieux, quelque chose de neuf, quelque chose d’emprunté » : un truc singulier
Il n’est pas nécessaire d’accumuler les millions de budget pour concevoir des projets fous. À partir des films de famille de son actrice Maribel Felpeto, Hernán Rosselli a imaginé Quelque chose de vieux, quelque chose de neuf, quelque chose d’emprunté, titre qui décrit parfaitement cet objet hors du commun. La jeune femme et ses parents incarnent un gang de bookmakers pariant sur le loto argentin dans une banlieue de Buenos Aires. La mort du père entraîne la découverte d’un secret familial qui va faire dérailler la petite entreprise. [...]
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Simon Liberati : les années collège
près vous être lancé dans une suite romanesque, vous revenez au récit autobiographique, qu’est-ce qui vous y a poussé ?

Avec moi, c’est souvent une affaire de contrat. Je construis un projet de livre à partir du moment où un éditeur est intéressé. Dans le cas de Stanislas, c’est une idée qui m’a été commandée il y a longtemps. Je voulais raconter ma jeunesse par le biais des douze années, entre mes cinq et dix-sept ans, passées à l’école Stanislas. J’ai gardé un très mauvais souvenir de cette période, mais je ne souhaitais pas pour autant faire un réquisitoire. L’enfance est un sujet qui me paraît intéressant. On dit souvent que les récits sur l’enfance de personnes célèbres sont assommants : je ne suis pas d’accord. [...]
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« Parthénope » de Paolo Sorrentino : bouffi
Après l’autobiographique et plutôt réussi La Main de Dieu, Paolo Sorrentino retombe avec Parthénope dans ses travers de sous-Fellini bouffi. Parthénope naît dans la mer comme la sirène emblème de Naples, le film retrace sa vie depuis les années 50, sans que rien de notable ne semble lui advenir. Le personnage n’est caractérisé que par sa beauté soulignée par les minauderies insupportables de Celesta – « Je Suis Trop Bonne » – Dalla Porta. En face l’intégralité de la distribution masculine (incluant son frère, ce qui va poser problème) rappelle le loup de Tex Avery. [...]
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« La Convocation » : lourdingue
Une actrice au veuvage récent est reçue par les autorités éducatives car son fils de 6 ans a menacé son cousin de sodomie. La Convocation poursuit une tendance réactivée par La Salle des profs d’Ilker Çatak, le huis clos scolaire. Évoquant d’abord le Direktør de Von Trier pour la critique presque bouffonne de procédures inadaptées à l’humain, le film vire au soap puritain et lourdingue où les enfants – invisibles – paient pour les péchés de leurs parents. [...]
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« L’Âge imminent » : d’une sublime transparence
Michael Haneke recommandait à ses étudiants en cinéma de choisir pour leur premier film un sujet qui leur soit proche, leur grand-mère plutôt que la Shoah. Le collectif catalan Col·lectiu Vigília l’a pris au mot avec le très beau L’Âge imminent dont la réalisation est partagée par Clara Serrano Llorens et Gerard Simó Gimeno. Une octogénaire vit en osmose avec son petit-fils de 17 ans, Bruno qui semble avoir renoncé à ses études et les fait vivoter en livrant des repas. Les deux n’ont aucune autre famille, et Natividad se sent décliner. Une assistante sociale apprend au jeune homme qu’une place en maison de retraite s’est libérée. L’argument simplissime, une tranche de vie additionnée d’un dilemme, est transcendé par la frontalité et la justesse du regard qui supprime tout superflu. Il suffit d’imaginer un cinéaste français s’attaquer à un tel scénario pour saisir tout ce à quoi on a échappé : pas de misérabilisme ni de sensiblerie, aucun prêchi-prêcha social convoqué pour émouvoir et rassurer le spectateur. Le naturalisme ici à l’œuvre a abandonné les béquilles de la dramatisation. On pense à certains films de Jaime Rosales sans le recours à une forme-dispositif. [...]
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