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Woodstock fut-il conforme à sa légende ?
En juillet, nous fêterons le cinquantième anniversaire du festival de Woodstock et nous nous trouverons submergés par les images d’Épinal. On omettra sans doute d’évoquer le village de Woodstock où se situait précisément l’œil du cyclone, et que fréquenta Jean-Yves Labat de Rossi, « Mr Frog », le seul musicien français de cette histoire. Nous l’avons rencontré pour remettre les pendules à l’heure, et parce que L’Incorrect répond à toutes vos questions.
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Pierre Jourde : confession vidéo d’une tête brûlée
Universitaire spécialiste des écrivains fin-de-siècle (il a dirigé l’édition en Pléiade à paraître de Huysmans), critique hilarant et assassin (La Littérature sans estomac avec Éric Naulleau), romancier virtuose alliant toujours à la nostalgie le comique féroce, Pierre Jourde est l’un des grands noms de notre littérature actuelle. Passionné d’arts martiaux, l’écrivain avait intérêt à savoir encaisser les coups.
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Yeo Siew Hua : SINGAPOUR ÎLE HALLUCINÉE
Avec Les Étendues imaginaires, le réalisateur Yeo Siew Hua nous offre une plongée lynchienne somptueuse dans la machinerie du « miracle » économique de Singapour. Nous l’avons rencontré avec l’actrice principale de son film, Luna Kwok, dans le salon d’un hôtel parisien, pour qu’ils éclairent ce songe fascinant. Propos recueillis par Romaric Sangars et Arthur de Watrigant Pouvez-vous résumer pour nos lecteurs la situation singulière de Singapour ? Yeo Siew : Depuis cinquante ans, en raison du « miracle économique », Singapour est une île qui a accru sa superficie de 25 % en important du sable pour l’amasser sur ses côtes. En plus de cette expansion horizontale, Singapour s’est aussi élevé verticalement après avoir ravalé ses collines. Ces deux processus conjoints de transformation ont radicalement changé le paysage. J’ai toujours été fasciné par cette expansion, puis j’ai commencé à m’y intéresser de plus près et j’ai alors découvert que 99 % de ces changements dépendaient du travail des migrants, lesquels représentent aujourd’hui un habitant de Singapour sur quatre. L’île se métamorphose perpétuellement grâce à cette immigration qui demeure invisible pour la population native. Ce n’est pas tant que la société ferme les yeux sur cette « autre facette » de l’île qu’elle n’est jamais amenée à la voir. Si votre film s’ancre dans un lieu très spécifique, il illustre des problématiques liées à la globalisation économique auxquelles nous sommes aujourd’hui tous confrontés… YS : Singapour s’est toujours considéré comme un pays devant s’adapter au reste du monde et avec ce processus de modification permanente, il est obligé d’imaginer continuellement son industrie et sa démographie. C’est par ce besoin perpétuel de se réinventer que Singapour détruit son histoire. Moi-même, j’ai l’impression de vivre là-bas dans une espèce de rêve puisque lorsque je recherche des souvenirs dans les lieux de mon enfance, comme par exemple l’endroit de mon premier baiser, eh bien, ça n’existe plus! Or, quand je rencontrais des personnes migrantes pour préparer ce film, je me rendais compte qu’elles ressentaient la même chose que moi et quand je leur demandais de résumer leur expérience de Singapour, elles me répondaient très souvent que cela ressemblait à « un rêve ». Pas un rêve au sens heureux du terme, non, dans leur optique, il s’agissait plutôt d’une sorte d’hallucination collective. C’est cette réflexion qui est à la base des Étendues imaginaires. Après, pour la classe moyenne intégrée, Singapour peut aussi être considéré comme (….) A découvrir dans le nouveau numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
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Stan & Ollie : le crépuscule d’un tandem
1953. Laurel et Hardy se lancent dans une tournée à travers l’Angleterre. Désormais vieillissants et oubliés des plus jeunes, ils peinent à faire salle comble. Mais leurs capacités à se faire rire mutuellement et à se réinventer vont leur permettre de reconquérir le public et de renouer avec le succès. Touchant. Stan & Ollie s’ouvre sur un merveilleux plan séquence de six minutes en guise de prologue qui plonge aussitôt le spectateur au cœur d’un studio hollywoodien. Nous sommes en 1937, Stan Laurel et Olivier Hardy, au sommet de leur gloire, quittent leur loge pour se rendre sur le plateau de tournage. Ils parlent pognon et statut – dialogue annonciateur de leur déclin.
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Inexperte en humanité
Dans un souci de pluralisme, nous laissons Pierre Cormary proposer une critique de Grâce à Dieu, de François Ozon très différente de celle de notre cinéphile attitré, Arthur de Watrigant. L'Incorrect laisse à Pierre Cormary l'entière responsabilité de ses propos. Les parents n’aiment pas trop qu’on touche au passé. « Ce que dit ton père est que tu as toujours été doué pour remuer la merde », dit la mère à son fils Alexandre (Melvile Poupaud, très concerné), qui, enfant, fut victime des attouchements du père Preynat. De son côté, le père d’Emmanuel (Swann Arlaud, écorché mort) ne comprend pas pourquoi son fils revient toujours sur ce passé lointain au lieu de « faire quelque chose de sa vie ». Le frère de François (Denis Ménochet, la rage en larmes), lui, est encore plus radical : « la vérité est que tu nous emmerdes avec ton histoire de curé ! »
Encore un effort pour entrer dans le XXIe siècle
Les débuts des siècles précédents avaient des manières directes. On ne pouvait plus percevoir le monde selon la même perspective après l’épopée napoléonienne ou le fracas de 14-18. Baptêmes collectifs sanglants, ils avaient le mérite de vous mettre au diapason tout un peuple au moment de changer de tonalité. Le siècle n° 21, lui, démarra certes, en 2001, le même jour de septembre pour l’ensemble du globe, mais si le choc fut clair, il fut aussi diffus, virtuel, celui d’une simple image relayée en boucle. De là, peut-être, notre difficulté à prendre pleinement conscience des basculements, des enjeux, des zones où désormais croît le danger mais où croît aussi ce qui sauve. La plupart des verres sont périmés. Ceux que portent François Bégaudeau ou Édouard Louis, par exemple, ces écrivains dont l’écriture est soumise à une sociologie grossière, elle-même dépendante d’une eschatologie marxiste dont les visées sont non seulement ridicules (être égal dans le vide avant de crever), le déterminisme affligeant, mais dont la forme, surtout, est une caricature des logorrhées de leurs pères (voire de leurs grands-pères en ce qui concerne le Tintin prognathe), ces verres, donc, datent d’il y a déjà dix lustres – voire un siècle et demi. DAU, le gigantesque projet du réalisateur russe Ilya Khrzhanosky qui fut lancé ce mois-ci à Paris prend les choses exactement où Bégaudeau et Louis les projettent encore : la fabrique soviétique de l’homme nouveau, une fois le bourgeois ou le « dominant » au Goulag, et l’horizon scientifique et égalitaire.
Marie Stuart, Reine d’Écosse : le destin d’une reine
Son destin était tracé, elle devrait être reine de France. Cependant la providence en décida autrement. Elle mourut outre Manche en martyr catholique. La réalisatrice Josie Rourke a réussi à mettre de la clarté dans un monde obtus et trop souvent cloîtré. Un film porté par le talent d'une étoile montante, Saoirse Ronan.Ce film ôte le voile d'une époque clef pour comprendre l'histoire mondiale, malheureusement méconnue. Cette seconde moitié du XVIème siècle témoigne la primauté espagnole partout, en Europe et au-delà de l'Atlantique. Pourtant la France (seconde puissance continentale) commence sa longue route qui la mènera à Rocroi.

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