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Monique Gosselin-Noat « Des héros déchirés entre le mal et la grâce »
Le romancier Bernanos paraît décalé à notre monde mais les questions qu’il pose nous assaillent toujours, même si nous n’en sommes pas conscients. Le romancier de la grâce et du surnaturel est-il encore accessible à nos contemporains ? Enseignante à l’université, je me suis aperçue à l’usage que beaucoup parmi mes étudiants, vaguement catholiques, recherchaient quelque chose de plus profond, et notamment des réponses au mystère du mal. Les cours que je professais sur Bernanos m’ont révélé que son œuvre était comprise même au-delà du public catholique. Bernanos peut, malgré la sécularisation de la société, répondre à de grandes questions. Mon livre est un guide pour pénétrer dans cet univers, où Bernanos met en scène la souffrance, la vie, la mort, l’amour ou l’impossibilité d’aimer. Il pose ces questions, mais ne donne pas de réponses toutes faites: il les déploie à travers ses héros déchirés entre le mal et la grâce. Nombreux sommes-nous à pouvoir y trouver un sens.
La médaille de la qualité
Il n’y a pas qu’aux JO que nos athlètes brillent. Les nombreux salons viticoles et gastronomiques organisés en France sont le moyen de récompenser nos champions agricoles et la qualité des produits des différents terroirs. Or, argent ou bronze, les médailles fleurissent sur les bouteilles, les fromages, les gâteaux… Pour l’amateur, il peut être alors difficile de s’y retrouver. Deux concours méritent une attention particulière : celui des Vignerons indépendants et le Concours général agricole, organisé lors du Salon de l’Agriculture. Y étant juré depuis plusieurs années, je peux témoigner du sérieux de leur organisation et de la forte sélection qui y est pratiquée. Les produits sont d’abord testés en région et seule la moitié des échantillons peuvent monter à Paris pour le concours final. Les Vignerons indépendants ne médaillent que les vins, de toutes les régions de France ; le CGA teste de nombreux produits: vins, charcuteries, fromages, poissons, conserves, bières… (lire la suite en vous abonnant à L'Incorrect)
Stark and Sons : les habits neufs de la tradition
Sise depuis 1910 au 16 rue de la Paix, la maison Stark and Sons est porteuse d’un héritage important en France : celui de l’art tailleur. Rachetée par une autre maison bien connue des élégants, Camps de Luca, Stark and Sons, dirigée par Charles et Julien de Luca propose une grande mesure « abordable », et surtout entretient l’excellence de l’artisanat français. Nous sommes allés à leur rencontre, dans leur feutré salon du Ier arrondissement de Paris. Ce qui frappe d’emblée dans les locaux partagés par Stark and Sons et Camps de Luca, c’est la quiétude des lieux. On sent pourtant qu’on ne chôme pas, mais tout est baigné dans une tranquillité reposante. Un havre de paix et d’élégance, à mille lieues des boutiques de prêt- à-porter, aux couleurs criardes et aux néons agressifs. On est accueilli par Charles, impeccable dans son costume (taillé par ses soins), et déjà vêtu d’un tablier. L’homme est passionné par son métier, qu’il a appris en regardant son père, Marc de Luca. (lire la suite en vous abonnant)
Les imbéciles et les robots
La France contre les robots de Bernanos comme le Contr’un de La Boétie ont été écrits pour alerter les hommes sur le plus grand danger qui les guette : la soumission. Bernanos nous montre que la tyrannie est désormais exercée non par un homme mais par une idéologie technique dont nous devenons toujours plus complices. L’ennemi qui vient, ce n’est pas seulement le robot, mais celui que nous laissons croître en nous. Ecrit en 1944 au Brésil où Bernanos est en exil – sous la forme d’une allocution offerte au Comité central de la France libre – ce texte d’une centaine de pages fut publié en 1947. Il avait d’abord pensé l’intituler « Hymne à la Liberté », mais il sonne davantage comme une « proclamation aux imbéciles ». « L’imbécile », chez Bernanos, c’est la figure de l’homme moderne, livré aux loups de la spéculation et du profit, auquel il s’adresse fraternellement, en chrétien. En 1944, les vainqueurs se disputent déjà le « futur empire économique universel ». Ennemi du nazisme et du fascisme, Bernanos renvoie dos à dos la Russie, l’Angleterre et les États-Unis, car « les régimes jadis opposés par l’idéologie sont maintenant étroitement unis par la technique ». Il convient donc d’être révolutionnaire, de manière « absolue » (et il renvoie au moment du Peuple, en 1789), non pas dans le sens d’une révolution dirigée, comme on dit de « l’Économie dirigée », ou aujourd’hui cette « révolution numérique » ou encore cette « révolution verte » qui est à la fois le contraire de l’écologie et le contraire de la révolution, car elles participent toujours d’un même système.
Drieu et d’Annunzio : deux dandys dans l’Europe en feu
Pierre Drieu la Rochelle et Gabriele D’Annunzio, d’une génération à la suivante, d’un côté des Alpes à l’autre, ces deux grands écrivains ressurgissent aujourd’hui grâce à deux merveilleux biographes: Julien Hervier et Maurizio Serra. Nous les avons réunis dans l’appartement du premier pour évoquer ces deux dandies qui voulurent mêler l’encre et le sang pour le meilleur, pour le pire, et pour la plus grande gloire des lettres européennes. D’Annunzio est-il un Barrès italien ? Maurizio Serra : En tant que « prince de la jeunesse », oui. La jeunesse reste d’ailleurs son obsession jusqu’à la fin. Mais il reste sur des positions plus sulfureuses, me semble-t-il, que Barrès, il demeure éternellement rebelle. A-t-il influencé les écrivains français du début du siècle dernier ? M.S.: S’il y a un côté baroque et rutilant chez D’Annunzio, il y a aussi un sens de la vitesse, de l’incise, et L’Enfant de volupté et Le Feu ont été marquants pour des écrivains comme Morand ou Montherlant – ce dernier étant le seul qui lui soit resté fidèle. Julien Hervier: Drieu parle « des prosopopées musculaires de D’Annunzio »! Il le trouve très tonitruant, mais il l’admire dans sa jeunesse, et je pense qu’il a été aussi très impressionné par le D’Annunzio soldat, homme d’aventure. L’un des principaux points communs entre eux, c’est qu’ils sont tous deux disciples de Nietzsche… M.S.: Nietzsche, que D’Annunzio lisait dans les traductions françaises, a eu une très grande influence sur lui. Mais sa connaissance restait sommaire, parce que D’Annunzio n’a jamais été un érudit, plutôt un touche-à-tout de génie. Cependant, il se sépare de ses deux grandes influences allemandes avant la Grande Guerre, quand il estime (…) A lire dans le nouveau numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
Sébastien Lapaque : Brésil, terre promise
Les éditions Les Provinciales rééditent Georges Bernanos encore une fois, le premier livre de Sébastien Lapaque, paru en 1998. Depuis cette date, il a poursuivi ses recherches à travers des articles, des préfaces, l’édition de témoignages (Mon vieil ami Bernanos de Paulus Gordan, Cerf, 2002) et une enquête en Amérique du Sud (Sous le soleil de l’exil, Georges Bernanos au Brésil, Grasset, 2003). Les dix textes publiés en annexe de la nouvelle édition de Georges Bernanos encore une fois restituent vingt ans de travaux en éclairant notamment la découverte par l’écrivain de l’existence juive. Selon vous, les pages sur la « conquête juive » de La Grande Peur des bien-pensants que l’on continue de reprocher à Georges Bernanos relèvent-elles de l’antisémitisme d’État prôné par Charles Maurras ou du vieil antijudaïsme chrétien ? Ni l’un ni l’autre. Chez Bernanos, le préjugé antisémite ne procède ni d’un système positiviste à la sèche intellectualité, comme chez Maurras, ni d’une focalisation sur le « peuple déicide », comme l’ont fait certains Pères de l’Église. J’emploie à dessein le mot « préjugé », en l’opposant à celui de doctrine. Dans Céline, la race, le juif (Fayard, 2 017), Pierre-André Taguieff a montré qu’on ne pouvait parler d’antisémitisme que lorsque l’on avait affaire à une vision du monde complète dans laquelle les juifs diabolisés étaient responsables de tous les maux de la terre, généralement par le moyen d’une grande conspiration dont le Protocole des sages de Sion a fourni le modèle. On est loin de cela dans La Grande Peur de bien-pensants. (...) Lire la suite en s'abonnant au magazine L'Incorrect

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