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Les soleils du déclin
La rentrée de janvier est la seconde grande salve, après septembre, de productions littéraires, selon le calendrier inflexible des rites hexagonaux. Celle-ci sera dominée par le nouveau roman de Michel Houellebecq, à raison, tant l’écrivain se surpasse dans Sérotonine et offre une perspective fulgurante sur l’époque tout en dégageant une ligne de fuite. Mais derrière cette rare coïncidence entre succès et puissance réelle, se cachent un certain nombre d’autres figures considérables nous dispensant des preuves de leur folie supérieure : le titan Volodine, par exemple, chamanique et terminal, dont le rêve n’en finit pas de proliférer en renouvelant ses obsessions; Pierre Jourde, le boxeur des lettres, nostalgique et corrosif, un vrai poids lourd, que nous évoquerons le mois prochain. Mais il y a encore ces illuminés, Tristan Garcia, Simon Liberati, qui, pour le meilleur et pour le pire, assignent encore à la littérature des missions démentes.
Littérature 2018, le top/flop de L’Incorrect
Une année littéraire assez molle dans l’ensemble, une rentrée de septembre sans polémique, ni fracas, ni surprise (on ne peut pas dire qu’on ne s’attendait pas à la médiocrité du dernier Angot), des prix littéraires à la fois moins prescripteurs que jamais mais également moins absurdes. Une production ressemblant à un gros tas de merde général qui résulte des contraintes du Marché d’un côté, de la déculturation des Français de l’autre ; et un beau nombre de pépites, pourtant, comme L’Incorrect a su, toute l’année, en extraire pour vous.
Hubert de Torcy : RECONNECTER LE SPECTATEUR AU CRÉATEUR
Distributeur de films d’inspiration chrétienne, SAJE distribution ambitionne de mettre le spectateur en contact avec les Évangiles à travers le cinéma. Un vrai défi au sein d’un milieu singulièrement déchristianisé. Rencontre avec son directeur, Hubert de Torcy. Comment s’en sort-on, aujourd’hui, quand on est un distributeur indépendant ? L’offre pléthorique rend la distribution très difficile, mais notre fort, c’est d’être dans un cinéma de niche. Notre argument est de pouvoir dire : « Pour ce film-là, vous n’avez peut-être pas vu d’affiches dans le métro, mais le public concerné sait qu’il existe et il aura envie de venir le voir. » Bénéficiez-vous de subventions ? Pour les quelques films que nous avons distribués, nous n’avons jamais eu gain de cause auprès du CNC (N.D.L.R.: Centre national du cinéma et de l’image animée). Ils ne vous diront pas que c’est pour des raisons de message, mais enfin il semble que la vraie diversité que nous représentons face à celle, monochrome, du CNC, n’ait pas l’heur de plaire. Est-ce parce qu’ils sont officiellement « d’inspiration chrétienne » ? Ils ne l’écriront pas, mais je constate qu’ils boudent des films comme Lettres au Père Jacob, ou Tout mais pas ça, des films d’auteur européens, qui sont pourtant encensés par la critique, y compris la critique bobo parisienne. Pour beaucoup de gens, la laïcité doit se traduire par une forme d’athéisme officiel, il faudrait une absence totale de Dieu dans les films. Ce sont les raisons que m’opposent les chaînes de télévision. Elles auraient l’impression de commettre un (...) A découvrir dans le numéro de décembre et en ligne pour les abonnés
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Hiner Saleem : « LES KURDES SONT AUJOURD’HUI COMME LES JUIFS EN ALLEMAGNE DANS LES ANNÉES 30 »
Amoureux du cinéma, Hiner Saleem s’approprie le polar avec Qui a tué Lady Winsley ? Fergan, inspecteur, doit résoudre l’énigme du meurtre d’une romancière américaine, alors que celle-ci écrivait sur une île turque ancrée dans ses traditions. Le réalisateur kurde né en Irak parvient à évoquer la minorité à laquelle il appartient avec légèreté dans un film hors du temps. Rencontre.   Après le western, vous vous attaquez au polar. Pourquoi ces choix d’univers codifiés des films de genre ? Je n’aime pas m’enfermer dans un seul style de cinéma, j’aime tout. J’ai fait des westerns, des comédies, des films « poétiques » comme Vodka Lemon. Il me manquait un polar, genre que j’affectionne particulièrement, surtout les polars américains des années 40 et 50, mais j’avais envie de faire un polar un peu intemporel. Le polar repose avant tout sur une mise en scène, une atmosphère, des cadres, c’est quelque chose de très artistique et érotique à la fois : une jouissance visuelle. Par ailleurs, l’écriture du polar est très spécifique : il s’agit d’accrocher le spectateur dès le début et de ne pas relâcher la pression jusqu’à la fin. Vous mettez en scène une société très traditionnelle dans son île. Où situez-vous l’inspecteur Fergan dans son rapport à la modernité ? C’est le citoyen turc de demain, ouvert, pas un nationaliste refermé sur lui-même. La Turquie est un pays extrêmement paradoxal : quand vous allez à Istanbul, vous avez l’impression d’être au Portugal ou en Grèce, vous croisez des hommes et des femmes assez ouverts, même si, aujourd’hui, on croise davantage de femmes voilées. Mais si vous allez dans des petites villes, cela ressemble un peu plus à la Jordanie et au Maroc qu’à cette Turquie à un pas de l’Europe. Les deux coexistent. Évidemment, j’ai envie que le décolleté gagne sur le tchador. Je crois que (...) A découvrir dans le nouveau numéro de L'Incorrect et en ligne pour le abonnés
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Essais 2018, le top/flop de L’Incorrect
Une année 2018 placée sous le signe de l’identité : qu’elle soit politique, anthropologique, ou culturelle. Une année durant laquelle chacun, quelque soit son camp, de gauche ou de droite, s’est employé à refonder, à définir une base, excepté  en ce qui concerne notre président, Emmanuel Macron, qui réformant à tout va à simplement fini par se faire « baser » comme le disent les jeunes que nous ne sommes plus. Aussi, afin de l’imiter et puisque la catastrophe est toujours certaine, voici ce qui nous fait office de base pour préparer 2019.
Fallait-il bombarder Berlin ?
Était-il de bon sens de larguer autant de bombes pour achever la Seconde guerre mondiale ? Les Américains, qui ont mis fin à la guerre en bombardant Hiroshima et Nagasaki, répondraient oui sans barguigner. Bien que Churchill ait douté du bienfondé du bombardement de Dresde – quelques semaines après qu’il eut lieu – la RAF tient la première place sur le podium des bombardements, pour le plus grand plaisir des Soviétiques, qui s’étaient fait une spécialité des attaques au sol – le viol systématique des femmes y compris, en témoignent les deux millions de victimes allemandes (100000 à la « libération » de Berlin). Mais le bon sens est-il de mise en période de guerre ? OUI. CELA OFFRE DES TÉMOIGNAGES INTÉRESSANTS Vue du ciel ou de la terre, une bombe n’a pas la même allure, pas précisément la même portée, la note qu’elle chante sonne différemment. Placer les deux livres inédits en France que sont Berlin Finale et Bombes larguées en regard l’un de l’autre présente un intérêt historique, plus que littéraire. Bombes larguées, que John Steinbeck publia à l’invitation de son gouvernement, vingt ans avant de recevoir le prix Nobel, est un livre de propagande du plus grand intérêt historique. Le roman de Heinz Rein, qui connut un large succès populaire lors de sa publication en Allemagne en 1947, n’est pas du plus beau style germanique, mais c’est un bon feuilleton journalistique dont l’intrigue, malgré quelques grosses ficelles, nous emporte, et qui a la grande qualité de dévoiler les derniers jours du IIIe Reich vécus de l’intérieur par une poignée de Berlinois et de montrer l’horreur du nazisme en Allemagne même. (...) A lire en ligne pour les abonnés ou a découvrir dans le dernier numéro de L'Incorrect.
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