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Maxence Carsana : les relations hommes-femmes sur le divan
Pour quelles raisons l’entente des deux sexes s’est-elle dégradée dans la génération Z ?

Il ne faudrait pas sombrer dans le catastrophisme. La dégradation que l’on observe concerne principalement les discours sur les réseaux qui, s’ils tendent à déborder sur la vie réelle des jeunes, suscitent plus des inquiétudes que des actes. La plupart de ces jeunes se contenteront de regarder ces « conseils » relationnels en se demandant s’ils sont normaux et s’ils ont besoin de faire la même chose pour avoir une chance. Ils choisiront le repli et se contenteront de « scroller » dans leur coin. Il existe trois facteurs : une absence d’éducation sur la psychologie des deux sexes qui ne fait plus l’objet que d’un apprentissage dans les échecs à répétition ; une fragilisation de la « sociabilité organique » (le fait de pouvoir faire des rencontres sans le chercher explicitement en vivant sa vie) ; et un « paradoxe du choix » qui alimente une anxiété de performance difficile à supporter. Ces jeunes n’ont plus accès à l’indulgence et à la découverte maladroite de l’autre. Les attentes sont plus hautes bien plus tôt et la moindre erreur peut faire l’objet d’un enregistrement qui ressortira plus tard. La rencontre devient une guerre de tranchées où chacun attend que l’autre assume le risque du premier pas. [...]
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Alexandre Devecchio : la gratitude d’un « transfuge de classe »
Les récits de « transfuges de classe » sont partout. Ces écrits à la fois autobiographiques et sociologiques, dans lesquels les auteurs racontent leur ascension sociale à partir de milieux modestes, fascinent nos élites à la manière d’un nouvel orientalisme qui en dit long sur l’absence de dialogue entre les classes sociales aujourd’hui. Il y a quelque chose d’exotique pour les bourgeois ennuyés à lire sur « ces gens-là », avec lesquels ils n’ont jamais de contact, sur le mode du misérabilisme. [...]
Laurence Trochu : « Aucune politique sérieuse ne peut se faire sans une réflexion philosophique complète »

Pour quelles raisons avez-vous décidé d’organiser ce colloque ?

Il y a d’abord le calendrier : nous avons fêté en 2025 les 800 ans de la naissance de saint Thomas d’Aquin, et il me paraissait intéressant de clore cet anniversaire par une remise à l’honneur de l’œuvre magistrale de ce géant qu’a produit notre civilisation, à son apogée intellectuelle. Par ailleurs, toute politique sérieuse se fait sur la base d’une définition que nous avons de l’homme, et celle de saint Thomas d’Aquin doit nourrir notre réflexion. Ce colloque est aussi là pour promouvoir une définition de la politique qui retrouve l’Être, qu’elle avait délaissé pour l’Avoir, selon une formule très juste de Patrick Buisson. La première responsabilité d’un responsable politique, c’est de connaître la nature humaine, puisqu’il a l’ambition d’être aux commandes de la destinée d’un peuple. C’est le premier message que je veux faire passer : le politique ne peut se contenter d’être un simple administrateur des rapports humains.…

Philippe Nemo : splendeurs et misères de l’Éducation nationale

Alors que la crise de l’école française s’impose au cœur du débat public, Philippe Nemo, philosophe libéral et professeur à HEC et à l’ESCP, propose avec L’Éducation nationale (PUF, 2025) une analyse de fond : en retraçant la généalogie d’une institution figée par son corporatisme, il met au jour les racines intellectuelles et politiques du décrochage scolaire. Philippe Nemo adopte une démarche généalogique et philosophique, nourrie d’histoire des idées, pour interroger les évidences scolaires. Son style clair, rigoureux et volontairement polémique, est au service d’une critique argumentée de l’institution.

Quand Charlemagne inventa l’école

En 789, Charlemagne publie l’Admonitio generalis, ordonnant l’ouverture d’écoles dans chaque monastère et évêché afin d’enseigner le chant des psaumes, le calcul, la grammaire et les arts libéraux. L’Église demeure alors l’unique gardienne des savoirs et des transcendantaux. Contrairement à une légende entretenue, l’éducation médiévale n’est pas un droit régalien, comme l’illustrent les analyses de Bodin : le pouvoir temporel n’intervient pas dans les contenus d’enseignement.…

Esclavage : mauvaise conscience imaginaire
Prêtre anglican, professeur émérite à l’Université d’Oxford et nouvellement nommé à la Chambre des Lords, Nigel Biggar figure aujourd’hui parmi les acteurs incontournables de la pensée politique britannique. Ses deux derniers ouvrages, What’s Wrong with Rights ? et Colonialism : A Moral Reckoning, faisaient le pari audacieux de prendre le contre-pied du droit-de-l’hommisme et du procès fait à l’empire britannique. Il récidive avec Slavery : The Tyranny of Imaginary Guilt, pour répondre aux militants qui ont fait du paiement de « réparations » aux descendants d’esclaves un totem politique, dans la foulée de Black Lives Matter. [...]
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Hugo Jacomet, prophète du goût sartorial
Il y a des épiphanies dans la sphère de l’élégance, c’est ce dont témoigne Mathieu Bock-Côté, en préface de l’essai d’Hugo Jacomet, l’intellectuel québécois décidant, à la suite d’une maladie et d’une perte de poids rendant impropre toute sa garde-robe, d’entrer chez un tailleur pour la renouveler, ce qui reviendra bientôt à entrer en religion, celle du goût sartorial, grâce à Hugo Jacomet, son prophète. Jacomet également a vécu, au mi-temps de sa vie, pareille révélation et il en détaille les lumières à travers ce traité composé avec passion et sans programme, rassemblant des textes publiés sur Parisian Gentleman, le blog qui le rendit célèbre et lui permit d’évangéliser un monde plongé dans les ténèbres du conformisme débraillé. [...]
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« Logocratie » de Clément Viktorovitch : blabla démocratique
La nouvelle marotte des sociologues et des plumitifs de gauche, c’est la post-vérité. Gérald Bronner, Asma Mhalla, tous se sont engouffrés dans ce fumeux concept à la suite d’Emmanuel Macron, petit lieutenant de la vérité autorisée – celle de l’Union européenne, de la gauche raisonnable, de l’égalitarisme comme seule socle métaphysique possible. Dans son nouveau forfait Logocratie, notre kapo préféré Clément Viktorovitch, l’autre « maître du logos » après Alain Soral, continue sans vergogne à s’auto-paraphraser et à vulgariser un siècle de philosophie moderne. Le plus touchant, c’est sans doute de voir à quel point ces amuseurs de plateaux télé sont incapables de penser un monde autrement qu’à l’aune d’une sacro-sainte démocratie – cette même démocratie que Platon et Aristote conspuaient précisément pour sa porosité à l’autoritarisme aveugle des foules. [...]
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John Henry Newman : Foi incarnée
Il vient d’être proclamé Docteur de l’Église et co-patron de la mission éducative de l’Église avec saint Thomas d’Aquin. Le moment était donc propice à la publication d’une biographie renouvelée de John Henry Newman (1801-1890), et c’est chose faite grâce à Didier Rance, historien et diacre. Une biographie thématique plutôt que linéaire, construite comme une marionnette dont chaque chapitre serait un fil à tirer pour découvrir l’une des facettes de ce géant de la foi. [...]
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