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François-Régis de Guényveau : « Doit-on croire que le progrès de l’homme passe par la fusion avec la machine ? »
Auteur du remarqué Un dissident (Albin Michel) en septembre, le jeune romancier Guényveau s’inquiète de la tendance « fusioniste » qui nous promet un mariage serein avec dame Machine. Propos à contre-vent. Ton tout premier roman traite de la question du transhumanisme, c’est un sujet qui t’inquiète particulièrement ? Le transhumanisme, c’est un rejeton de la modernité à l’heure de l’économie de marché. Ce qui m’inquiète surtout, c’est son succès garanti : d’un côté, une pensée simplifiée de l’homme et du monde, aussi binaire qu’un code informatique ; de l’autre, le culte du fric et l’expansion de l’homme soi-disant augmenté par simple effet de mimétisme. Ton héros, Christian, se caractérise par de profondes carences en « humanité », on a l’impression en te lisant que le transhumanisme déshumanise, c’est le cas ? Le transhumanisme nous promet un humanisme « augmenté » par la technique. Premier soupçon : qui peut se dire augmenté par rapport aux autres ? L’ironie de l’histoire veut que les progressistes de la Silicon Valley en viennent à définir un nouveau rapport de force entre (...)
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Morrissey : un destin anglais
Jadis icône des Inrocks, qui ont apposé leur logo sur la réédition augmentée de l’album culte des Smiths, The Queen Is Dead, Steven Patrick Morrissey fait désormais figure de pestiféré. Mais quel crime a-t-il donc commis, hormis oser se souvenir du « monde d’avant »? L’actualité du « Moz » est chargée : un nouvel album chez BMG, « Low in High School », un film, England Is Mine, sur son adolescence pré-Smiths avec Roger O’Donnell (clavier des Cure) pour producteur exécutif. Pourtant, la presse semble davantage se focaliser sur ses propos que sur son travail. Parce qu’à notre époque intoxiquée à la moraline, il semble désormais impossible d’apprécier un artiste s’il s’est rendu coupable de ce qu’elle-même nomme une « sortie de route ». Les relations conflictuelles entre la presse et Morrissey ne sont pas neuves: elles remontent au siècle dernier et aux colonnes du New Musical Express. Rappelons qu’avant de subir une lente décadence au tournant du millénaire puis de devenir un vulgaire prospectus, le NME faisait et défaisait les carrières des années 60 aux années 90. Pour des générations de fans de pop music, et dans un pays qui en a fait sa religion, l’hebdomadaire musical était à l’avantgarde des tendances, capable même d’imposer des inconnus en couverture. Dans sa biographie publiée en 2013, le « Mozzer » rappelle que, dès le quatrième album des Smiths, « The Queen is dead » en 86, s’était achevée une lune de miel débutée en 1982 avec les deux « weekly » les plus influents d’alors, le NME donc, et le Melody Maker. On ne brûle jamais que ce que l’on a adoré – surtout si l’objet d’adoration ose passer d’un label indépendant à la major EMI, ce qui relève quasiment d’une faute idéologique. Un journaliste du NME avait alors écrit que Morrissey l’aurait reçu en tutu ! L’énormité de la nouvelle n’empêche pourtant pas de nombreux fans d’y croire. À la même période, un musicien raté de Manchester donne au Melody Maker une interview fictive ridiculisant le chanteur. Et en sus, alors qu’il se fait évincer des Smiths, selon lui par jalousie, le Mancunien connaît en solo un énorme (...)
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Stronger, Revenge et England is mine : tour d’horizon des sorties ciné de la semaine
[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1518012615191{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »] Stronger, Revenge et England is mine : que faut-il voir ou ne pas voir au cinéma cette semaine.     STRONGER De David Gordon Green Avec Jake Gyllenhaal, Tatiana Maslany, Miranda Richardson En ce 15 avril 2013, Jeff Bauman est venu encourager Erin qui court le marathon : il espère bien reconquérir celle […]
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Rencontre avec FGKO, réalisateurs de Voyoucratie

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Voyoucratie un film sombre, parfois brillant et libre d’aucune lourdeur idéologique. Une antithèse de « La Haine », qui préfère la captation d’un réel sans concession ni maquillage à la stylisation d’une banlieue fantasmée. Rencontre avec les deux réalisateurs.

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_video link= »https://vimeo.com/254558117″][/vc_column][/vc_row]…

POTIER SIMPLE FLIC (DE LA PENSEE)
Le flic Potier et sa brigade sont de retour avec « l'affaire » Maurras, autre écrivain dont il a découvert l'antisémitisme Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (la bien nommée DILCRAHLGBT) est un jeune homme dans le vent (nauséabond de l'Histoire). Il a réussi à faire parler de son machin ministériel à l'occasion de « l'affaire » des pamphlets de Céline (écrivain), dont il découvrait l'antisémitisme avec stupeur : « Ce sont des ouvrages carrément [sic] antisémites et racistes. J’ai relu hier soir une partie de ‘L’École des cadavres’, qui date de 1937 [de 1938] : il ne s’agit pas d’une version soft [sic] du ‘Voyage au bout de la nuit’, mais d’incitation à la haine pure et dure », déclarait-il à l'AFP. C'est un homme carrément courageux, car, selon Serge Klarsfeld, lire les pamphlets de Céline est susceptible de vous donner l'envie d'abattre un Juif dans la rue (en criant Allah Akbar ?). Ce qui serait en effet fâcheux pour le délégué de la DILCRAHLGBT. Et d'ailleurs, Potier Frédéric prétend qu'il a « relu » L'Ecole des cadavres. Ce qui signifie qu'il l'avait déjà lu ? C'est quelque peu inquiétant. Et c'est aussi méprisant pour les Français qui n'auront pas le droit de lire les pamphlets dont Potier a obtenu la non-publication (pour ne pas dire la censure préventive) : eux sont des débiles perméables à l'antisémitisme de Céline, tandis que lui, qui a fait l'ENA, est capable de lire tout cela avec du recul. Le flic Potier et sa brigade sont de retour avec « l'affaire » Maurras, autre écrivain dont il a découvert l'antisémitisme. Il suffit en effet de prononcer le mot pour condamner. Parce que les Macronours, les Bisounours de Macron qui repeignent le monde en arc-en-ciel, n'aiment pas la complexité, la réflexion, les nuances de gris. Maurras est pour eux l'homme du « nationalisme intégral » (bouh, ça fait peur des mots méchants comme ça !), de l'antisémitisme d'Etat, mais il écrivait en 1937 dans l'Action Française, la même année d'ailleurs que Bagatelles pour un massacre de Céline : « L'antisémitisme est un mal, si l'on entend par là cet antisémitisme de peau qui aboutit au pogrom et qui refuse de considérer dans le Juif une créature humaine pétrie de bien et de mal, dans laquelle le bien peut dominer. On ne me fera pas démordre d'une amitié naturelle pour les Juifs bien nés. » Lire aussi : Céline, nous avons lu les pamphlets polémiques Maurras, bien né il y a 150 ans et dont le nom avait été inscrit dans la liste des commémorations nationales 2018 sur la proposition de Danièle Sallenave, Jean-Noël Jeanneney ou Pascal Ory (sans doute des crypto-antisémites...) a été éjecté après l'intervention de la ministresse de la culture Nyssen Françoise, confirmée par l'expert-flic Potier. Ce dernier a déclaré que non c'était carrément pas possible de parler de Maurras en 2018 parce que : « Commémorer, c'est rendre hommage ». Enalphabète ! Il a beau avoir fait l'ENA, il pense comme un ANE. Commémorer, c'est pourtant simple, cela veut dire se souvenir ensemble, faire acte de mémoire. Cela veut dire regarder notre Histoire en face. La clique macroniste préfère réécrire l'Histoire. Ce sont des révisionnistes. Maurras n'a pas existé en France. Céline n'a pas écrit de pamphlets antisémites (en les censurant, on les fait disparaître de son corpus). Au lieu de pourchasser les morts, les Macronours devraient s'occuper des vivants, de ces Juifs de France contraints de quitter leur quartier à cause non pas de lecteurs de Maurras ou de Céline, mais d'islamistes capables de tuer des enfants ou de jeter des vieilles dames par les fenêtres.
L’édito de Romaric Sangars : lettre à Leïla Slimani
Chère Leïla, je sais que tu crois bien faire, mais décidément, tu t’y prends mal. Conseillère en francophonie pour le compte d’un prince entouré de nombreux débutants grossiers aussi étonnés que nous le sommes de se trouver là où ils sont, tu ne te distingues guère de cet aréopage, avec ta récente déclaration selon laquelle notre langue serait « cool » - raison pour laquelle je me permets de te tutoyer, comme les Anglo-Saxons, puisque tel est ton élément -, et aussi, as-tu osé ajouter, que loin d’être une langue de « boudoir » ou de « lettrés », le français serait « pratique pour obtenir un emploi ».
Cinéma : Rencontre avec Aktan Arym-Kubat, réalisateur du magnifique Centaure
Alors que son film Centaure, primé au festival de Berlin, sort ce mois-ci dans les salles, nous nous sommes entretenus avec Aktan Arym-Kubat, réalisateur kirghize aussi subtil qu’éblouissant. Parce que de ce petit pays dont vous ignorez tout, vient un grand maître. Centaure est introduit par une séquence très western, on y trouve autant de gravité que de légèreté. Pourquoi ce parti pris de mélanger les genres ? Effectivement, c’est un vrai choix de mélanger les genres et si vous avez peut-être vu certains de mes films précédents, j’ai toujours procédé de la sorte. Bien sûr, au départ, mon intention est surtout de capter l’attention du spectateur avant de lui proposer l’histoire que je veux lui raconter. Mais il se trouve également que la vie, en elle-même, est très éclectique et que j’essaie d’être au plus proche de ce qu’est la vie. Votre cinéma est très pudique, autant dans la mise en scène que dans l’attitude des personnages. Rien n’est démonstratif, sinon une main posée sur l’épaule de Centaure. Est-ce que vous vous imposez un éthique de la forme ? Nous sommes un peuple très réservé qui ne parle jamais directement, mais par associations, des détours, des gestes, des silences. Je peux par exemple parler au voisin de mon interlocuteur, pour que ce dernier m’entende mieux. J’ai le sentiment que le cinéma doit être aussi assez réservé, pas forcément pudique, mais en retenue. À ce propos, qu’est-ce qui a présidé à cette idée de personnage de femme muette ? Personnellement, je ne supposais pas que la femme de Centaure serait muette, c’est une idée de mon coscénariste, qui s’appelle Ernest. Je lui ai demandé : « Ernest, pourquoi as-tu souhaité que la femme de Centaure soit muette ? » Il a ré- pondu : « Je préfère quand les femmes ne parlent pas! » Hormis cette boutade, je ne sais pas vraiment quelle idée l’a poussé à faire ça, mais j’ai trouvé que c’était intéressant. Grâce à ça, j’ai réussi à élaborer une certaine plasticité autour du personnage. Mais c’est aussi très symbolique. Comme en français, on parle, en russe, de « langue maternelle », c’est-à-dire que la langue se transmet par la mère, avec le lait de la mère. Or, au Kirghizstan, les malentendants et muets ne parlent que russe, si bien que dans le film, le personnage que je joue parle à sa femme en russe ; elle ne comprend pas le kirghize et ne peut lire sur les lèvres que du russe. Cette situation devient ainsi un symbole de la perte de la langue kirghize, à cause de l’influence historique de l’Union soviétique. Il y a aussi une critique très corrosive de l’offensive salafiste au Kirghizstan. En France, l’islam est un sujet particulièrement difficile à aborder. Comment cette critique est-elle perçue chez vous ? La société au Kirghizstan est divisée entre ceux qui soutiennent plutôt les islamistes et ceux qui s’y opposent. La scène finale du film où on juge Centaure représente exactement cette situation. Au Kirghizstan, les politiques préfèrent éviter le sujet: pour eux les croyants font surtout partie de l’électorat, et la droite comme la gauche ont besoin de voix, qu’elles soient islamistes ou pas. Du coup, personne n’aborde vraiment le problème, alors-même qu’il devient toujours plus (...)
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Baron Noir saison 2 : la solitude du pouvoir
Baron Noir est une série éducative. Elle constitue un accès privilégié aux coulisses de la vie politique que les Français ne connaissent, le plus souvent, que de loin.

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