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L’édito de Romaric Sangars : Anti-Puritan League
Frédéric Taddéï a animé durant une dizaine d’années une émission remarquable sur la télévision publique : trente ans après Polac, une culture du débat était à nouveau possible, et des intellectuels, des universitaires, des écrivains, des journalistes, des artistes, échangeaient librement sur toute sorte de sujets d’actualité et depuis des positions variées. L’animateur arbitrait avec discrétion et élégance, distant, subtil, impénétrable - un Français du XVIIIe tentant de recréer les conditions d’un salon au sein d’un univers médiatique toujours plus plombé. Depuis, la plupart des émissions rassemblent des actrices, des comiques et des sociologues qui s’émeuvent de la règle, moquent ceux qui y dérogent ou la rappellent avec des arguments pseudo-scientifiques. À la fin du spectacle, on constate un tel phénomène de glaciation de la pensée qu’il faut sans doute nettoyer le givre accroché aux micros. À comparer, la Russie de Poutine offre un climat qui peut sembler méditerranéen.
Prince noir de la folk
Si la « dark folk » est un mouvement musical typiquement européen, il en existe une version américaine tout à fait probante incarnée par King Dude, sorte de Leonard Cohen sous captagon. Son dernier album, Music to make war to, le prouve encore. À l’attaque ! Avatar (ou plutôt doppelgänger) de Johnny Cash, le folkeux King Dude a inventé un mélange aussi improbable qu’intéressant entre blues, americana (synthèse country-rock), batcave et dark folk apocalyptique. S’il plane sur les compositions du roi de la folk noire US un parfum aux relents de soufre et si la noirceur de ses titres exprime une certaine fascination pour le côté obscur de l’humanité, King Dude n’en est pas moins versé dans la mystique chrétienne. Fasciné par les cathares, l’artiste s’apparenterait à un chrétien hérétique des temps modernes qui aurait placé la dualité entre sexe et religion au cœur-même de son œuvre.
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Siffler en travaillant
Mais ce n’est pas possible d’être aussi malpoli! Vous l’avez entendu comme moi, non ? Ce monsieur en costume qui sifflait à tue-tête à nous casser les oreilles? » Prenant à partie son mari Lucien de S. et leur ami E., qui raccompagnait le couple après un cocktail bien arrosé, Chantal, comme à son habitude, prétendait énoncer des vérités éternelles – siffler dans la rue, c’est malpoli – se fondant pour ce faire sur l’autorité insurpassable de sa grand-mère Trompier-Gravier, qui les lui avait inculquées dès sa prime enfance. Mais son pauvre mari ayant rendu les armes depuis belle lurette, c’est vers E. qu’elle se tourna imprudemment pour obtenir une approbation en bonne et due forme : « N’est-ce pas, mon cher, que ça ne se fait pas... »
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Un siècle de mangas, l’éternité d’une sainte
Notre correspondant esthète Richard de Seze a sillonné les expositions d’été pour indiquer à nos lecteurs où se rendre ce mois-ci avant que ne débute la nouvelle saison. Dans les vieilles cités de Nantes et Orléans, affirme-t-il, pour s’imprégner de l’esthétique manga et se laisser à nouveau éblouir par la sainte Pucelle. Mangas à Nantes L’Asie produit des voitures, des téléphones et des touristes qui, inexplicablement, adorent venir se faire photographier à Paris, en tenue de mariage, tôt le matin. Sinon, l’Asie produit des dragons, des nuages aux contours nets et compliqués et les fantômes les plus horribles qui soient. C’est aussi un continent où la bande dessinée est si populaire que les fascicules s’y écoulent par millions [...] Suite dans le numéro 12 de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Un peuple et son roi : un beau gâchis.
Après un brillant  L'Exercice de l’état , Pierre Schoeller poursuit son exploration du lien entre peuple et pouvoir, cette fois-ci armé d’un budget XXL, en convoquant tout le gratin du cinéma français au début de la révolution française. Un beau gâchis.
Ceux qui ont capturé l’image et le son
Dans Au Clair de la lune, Christophe Donner fait s’entrecroiser avec maestria les destinées de deux inventeurs français qui ont défini notre perception moderne du monde. Quand Nicéphore Niépce prend la première photographie de l’Histoire, Édouard-Léon Scott de Martinville laisse la première gravure d’une voix humaine en chantant la célèbre comptine qui donne son titre au livre. Ils n’obtiendront ni la fortune ni la gloire, mais, un siècle et demi plus tard, l’hommage d’un roman trépidant. Rencontre avec son auteur. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser à Nicéphore Niépce et Scott de Martinville ? C’est parti de mon goût pour les courses. Il se trouve que c’est à partir des chevaux de course qu’on a fabriqué le cinéma – en tous les cas, la photographie instantanée. En effet, il s’agissait, au départ, de décomposer le mouvement d’un cheval de course. Financée par Stanford, cette opération avait été commandée à [...] Suite dans le numéro 12 de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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In memoriam V. S. Naipaul (1932- 2018)
« Un des derniers écrivains qui nous liaient à notre passé. Il nous manquera un écrivain de la stature de Naipaul, qui soit une grande conscience intellectuelle de son époque ». Peut-être cet aveu de l’amie qui m’apprit la mort de Naipaul contient-il l’écho de cette unique déclaration que fit l’écrivain dans les coulisses de la remise de son prix Nobel : « J’ai été récemment à une messe dite pour la mort d’un ami et j’ai été ému par la beauté du rite. La beauté du rite chrétien et son alliance avec le droit romain me suffisent pour vouloir défendre cette civilisation ».« Un des derniers écrivains qui nous liaient à notre passé. Il nous manquera un écrivain de la stature de Naipaul, qui soit une grande conscience intellectuelle de son époque ». Peut-être cet aveu de l’amie qui m’apprit la mort de Naipaul contient-il l’écho de cette unique déclaration que fit l’écrivain dans les coulisses de la remise de son prix Nobel : « J’ai été récemment à une messe dite pour la mort d’un ami et j’ai été ému par la beauté du rite. La beauté du rite chrétien et son alliance avec le droit romain me suffisent pour vouloir défendre cette civilisation ». C’est le poète russe Joseph Brodsky qui [...] Suite dans le numéro 12 de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Jean Piat, le dernier mousquetaire du théâtre français
Disparu à 94 ans, celui qui incarnait l’âme française, était un merveilleux comédien et un acteur hors-pair, une des plus belles voix, véritable monument du théâtre français. Mais qui se souvient qu’il fut le Costals des Jeunes filles, de Montherlant, adapté pour la télévision ?        Évoquer la figure de Jean Piat est en quelque sorte rendre hommage à l’éloquence française. À cent lieux des artistes « modernes » de ce début de siècle englué dans le misérabilisme culturel, Jean Piat restait un survivant, le dernier garde fou des jansénistes de la langue française, l’œil vif, et la verve combattante. Le dernier panache, c’est lui. Un mousquetaire des mots. Avec lui tout était élévation. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard, si Philippe de Villiers a fait appel à lui pour l’hommage qu’il rend au Puy du Fou à Charrette, dans un spectacle haut en couleur, quarante ans après avoir été la voix de Jacques Maupillier, le récitant de la première Cinéscénie, et que j’ai eu le plaisir d’écouter il y a peu pour la dernière de la saison. Une voix de velours d’une rare sensualité, tragique et légère à la fois. C’est encore à lui que Philippe de Villiers demanda de lire un grand texte sur la Vendée meurtrie, quand en 1993, Soljenitsyne vînt pour la première fois aux Lucs-sur-Boulogne rendre hommage aux victimes du génocide.

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