



Grand Paris s’apparente au premier abord à un genre particulièrement prisé aux États-Unis : le stoner movie, comprendre le « film sous drogue ». Sauf qu’ici, le jeune réalisateur Martin Jauvat, également interprète d’un des rôles principaux, se permet quelques incises poétiques et rêveuses dans un genre pourtant éculé. Il se montre même passionnant lorsqu’il évoque frontalement ces banlieues assoupies aux confins de l’Île-de-France, adossées contre la campagne, et dans lesquelles la réalité devient subtilement plus lâche à force d’ennui.
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Les héros du film – deux amis d’enfance désœuvrés et amateurs de fumette – se retrouvent bien malgré eux dans une sorte de road movie immobile et nocturne, où les rencontres rocambolesques (un contrôleur de la RATP complotiste, un dealer qui conduit un food-truck) les conduiront sur la trace d’une mystérieuse pyramide – avec un détour par la plage de Dieppe.…


C’est en lisant l’article de Marc Obregon sur la K-Culture que j’ai appris l’existence du « mukbang » (Juliette Briens m’explique que c’est une vogue célèbre, décidément me voici dépassé par la lourdeur de mon siècle). Il s’agit d’une production vidéo où une jeune personne se filme en train de se gaver sous les yeux excités d’un million de voyeurs virtuels. Cette pratique évoque une version métastasée, en quelque sorte, du fantastique film de Marco Ferreri, La Grande Bouffe. Celui-ci, en 1973, à l’âge d’or du cinéma franco-italien, mettait en scène le suicide de quatre hommes ennuyés de vivre qui s’enfermaient dans une villa pour y manger jusqu’à la mort. Le communiste Ferreri livrait ici une parabole baroque et violente de la société de consommation comme aberration mortifère collective. Rien de neuf depuis Jérôme Bosch, affirmaient les vrais dandys catholiques, en fumant sereinement durant la projection, mais cette version était pertinente.…



L’Incorrect
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