
Culture


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Planquez vos femmes et vos gosses. L’homme qui ferait passer Vincent Delerm pour Marylin Manson, le crooner officiel des ménagères ménopausées, fringué en total look Celio extra-large histoire de calmer les ardeurs de ses admiratrices fascinées par sa face de palourde concernée, Grand Corps Malade, donc, est de retour dans les bacs. Poète officiel de la République depuis les douloureuses années 2010, cette dé- cennie où la pop balança ses guitares au rebut pour s’enjailler à coups de beat box sur des slams monocordes et des poèmes pleurnichards niveau grande section de maternelle. Grand Corps Malade, donc. Sorte d’endive faite homme, propulsée sans qu’on demande quoi que ce soit en tête des charts, par la grâce d’une conjonction d’étoiles particulièrement défa- vorable à l’art en général – et à la chanson en particulier. Car oui, Grand Corps Malade, avec ses récitations de cancre et sa voix de pilulier, est considéré comme un chanteur.
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Concentré tiédasse
On espérait que le slam, ce rap pour les nuls, aurait fini par échouer dans les latrines de la Foire au Chorba de Garges-lès-Gonesse, dans les concours de chant inter-collèges ou dans les télécrochets de la TNT. On espérait que Grand Corps Malade, c’est-à-dire Fabien Marsaud, c’est-à-dire le « prof de gym devenu poète » aurait fini par tirer sa révérence, épuisé par sa propre nullité. On espérait que les années 2020 auraient enfin tiré la chasse. Mais c’était compter sans nos médias officiels, qui semblent particulièrement attachés à cet Emblème de la Neutralité à côté de laquelle l’histoire récente du peuple helvète passe pour une mise en danger perpétuelle. Notre ceinture noire du sens commun a la dent dure et elle ne semble pas prête à céder sa place de mascotte officielle de la Ponction Lombaire sans Douleur. Voilà qu’elle vient de commettre un nouvel album : « Éphémère ». On aimerait bien... [...]
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« À côté d’autres manifestations, nous étions quatre à créer une sorte de club : Roger Nimier, Jacques Laurent, Michel Déon et moi ». Ainsi parla le « Pantocrator Blondin », selon le mot d’une jeune femme écrivain qui n’a hélas pas voulu nous répondre plus avant sur son sentiment pour les Hussards. On connaît la légende : le jeune critique littéraire Bernard Frank, jaloux de ne pas en être et vengeur comme un gauchiste, publie en 1952 dans la revue de Sartre, Les Temps modernes, le seul papier qui lui vaudra jamais de passer à la postérité, « Grognards et Hussards », où il change rapidement en un courant littéraire l’amitié de jeunes gens doués que, « par commodité » il qualifie de fascistes. Le ton est donné, tout va certainement bien se passer.
La légende faite de vin, de grosses voitures, de jeunes femmes, d’allégresse et de mélancolie, de blagues et de tragédie, de droitisme anar, de commissariats de police et de corridas voiturières ne se démentira pas
En réalité, c’est quelques années plus tôt que le surdoué Nimier qui était venu trouver Antoine Gallimard pour « échanger de l’encre contre du pétrole », le fin mélancolique Blondin et le « jeune-droite » d’avant-guerre Jacques Laurent, avaient été réunis par Roland Laudenbach, fondateur des éditions de la Table ronde, dans Aspects de la France (héritier de la revue d’Action française), pour une réponse à « l’enquête littéraire » commandée par Mauriac dans Le Figaro. Génial dénicheur, Laudenbach s’entourait de gamins sans-pareils, marqués, différemment mais marqués, par la guerre, et qui changeront la face d’une littérature française autrement vouée à la gloire de la gauche, sous la houlette des terroristes existentialistes. Les rejoindra, de loin, égoïstement, Michel Déon, un peu le cher Kléber Haedens, aussi. On dira bien sûr que les Hussards n’ont jamais existé. Mais le noyau que Blondin formera avec Nimier ne se modifiera jamais jusqu’à la mort accidentelle de celui-ci en 62. La légende faite de vin, de grosses voitures, de jeunes femmes, d’allégresse et de mélancolie, de blagues et de tragédie, de droitisme anar, de commissariats de police et de corridas voiturières ne se démentira pas. Même s’ils furent d’abord d’immenses ausculteurs de l’âme humaine, en quoi ils sont romancier par-dessus tout, nos Hussards auront aussi donné des rêves aux jeunes Français pour mille ans.
Un charme insolent
Frédéric Beigbeder, quand il se confie à L’Incorrect, n’est pas le dernier : « Je ne pense pas que j’aurais écrit des livres s’il n’y avait pas eu les Hussards. Je ne prétends pas être leur disciple, mais j’ai été très influencé par leur insolence. Au moment où la folie d’écrire vous tombe dessus, à l’adolescence, vous allez vers des écrivains qui vous amusent, qui sont libres, qui ont du panache : pour moi ç’a été les Hussards qui ont créé après-guerre une littérature impertinente, avec du style, et un goût de la formule ». François Jonquères, fondateur du prix des Hussards et organisateur du Centenaire Blondin, les caractérise comme « un phare dans la tempête, la lumière au bout d’un tunnel, un verre d’Aberlour ou de Bunnahabhain après une mauvaise journée, une main tendue au bord d’un précipice, une bouffée d’air frais, une idée de la liberté, le style, enfin ». [...]
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C’est votre premier roman depuis six ans, alors que vous publiiez autrefois très régulièrement. Pourquoi une si longue pause ?
Entretemps, ma vie a un peu changé parce que j’ai été embauché chez Valeurs Actuelles, ce qui a fait évoluer mon organisation. J’en ai profité pour faire une pause. Écrire un roman est mentalement fatigant, on trimballe une pierre durant un long moment, je voulais profiter de ma disponibilité intellectuelle et la réserver aux articles, faire de la critique à plein temps. L’envie de faire un roman est revenue petit à petit, et l’idée de ce bouquin a mûri de manière assez lente, je l’ai écrit en deux ans et demi, principalement la nuit, pendant mes insomnies.
Votre introduction est une vraie satire du salon du livre de province, genre d’événements où vous avez vous-même été beaucoup invité en tant qu’auteur…
Quand j’ai commencé à publier, vers 2006, j’étais invité à beaucoup de salons, en effet. Au début ça me faisait rire, mais très vite, j’ai compris que c’étaient des lieux assez frelatés. Depuis que je suis à VA, je ne suis plus invité nulle part, ce dont mon attachée de presse de l’époque, chez Denoël, m’avait averti. Alors, il n’y a aucune vengeance de ma part, mais sachant que je n’y retournerai plus, j’en ai profité pour dire un peu ce que je pensais de ces salons. Ça m’a aussi permis de faire un chapitre pour éloigner les emmerdeurs !
Vous vouliez créer un « safe space » réac ?
Oui ! On vit à une époque où les gens viennent tout le temps vous emmerder, alors je préfère annoncer d’emblée la couleur. Ensuite, je voulais m’amuser avec les salons où l’on prétend promouvoir la littérature alors que c’est bidon de A à Z. C’est souvent organisé par des gens de gauche anticapitalistes qui fustigent la littérature-spectacle mais qui reproduisent la même chose : à la fin, ils veulent quand même inviter des stars dont tout le monde sait qu’ils écrivent des livres de merde pour réussir à faire du chiffre.
« Alors je préfère dire au lecteur de Télérama de passer son chemin. Il a plein de trucs à lire : le dernier prix Nobel, Despentes… »
Olivier Maulin
Vous déclarez écrire contre le lecteur de Télérama…
En réalité, je n’ai rien contre le lecteur de Télérama, simplement, j’ai pris ça comme un symbole. Je fais un premier chapitre volontairement ordurier pour dire à certaines personnes que ce n’est pas la peine de venir ! Ce n’est pas un geste très commercial… Mais je crois de plus en plus, vu l’état de la France aujourd’hui, qu’on n’a quasiment plus de « commun » avec certaines personnes. Moi j’évolue dans un univers que beaucoup de gens partagent, d’autres, non seulement ne le partagent pas, mais il les fait hurler. Alors je préfère dire au lecteur de Télérama de passer son chemin. Il a plein de trucs à lire : le dernier prix Nobel, Despentes… Ce n’est pas la peine qu’il vienne me lire, moi. [...]

Comme les années passées, le FFCP s'est tenu au cinéma Publicis des Champs-Élysées, créant de longues files d'attente devant des touristes médusés, se demandant quel genre d’événement peut être si populaire sur la plus belle avenue du monde. Il faut dire que la Corée du Sud est aujourd’hui plus que jamais à la mode après le triomphe de Parasite, le phénomène Squid Game sur Netflix ou encore le boum de la K-Pop. Avec sa trentaine de films, classiques comme nouveaux, et ses invités prestigieux, le FFCP tient toujours ses promesses, malgré une programmation que l'on qualifiera poliment de politiquement orientée sur certains de ses choix, parisianisme oblige. Sélection de six films inédits, dont les deux avant-premières du festival.
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Life Is Beautiful (2h02) de Choi Kook-hee, avec Ryu Seung-ryong, Yum Jung-ah, Ong Seong-wu.
Film d'ouverture du festival, Life Is Beautiful prend le pari osé de la comédie musicale pour conter l'histoire d'une cinquantenaire atteinte d'un cancer en phase terminale dont l'ultime souhait est de retrouver son premier amour après une vie ingrate de mère de famille. Accompagnée de son mari rustre mais aimant, la malade s'embarque alors dans un road-trip jusqu’au dénouement final. Ce voyage et les souvenirs qu'il rappelle au couple sont ainsi l'occasion de nombreuses scènes dansées et chantées, de la première rencontre à l'adieu définitif, adaptées de classiques de la variété sud-coréenne, venant ajouter au film aux tons pastel un agréable charme suranné. On eut cependant aimé que les chansons, qui n'évoquent rien au public français, aient davantage d'impact. Faisant passer le spectateur du rire aux larmes, le métrage de Choi Kook-he, dont on avait déjà vu l'excellent Default avec Vincent Cassel à ce même festival en 2019, ouvre dans la joie et l'émotion cette édition 2022.
Défense d’atterrir (2h19) de Han Jae-rim, avec Song Kang-ho, Lee Byung-hun, Jeon Do-yeon, Yim Si-wan, en VOD, Blu-ray et DVD le 30 novembre.
Un terroriste répand un virus contagieux, inconnu et mortel à bord d'un avion en plein vol. Dans l'interdiction d’atterrir, l'appareil est contraint de brûler son carburant, tandis que ses passagers périssent un par un et que la police mène l'enquête au sol pour trouver l'antidote. Han Jae-Rim signe l'un des premiers films grand public « post-covid ». De la peur causée par un virus inédit à la situation de confinement et de paranoïa que subissent les passagers, impossible, en effet, de ne pas y voir un discours sur la pandémie, à peine caché derrière un film catastrophe sans subtilité mais au suspense redoutable, maîtrisé de bout en bout et servi par un casting renommé (notamment Song Kang-ho, vu dans Parasite). Dommage cependant que le métrage ne fasse pas le choix audacieux que son intrigue lui propose avant sa conclusion, lui préférant une fin plus convenue. [...]
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