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[Idées] La preuve par Dieu

À tous les faussaires qui ont monté l’opposition factice entre foi et raison/science, à ceux qui ont vu dans le christianisme une morale du faible inventée pour pallier nos angoisses existentielles, aux athées sincèrement en quête de la vérité, aux catholiques inquiets et/ou soucieux de fonder plus solidement encore leur foi, Matthieu Lavagna, diplômé de philosophie, de théologie et de mathématiques, signe l’ouvrage qui manquait.

« Nous nions d’emblée que Dieu puisse être l’objet d’une quelconque vérification scientifique, […] tout simplement parce que Dieu, s’il existe, n’est pas matériel ». C’est que l’empire de la raison dépasse très largement le cadre de la science empirique, et une fois cette prémisse posée, l’auteur peut démontrer que le catholicisme est la « conclusion la plus probable d’une somme d’arguments rationnels » – revivifiant ainsi l’apologétique (cette « science des raisons de croire »), un peu tombée en désuétude chez nous autres littéraires mais très vivace outre-Atlantique. [...]

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Bernanos et les imbéciles

Il est de très bon ton à droite de se réclamer de Bernanos. Pour toute une génération, celle qui a accédé aux médias dans les années 2000 et qui s’est imposée la décennie suivante, via les revues salutaires que furent Causeur ou encore précédemment Immédiatement, à un moindre niveau et par la suite Limite, Bernanos fut même une sorte d’argument de vente. Car Bernanos ça n’est pas l’homme de droite qui pense en rang, pas celui qui légitime toutes les erreurs de son camp au prétexte que c’est le sien, mais celui qui restera dans l’histoire des lettres et dans celle des idées pour avoir dit son fait à son camp quand il estimait que celui-ci se fourvoyait.

Autrement dit, on était contre le monde moderne, mais bernanosien, et on était prêt à ruer dans les brancards de la droite si le besoin s’en faisait sentir, disait-on à cette gauche dont le règne était encore indiscuté et indiscutable. Sous un certain angle, on donnait aussi des gages, et on se dissociait par avance des travers ignobles qui pouvaient encore traverser le camp des réprouvés. C’était dit, on n’en serait pas, comme Bernanos n’avait été ni du franquisme, ni de la collaboration, ni même de l’antisémitisme  dans un texte, où il fait résipiscence à ce propos, dont le début fait frémir et qu’en règle générale, hélas, on ne dépasse pas alors que Bernanos ne dit pas seulement qu’« Hitler a déshonoré l’antisémitisme », mais que l’antisémitisme n’a pas d’honneur, qu’il ne peut pas en avoir, qu’il est honteux par nature. Même à ses propres erreurs Bernanos entendait faire rendre gorge. C’était la figure à revendiquer à droite. Il fut juste de le faire. Ceux qui l’ont fait ont eu raison. Du reste, on avait tellement soupé du manichéisme gauchiste que, même sans se revendiquer de Bernanos, on comptait bien témoigner de la vérité, y compris contre nous-mêmes si cela était nécessaire. Tel semblait l’idéal noble par lequel on renverserait trois décennies de postures moralisatrices d’une gauche complètement aveugle à ses propres errements et entêtées dans ses erreurs. [...]

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Rencontre au sommet (4/6) : l’islam et la France

Pierre Manent – La France ne cesse de changer. Nous l’avons dit, elle est devenue beaucoup moins chrétienne, le sentiment de la continuité historique s'est affaibli et une partie importante de la population française est désormais musulmane. La question est : comment évalue-t-on cette transformation ? Comment y fait-on face ? Demander si l’islam est « compatible ou non » avec la vie française est une mauvaise façon de formuler les choses car on ne peut pas en inférer des mesures pratiques. On répond oui ? Alors on laisse l’immigration musulmane s’accroître indéfiniment. On répond non ? Alors il n’y a plus qu’à les renvoyer « chez eux », ce qui est tout de même difficile quand ils sont « chez nous » depuis deux ou trois générations. Ces deux « solutions » sont également impraticables.

Une chose est certaine : le fait qu'il y ait de plus en plus de Français musulmans modifie en profondeur la vie française. Ce mouvement peut-il continuer indéfiniment ? Non, ce mouvement ne peut pas continuer indéfiniment, sauf à accepter que notre pays ne puisse plus se reconnaître, et que « France » ne soit plus qu’un nom. Je le répète, une part de la France est musulmane, on a le droit de le regretter, mais nous devons l'accepter puisque, de fait, gouvernants et gouvernés, depuis des décennies nous l’avons accepté. Simplement, il faut faire en sorte que cette part ne s’agrandisse jusqu’à ce que le corps civique soit fragmenté, déchiré et finalement paralysé. Accepter qu’une part de la France soit désormais musulmane, faire en sorte que cette part ne s’accroisse plus, voilà comment je résumerais la question de l’islam.

« Convertissez vos concitoyens d’abord si vous voulez restaurer une civilisation chrétienne »


Chantal Delsol

Chantal Delsol  On ne peut pas s'imaginer qu'on va restaurer une civilisation chrétienne ou une culture chrétienne, les deux choses étant assez différentes. C'est un vœu pieux. Ce n'est pas quelque chose qu'on restaure comme on restaurerait un bâtiment. Les cultures et les civilisations peuvent reposer sur les traditions, sans croyance religieuse, comme en Chine par exemple. Chez nous, tout repose sur les croyances parce que nos religions sont fondées sur la foi en une vérité. Il y a eu une tentative au XXè siècle qui a semblé marcher assez bien pour remplacer la foi par la tradition, puisqu’au bout d’un certain nombre de siècles de foi, des traditions s’étaient créées et comme la foi semblait de plus en plus évanescente, certain ont essayé de se suffire de la tradition comme Maurras : « Vous ne croyez pas, mais au moins pratiquez, il en restera toujours quelques-uns qui croiront ». Je pense que ça n'a fait que précipiter l'effacement du christianisme. Depuis le XIXè siècle, depuis les textes de Théodore Jouffroy comme Comment les dogmes finissent, on assiste à l'effacement de la croyance. Mais comment s’imaginer restaurer une civilisation sur rien ? Les musulmans croient, nous non. On se plaint parce qu’ils veulent imposer des menus hallal, mais les catholiques n’ont jamais réclamé jeûne du vendredi à l’école. Il ne faut pas s'imaginer qu'on va restaurer quelque chose auquel personne ne croit. J’ai envie de vous dire : convertissez vos concitoyens d’abord si vous voulez restaurer une civilisation chrétienne. [...]

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[Idées] Rome arrangé contre Babel
Dans la veine de son précédent Église et immigration (2017), le journaliste culturel de Valeurs actuelles Laurent Dandrieu tente de résoudre l’ancienne question, aussi ancienne que la Révélation, des rapports entre universel et particulier. Noble ambition, résultat décevant. L’auteur ne dissimule pas que ce lui soit inspiré par l’invasion migratoire de l’Europe, qui a lieu sous la bénédiction du Souverain Pontife – lequel n’y connaît rien, on ne le contredira pas. Cependant, sa réflexion est doublement biaisée : tout en soutenant l’ordinaire distinction temporel-spirituel, il va chercher ses justifications uniquement dans la théologie et dans les textes du magistère qu’il oppose les uns aux autres, sans ordre et sans précision. Après avoir dénoncé tous les Papes depuis Pie XII comme complices d’une mondialisation destructrice, il fait soudain la promotion de Vatican II à travers Sacrosanctum concilium qui parle diversité des rites, confondant Églises particulières et nations. [...]
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[Idées] Sandrine Rousseau : par-delà l’intelligence
On ne le dit pas assez souvent, mais le journalisme est un métier à risques. Lire Sandrine Rousseau, c’est s’exposer à d’importants dangers. L’écriture inclusive. La bêtise. Des phrases nominales partout. Par-delà l’androcène, véritable œuvre de décryptage de la pensée écoféministe, nous fait plonger dans le néant intellectuel, les biais de pensée et l’absurdité d’une réalité parallèle dans laquelle ne vivent que les trois autrices de ce livre. Ce manuel de « pensée » politique appelle ainsi ses lecteurs à détruire, déconstruire « l’androcène », soit tous les maux de l’Histoire : « extractivisme, colonialisme, capitalisme, patriarcat ». Cependant, on y apprend de nombreuses choses qu’on n’aurait pas soupçonnées. Sachez, par exemple, qu’à partir de la Renaissance, un génocide de plusieurs centaines de milliers de sorcières (ces merveilleuses féministes luttant contre le patriarcat) s’est déroulé. Sans ce livre, vous ne comprendrez jamais pourquoi la sécheresse et les feux de forêts sont dûs aux « bruits des bottes » et à la « suprématie blanche ». [...]
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Rencontre au sommet (3/6) : la fin de la Chrétienté

Chantal Delsol – À l'époque où les barbares se sont installés dans l'Empire romain, un certain Salvien, devenu prêtre après avoir été marié, avait écrit des choses qu'on pourrait retrouver sous la plume de nos écrivains ou de journalistes, en expliquant finalement que les siens étaient des décadents et des salauds pour avoir conquis tout le monde, et que les meilleurs étaient en fait les barbares. Au fond, vous décrivez une religion morale. Avec l’effacement du christianisme, la morale a tendance elle aussi à s'effacer puisque dans le judaïsme et le christianisme, religion et morale sont intimement liées (ce n'était pas du tout le cas chez les païens, où la morale était décrétée par les autorités politiques alors que la religion relevait des prêtres). Or, si l’on peut se passer de religion (par exemple, la Chine), tous les peuples ont besoin de morale. Notre société post-chrétienne doit donc retrouver une morale. Je pense qu’il y a chez Marx une tentative de retrouver une morale, et les wokes en sont des héritiers. Quelle morale va-t-on trouver ? On reprend la morale dont on a l’habitude, la morale chrétienne, qui dit que Dieu est une victime et que la victime est Dieu. On reconstruit donc quelque chose à partir de cet axiome, avec la passion pour l’égalité et la compassion pour la victime. Et de cette morale, on fait une religion.

Lire aussi : Rencontre au sommet : La France, qu’est-ce qu’il en reste ?

Pierre Manent – Quand on dit que « la France est de culture chrétienne », veut-on dire que la vie d’un nombre significatif de Français garde un rapport actif avec la religion chrétienne ? Ou veut-on dire que la « culture chrétienne », c’est ce qui reste du christianisme quand on a perdu la foi ? Voici en tout cas comment je vois les choses. Jusqu’aux années 60 du XXe siècle, beaucoup de Français certes n'étaient pas chrétiens, ou ne l’étaient plus, mais la religion chrétienne avait une présence palpable et active dans l’ensemble de la société française. Pourquoi ? Parce que chaque famille, chaque personne presque, avait elle-même fait l’expérience d’un certain rapport au christianisme. Exemple classique : le père était franc-maçon ou socialiste, la mère allait à l'église, on se disputait pour savoir si l'enfant ferait sa première communion, ou pas.

Le catholicisme n'était plus une loi ou une autorité pesant comme une obligation sur la société, mais la société négociait en permanence sa relation avec la religion chrétienne, soit en adhérant, soit en se détournant ou protestant contre son influence. La religion chrétienne, en particulier catholique mais pas seulement, était si j’ose dire l’objet naturel du débat public et de la négociation sociale et familiale. Voilà ce que j’appelle un rapport actif de la société française à la religion chrétienne. Ce n’est pas simplement l’attachement aux vieilles églises, les croix au bord des routes et les expressions religieuses passées dans le langage courant ! La plupart des Français, à un moment ou à un autre, étaient en contact, ou avaient à faire ou ne pas faire quelque chose, avec la religion chrétienne. Aujourd'hui, et c'est le grand changement, de plus en plus de Français peuvent passer toute leur vie sans rencontrer cette question de leur rapport à la religion chrétienne. Le terme de déchristianisation est beaucoup trop abstrait. Il s’agit plutôt d’une apostasie. [...]

Frédéric Saint Clair : « Nous avons cru que la moralisation de l’économie et de la politique nous sauverait »

Votre livre repose sur cette idée que nous risquons d’être écrasés dans le jeu des grandes puissances. Comment justifiez-vous cela ?

Certains diraient que nous sommes d’ores et déjà écrasés par le jeu des grandes puissances. Car si la France a bien été, elle aussi, une grande puissance à certaines époques de son histoire, elle ne l’est plus depuis près d’un siècle, et elle éprouve désormais le plus grand mal à résister aux influences des principaux acteurs qui s’affrontent, économiquement ou militairement, sur le grand échiquier international. Il n’y a qu’à regarder les gesticulations d’Emmanuel Macron, ce président de la 6e puissance mondiale réduit à un impuissant « agir communicationnel » habermassien. Pour le dire trivialement, il gesticule, il bavasse, mais son influence, nationale comme internationale, est dérisoire. En témoignent les fessées répétées qui lui sont infligées par des pays comme l’Australie, qui a décommandé sans prévenir douze sous-marins nucléaires au profit des USA ; par le Mali, qui préfère à notre armée des troupes de mercenaires russes ; ou encore par l’Algérie, par la Turquie, par la Russie… Quant au plan national, le résultat est aussi médiocre. Emmanuel Macron est à ce point impuissant que même le renvoi d’un unique imam salafiste vers le Maroc, Hassan Iquioussen, est devenu impossible, sans parler des couacs à répétition, comme lors de cette malheureuse finale au stade de France.

Lire aussi : Laetitia Strauch-Bonart : « Un État omniprésent façonne un individu qui n’a pas besoin de la société civile »

Ce qui paralyse l’action publique ? La raison est d’ordre théorique plus encore que pratique : notre incapacité à penser deux concepts-clefs du politique, la civilisation et la puissance. Le monde est entré dans le XXIe siècle par deux évènements majeurs qui se sont produits la même année, en 2001 : l’attentat djihadiste contre les tours jumelles à New York, le 11 septembre, et l’entrée de la Chine dans l’OMC, deux mois plus tard, jour pour jour ; mais nos responsables politiques et bon nombre de nos intellectuels sont restés idéologiquement bloqués dans le XXe siècle, incapables de penser la coupure épistémologique occasionnée par ces deux évènements, qui sont les clefs de compréhension de la grammaire des nations pour notre époque. Si elle veut éviter de disparaître à moyen terme, la France doit changer de paradigme politique. La question est : comment ? [...]

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Rencontre au sommet (2/6) : face au wokisme

Pierre Manent – On peut observer aujourd’hui le mélange de deux « sacrés de l'Occident », qui sont en vérité deux progressismes : d’une part celui de la religion de l'humanité, la perspective d’une récapitulation ultime du développement historique dans une humanité qui se réunit, se comprend et finalement s’adore elle-même – Auguste Comte a donné à ce progressisme optimiste la forme doctrinale la plus aboutie ; et puis aujourd’hui, ce à quoi faisait allusion Mathieu Bock-Côté, un progressisme pessimiste, une imitation du christianisme, ou plutôt d'une moitié du christianisme, qui garde la pénitence mais exclut le pardon. Les péchés que nous sommes sommés de confesser sont à ce point inscrits dans notre être que nous sommes condamnés à les expier indéfiniment. Ce développement nouveau n'était pas inscrit et n'était pas prévisible à partir de la religion optimiste du XIXe siècle qui voyait l’humanité, par son mouvement naturel, surmonter le mal et le péché, les différences et inimitiés, les hommes finissant par reconnaître leur ressemblance et communier en elle. C’est un étrange progressisme que celui qui « nous » condamne à un châtiment indéfini pour les crimes réels ou supposés de nos aïeux.

« L'homme contemporain, sous les traits du woke, croit être le premier homme. Il se veut émancipé de sa préhistoire »


Alain Finkielkraut

Alain Finkielkraut – Je citerai une dernière fois Ortega y Gasset : « L'homme n'est jamais un premier homme. Il ne peut commencer à vivre qu'à un certain niveau de passé accumulé. Voilà son seul trésor, son privilège, son signe ». L'homme contemporain, sous les traits du woke, croit être le premier homme. Il se veut émancipé de sa préhistoire. Il s'arrache à ce passé accumulé et il pense qu’avec l’éveil à toutes les formes d'exclusion et de discrimination, on s’oriente vers la solution définitive du problème humain. La dernière mouture du savoir absolu, c'est la sensibilité absolue dont le woke se dit porteur. Cette sensibilité fait des ravages dans les médias, dans les universités et dans les grandes firmes multinationales. C'est une étrange repentance, car elle est fière d'elle-même. L’humeur du jour est l’arrogance pénitentielle, le narcissisme expiratoire, la shame pride. Nous sommes coupables mais nous le savons, et nous pouvons faire défiler toutes les œuvres, toutes les actions humaines devant le tribunal de notre moralité impeccable. Nous accueillons à bras ouverts ceux qui nous annoncent et nous corrigeons ou nous rejetons purement et simplement les faits et gestes qui véhiculent des stéréotypes sexistes, racistes, homophobes, transphobes, grossophobes, etc. Ce suprématisme temporel est affligeant. Et il me semble que dans notre deuil partagé pour la reine, s’exprime aussi la nostalgie d’un autre rapport au passé : la fidélité, la filialité plutôt que l’outrecuidance. [...]

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