
Un week-end romain m’a rappelé de grandes vérités sur l’art. Dans la ville éternelle, les formes originelles de notre culture, arrachées au bloc miraculeux de l’ancienne Grèce, ont des allures flagrantes. Les métros et les bus, à la robe pourpre siglée SPQR, glissaient devant nous, comme pour disperser encore dans l’agglomération les signaux du plus grand empire passé. Les dômes se reflétaient sur nos lunettes noires. Nous arpentions des sols brillants où le marbre se mêle au porphyre, comme d’un quartier à l’autre, la gloire antique se cogne aux splendeurs papales. Nous savourions des cafés plus forts et ces vacances anticipées me donnaient le goût d’un édito anticipant les vacances : un certain recul, de nouvelles mises au point.
La manière dont les couleurs, les arrêtes, les coupes gagnaient ici en intensité et en frontalité finit par me rappeler l’élan sous-jacent. Celui d’une vitalité éclatante et d’un instinct de domination qui expliquaient tout le reste : l’empire, sa gloire, cette spectaculaire prise de possession du monde et, dans ce but, une rationalité ardente et martiale, comme une serre plantant des griffes acérées dans le dos du jeune univers humain afin de lui donner une forme.…








