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Raskar Kapac : adeptes du déchaînement perpétuel
Les trois jeunes dandys pyromanes de Raskar Kapac sortent au Rocher une première anthologie de leur revue. Un ensemble dense, curieux, passionné, plein d’allant et d’inédits, qui fait défiler une dizaine d’irréguliers de Jean-René Huguenin à Mishima en passant par Mermoz. À cette occasion, nous avons interviewé Archibald Ney et Maxime Dalle, pendant qu’Yves Delafoy entassait du bois pour le prochain bûcher.
Entretien : Cardinal Robert Sarah : « votre identité risque de disparaître »
Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements depuis 2014, le cardinal Robert Sarah nous a reçus à Rome avant la parution de son troisième ouvrage, Le soir approche et déjà le jour baisse (en collaboration avec Nicolas Diat). Où il est question de la décadence de l’Occident, du retour de l’Europe à ses racines chrétiennes et des vagues de migrations qui submergent le continent. Le titre de votre livre, Le soir approche et déjà le jour baisse, peut sembler crépusculaire : comment faut-il l’interpréter ? Souvenez-vous des disciples d’Emmaüs. Nous sommes après la crucifixion, et tout est perdu. Il n’y a plus d’espoir. Le Christ chemine avec eux, les interroge, et ils finissent par le reconnaître. Cet évangile correspond exactement à la décadence terrible que nous vivons. Nous ne savons plus où nous allons. L’incertitude et la confusion frappent aussi l’Église. Chaque jour une nouvelle révélation touche l’Église : nous nous retrouvons comme à la mort de Jésus. Objectivement, il y a une grande crise au niveau de la foi et du sacerdoce. Mais, comme à chaque fois, nous retrouverons un jour plus brillant. C’est pourquoi j’ai écrit ce livre : pour redonner de l’espérance aux prêtres, aux évêques, et à tout le peuple de Dieu. Ce n’est pas la fin du monde, l’Église va se relever. Aujourd’hui beaucoup de chrétiens ont du mal à reconnaître le visage de la justice dans l’Église. Arrive t-elle encore à rendre une justice manifeste ? La justice reste comme cachée dans les prétoires: n’aurait-on pas besoin au contraire de voir les coupables payer ? Nous devons regarder les choses avec beaucoup de sérénité. L’Église reste sainte, sans tache, sans ride, en tant que prolongement du Christ. D’un point de vue divin, elle n’est pas en crise, elle n’est pas même coupable. Certains membres de l’Église ont commis des choses abominables, la question est indubitable. Mais il faut distinguer l’Église de ses membres: c’est nous qui sommes en crise. Regardez l’histoire : Judas a trahi, Pierre a renié ; mais n’oublions pas que Marie et Jean étaient au pied de la Croix. Faut-il être plus sévère ? Un cardinal a été démis, réduit à l’état laïc. N’est-ce pas la plus grande punition? Ce déshonneur n’est-il pas manifeste ? L’Église fait beaucoup, les États, eux, ne font rien, alors qu’ils sont concernés par les mêmes problèmes. Les [...] Suite à lire dans le numéro 19 de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Taillandier raconte François
Après de nombreux livres méditant l’histoire des cinquante dernières années ou la naissance de l’Europe au Haut Moyen-Âge, François Taillandier s’attaque à son archéologie intime dans François, roman (Stock). À partir d’une photographie de l’auteur à sept ans, il revient sur les événements qui l’ont façonné et fait de François, Taillandier. Votre récit se déploie à partir d’une photographie de vous à sept ans. Est-ce véritablement cette image qui vous a inspiré le livre ? J’avais écrit beaucoup de choses sur l’enfance, la jeunesse, sans bien savoir quoi en faire. Je suis retombé par hasard sur cette photo de classe. J’ai sept ans, et cet air un peu méfiant ou buté. Je me suis dit: c’est lui le point de départ, et j’ai tout reconstruit à partir de cet enfant, dont j’ignore bien des choses, mais qui est moi… Sept ans, on appelait alors cela « l’âge de raison ». C’est le moment où l’on sort de l’indistinct, du fusionnel, où l’on met le pied dans l’eau froide de la solitude. Depuis une dizaine d’années, votre œuvre d’écrivain semble se confondre avec un genre d’archéologie. Vous êtes passé d’un cycle historique qui revenait aux sources de notre civilisation aux sources de votre propre histoire… La Grande Intrigue, c’était déjà de l’archéologie, familiale et imaginaire. Tout partait de 1955, année de ma naissance. J’essayais d’attraper le monde tel qu’il était, tel que je l’avais vu. La trilogie qui a suivi, c’était sur un plan historique : je voulais comprendre d’où était sortie notre Europe, en partant de l’Empire romain qui était quelque chose de très différent. Je pense que j’écris pour m’expliquer le pourquoi des choses, j’ai toujours envie de retrouver les points de départ. Avec François, c’est la même démarche, de façon très intime. La question était: qu’est-ce qui a fait de moi l’homme que je suis? De quoi, avec quoi sommes-nous façonnés ?
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Renaud Camus est un écrivain, pas un assassin
L’odeur de la bête traquée attire les vautours. En cercles concentriques, ils descendent lentement, espérant les miettes du festin qui ne manquera pas d’arriver. Car on leur en laissera un peu, c’est certain. Le cadavre, toujours, révèle les charognards. Renaud Camus n’est pas mort, mais déjà ils se pressent dans l’antichambre, leur billet d’honorabilité à la main. Parmi eux, nous déplorons de compter Bruno Chaouat.
Alexandre Soljénitsyne : un océan à lui tout seul
Chaque nouvelle publication d’un livre de Soljénitsyne soulève des cris enthousiastes qui blessent les oreilles des bien-pensants. Cela dure depuis près de sept décennies, depuis la publication, déjà partiellement censurée en France, d’Une journée d’Ivan Denissovitch. Et cela démontre la puissance déferlante de cet écrivain. Non pas même une vague gigantesque, mais un océan à lui tout seul. N’en déplaise aux pisse-froid. Les éditions Fayard qui s’attellent depuis fort longtemps à publier l’œuvre inépuisable de l’écrivain russe ont édité à l’automne Révolution et mensonge, un bref opus dans lequel Soljénitsyne compare la Révolution française et la Révolution russe, démontrant que la russe est pour partie une répétition de la première, un décalque qui, par certains côtés, essentiellement malheureux, a mieux fonctionné.
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À Dieu Rodolphe !
Rodolphe Crevelle est mort dans la nuit du 15 au 16 mars 2019 à Rouen. Né à Tours le 5 décembre 1955, ce journaliste français était une forme de génie polémiste et politique, aux mille idées qu'il tentait de réaliser après les avoir publiées sous presse. Son dernier œuvre, La Doctrine anarcho-royaliste, en est une illustration, aboutissement de sa vie d'insurgé politico-littéraire.
Dominique Noguez : ivre de savoir, d’humour et de délicatesse
L’écrivain Dominique Noguez nous a quittés la semaine dernière à l’âge de 76 ans. Notre ami Olivier Maillart, critique cinématographique et romancier, lui rend ici hommage. C’est l’une des premières choses qui frappe, lorsque l’on se met à fréquenter le petit monde des lettres, ses auteurs, ses revues et ses cercles : la plupart des jeunes sont vraiment très cons. Projetés avec ardeur dans la lutte pour la reconnaissance, ils sont méfiants, retors, envieux, et c’est à qui marchera le plus méchamment sur le pied du voisin. Pris dans une espèce de concours de bite sans fin (le concours, pas la bite), ils ne voient dans les autres qu’autant d’obstacles ou d’outils à manier pour arriver plus loin. De ce point de vue, j’ai eu de la chance. Lorsque mon ami Francesco Forlani commença à m’amener aux mardis de L’Atelier du roman (ça devait être en 2002 ou en 2003), il n’y avait pratiquement que des vieux – du moins, c’est ainsi que je les voyais. Et, parmi ces personnes qui avaient déjà fait leurs preuves, qui n’avaient plus à écraser personne, qui pouvaient en toute tranquillité se montrer accueillantes et sympathiques à l’égard des petits nouveaux, il y avait Dominique Noguez.

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