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Marc Eynaud : « La seule convergence des luttes qui vaille consiste à enlever l’église du centre du village »

Combien et quelles sont les exactions commises à l’endroit des catholiques ? Qui commet ces exactions ?

C’est pour ainsi dire impossible à quantifier précisément. Les chiffres du ministère de l’Intérieur concernant les actes anti-religieux sont vagues et reflètent mal l’ampleur du phénomène. Les actions, crimes et actes hostiles menés à l’encontre des catholiques sont pourtant très nombreux et en constante augmentation. Entre la presse locale, les communiqués de l’institution, les couloirs des palais de Justice bondés et les alarmes régulièrement lancées par les acteurs du patrimoine historique, on a un aperçu assez préoccupant du phénomène. Comme il y a pléthore de crimes, il y a pléthores d’acteurs : les associations laïcardes, les mouvements antifas, les islamistes, les groupuscules féministes… Toutes ces entités démontrent que la seule convergence des luttes, la seule « intersectionnalité » qui vaille consiste à enlever l’église du centre du village de toutes les manières possibles.

Tout comme il n’existe pas de délit de blasphème, il n’existe aucun délit de profanation hormis dans le champ des sépultures

La réponse politique et judiciaire vous semble-t-elle à la hauteur ?

Pour qu’il y ait une réponse judiciaire, il faudrait pouvoir qualifier le crime. Concernant les attaques judiciaires, terroristes et j’en passe, l’Église et ses acteurs disposent de l’arsenal juridique classique. En revanche, la multiplication des profanations, c’est-à-dire des actes de haine authentiquement spirituels ne relèvent d’aucune juridiction. Tout comme il n’existe pas de délit de blasphème, il n’existe aucun délit de profanation hormis dans le champ des sépultures. Si vous forcez l’entrée d’un tabernacle et dérobez le ciboire contenant les hosties consacrées, la justice s’interrogera simplement sur la valeur marchande du vase. Cela, c’est un peu l’angle mort sur le plan judiciaire concernant les profanations. [...]

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[Essais] La nation, une ressource d’avenir ?
À l’heure du « réveil des identités », la définition et l’utilité de la nation sont au cœur du débat actuel. Ce sont les questions que tentent de trancher Bernard Bourdin et Philippe d’Iribarne. Entre l’universalisme déraciné et le nationalisme belliqueux, il y a une troisième voie à ébaucher. En retraçant un historique du concept de nation du Saint-Empire à l’époque post-moderne, en passant par Hobbes et Renan, on comprend la pertinence de la conception française de la nation: un équilibre parfait entre universel et patriotisme. [...]
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David Antonelli : « Le mouvement woke est véritablement l’antithèse absolue de la Torah »

Durant votre jeunesse, vous militiez dans le mouvement nationaliste corse. Pourtant on comprend que ce nest pas du nationalisme corse que vous vous êtes détourné, mais des responsables politiques qui lincarnaient, et de leur ligne idéologique de gauche multiculturelle.

C’est exactement cela. Pour moi, servir la cause nationale impliquait un nationalisme authentique, c’est-à-dire permettre à un peuple libre de demeurer ce qu’il est sur sa terre. L’idée donc qu’il était nécessaire de s’émanciper de la France, car ce pays promeut et soutient ardemment le globalisme. Chose que j’ai très tôt analysée comme funeste pour l’identité et l’âme du peuple corse. Ce globalisme aboutira d’ailleurs à la dissolution du peuple Français lui-même si ce dernier persévère à ne pas vouloir réagir et à se bercer du « vivre ensemble » et d’autres concepts que le réel dément au quotidien. Par ailleurs, la France désire et encourage toujours plus une immigration de masse non-européenne, islamique notamment. Le danger pour le peuple corse était et reste celui-là : devenir minoritaire sur la terre qui est la sienne depuis des temps immémoriaux. Or je me suis progressivement aperçu que les dirigeants politiques « nationalistes », certes s’opposent à la France, mais uniquement dans le but d’obtenir des avancées institutionnelles, mais que pour le reste, ils partagent exactement les mêmes valeurs que les élites politiques françaises globalistes et progressistes, et souhaitent d’ailleurs promouvoir les mêmes politiques, à l’opposé de ce que désire la grande majorité du peuple corse. Pour vivre, la cause nationale devra se détourner totalement de ces gens-là, car la « communauté de destin » implique qu’il suffit d’arriver en Corse pour être corse.

LEurope de lOuest est en train de changer. Les idées du mouvement woke, de la Cancel culture sont en train de gagner les esprits. Quel est votre sentiment face à ce phénomène ? Israël est-il épargné par cela ?

C’est la même problématique. Ce mouvement ambitionne, à un niveau mondial, de détruire identités, peuples et même civilisations afin qu’advienne une société de « citoyens du monde » réputés être de partout, mais qui, en réalité, sont de nulle part. Face à cela, malgré le risque qui existe aussi en Israël même, comme partout ailleurs, je suis serein, car Israël est le peuple témoin qui a traversé des millénaires et qui a toujours su s’émanciper de toutes ces fausses idéologies afin de se perpétuer en respectant les lois sacrées, don de Dieu, qui permettent l’équilibre du monde. La Torah, qui est une prophétie venant de l’infini,  est profondément identitaire. Elle commande au peuple juif de préserver son identité, ainsi que l’identité des Nations. C’est la cause de l’intervention divine après le déluge qui a dispersé les peuples, avec l’épisode de la tour de Babel. L’Éternel refusait un univers où tous parlaient la même langue, et où les identités disparaissaient. Le symbole du monde qui n’a pas été détruit par le déluge est précisément un arc-en-ciel. Les différentes couleurs se côtoient, sont solidaires, mais ne se mélangent pas car dans ce cas elles disparaitraient et l’équilibre serait rompu. Chacune de ces couleurs  doivent exister, être respectées et se transmettre. Israël, par le message divin qu’il a reçu, est le garant de cette force-là. Raison pour laquelle, il est puissamment attaqué depuis toujours. Le mouvement woke est véritablement l’antithèse absolue de la Torah. On aboutit à la disparition de la famille traditionnelle, des identités, et à un homme qui ne sert plus les lois supérieures qui imposent des devoirs, mais se sert lui-même. Tout cela donne une illusion de liberté - rappelons-nous le fameux « il est interdit d’interdire ». Or, quand on se soustrait au joug divin –aux lois et devoirs qu’il impose– à l’appel d’idéologies macabres, on tombe sans le savoir sous un autre joug, lui destructeur, implacable et réellement tyrannique. Israël est en première ligne pour ce combat, les Nations devront faire le choix entre les véritables valeurs et le chaos que nous imposent ces idéologies. [...]

[Essais] Noirceur : pamphlet contre les blancs

Seule la fin du monde sauvera l’homme noir de sa condition d’esclave du règne blanc ! Norman Ajari, dans son ouvrage Noirceur se livre à un réquisitoire sans concession contre l’antiracisme moralisateur et intersectionnel français. Il l’accuse d’être une supercherie intellectuelle par laquelle les membres de la gauche bienpensante ne cherchent au fond qu’à exploiter la condition du masculin noir pour satisfaire des désirs douteux, pour s’adonner aux plaisirs libidineux que leur provoque le fantasme d’un corps viril couleur d’ébène à jamais chosifié par leur inconscient. Selon Norman Ajari, la civilisation européenne doit être détruite jusqu’à la dernière pierre. Il n’y a rien à en sauver, et surtout pas son prétendu antiracisme systémique, qui ne serait que l’ultime tentative d’enfermer définitivement le noir dans son statut d’esclave au prétexte de sa victimisation.

Contre la convergence des luttes, un « communisme noir »

Norman Ajari se montre convaincu qu’aucune solution véritable ne viendra des luttes intersectionnelles prétendant unir, sur un même plan, les rébellions des minorités contre l’ordre en place. Les revendications LGBT ou féministes reposeraient en effet sur des conflits pouvant être plus ou moins solutionnés à l’intérieur du cadre de la société occidentale, grâce aux avancées des idéologies progressistes. À l’inverse, la cause noire serait totalement antagoniste au monde blanc. L’esclavage aurait mis à mort l’homme noir en le chassant du cercle de l’humanité. L’abolition n’y aurait rien changé car l’esclavage des noirs formerait un paradigme indépassable, qui continuerait à dominer le monde sous les formes cachées de la ségrégation et de la discrimination. L’homme noir ne pourrait en conséquence revenir à la liberté qu’en anéantissant l’univers blanc, et certainement pas en le réformant, ni même en le révolutionnant. [...]

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[Essais] Les derniers païens : pas de vie sans puissance
Il y a quinze ans, Sylvain Gouguenheim provoquait un scandale dans le landerneau universitaire. Son ouvrage Aristote au Mont-Saint-Michel réévaluait l’apport du monde musulman dans la transmission de l’héritage grec antique. Après quelques années de goulag médiatique, Sylvain Gouguenheim revient avec un ouvrage passionnant sur les derniers païens d’Europe. Agrégé d’histoire et spécialiste du monde germanique, il décrit la rencontre au XIIe siècle entre les chrétiens et les païens baltes (Prusse, Lituanie, Biélorussie). « Païens » appartient au vocabulaire du vainqueur : pour les chrétiens, cela définit une population inconnue du monde romain. [...]
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[Essais] Idolâtrie ou liberté : génération mésenchantée
Les éditions Salvator rassemblent et traduisent en français pour la première fois sept textes de William Cavanaugh, l’un des grands théologiens de notre temps. Quoiqu’assez divers, partant d’une rétrospective sur son parcours de foi pour aboutir à une réflexion sur les rapports de l’Église au monde, chaque texte rejoint et nourrit un même diagnostic : loin d’être « désenchanté », selon la célèbre formule de Max Weber reprise par la théologie catholique avec et depuis Vatican II, Cavanaugh (avec le pape François) considère plutôt le monde moderne comme « mésenchanté ». Au lieu d’un anéantissement de la foi, le processus de sécularisation s’accompagna d’une sacralisation du profane, d’une « migration du sacré de l’Église vers le monde ». [...]
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Le complexe Poutine

Nous ne sommes sans doute pas encore revenus de la sidération qui a saisi une bonne partie de la population française après que Poutine a envahi l’Ukraine, fin février 2022, pour lancer en Europe une guerre de haute intensité telle qu’on n’en avait plus connue depuis des décennies. Sidération qui s’explique aussi bien par le refus de la conscience occidentale de considérer que le tragique appartient encore au présent, que par l’image que nous avions de Poutine, celle d’un homme raisonnable, sinon modéré, une sorte de faux tyran qui en arborait de plus en plus les signes extérieurs pour dissimuler un politique plus libéral qu’il n’y paraissait désormais, une sorte de démocrate sous couverture en somme, à tout le moins, accommodé à la Russie qui, du long de son histoire emmêlée et brutale, n’a pas eu le loisir d’en connaître tant. 

Poutine semblait donc un pragmatique déguisé en autocrate et un élément de stabilité auquel on s’était, ici, habitué, de telle sorte que peu, très peu, sont ceux qui, à la veille de l’invasion de l’Ukraine, ont cru qu’il attaquerait pour que, nous autres crédules, détrompés ensuite et devant le fait accompli, nous arguions aussitôt que, puisqu’il avait attaqué, il vaincrait rapidement. Rien ne s’est passé ainsi que prévu. Non seulement Poutine a attaqué, mais il n’a toujours pas vaincu. Son armée, qu’on craignait dans le monde entier, patine et connaît de très lourdes pertes, échoue à prendre Kiev, tandis que l’OTAN ressuscite et se renforce. Sauf à considérer Poutine comme un illuminé parti en guerre sur un coup de tête, comment expliquer pareille gabegie stratégique et informationnelle à un si haut niveau de décision qui lui a fait se tromper sur la farouche volonté ukrainienne de se défendre ? Sans doute que le tyran avait déjà pris sa part au pragmatique et que la concentration du pouvoir en sa personne a privé Poutine de pouvoir entendre tout conseil susceptible de le décourager dans son entreprise.

[...]
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Le crépuscule de l’enseignement supérieur occidental

Comme Les Deux Étendards de Lucien Rebatet, Les Deux Patries de Jean de Viguerie, ou même Les Deux Écoles de Michel Sardou, Les Deux Universitésdécrit le paysage oùs’affrontent deux conceptions antagonistes. Il n’y est néanmoins plus question de passions et d’idéaux mais seulement de haines et d’idéologies.

L’ouvrage veut montrer le remplacement progressif d’une conception pluriséculaire de l’enseignement supérieur par un délire postmoderniste. Le projet initial de l’Université, du Moyen-âge aux années 1960, consistait à « produire et diffuser le savoir de manière objective » en se consacrant « à la discussion des grands enjeux, à la libre discussion et à la connaissance théorique », en s’appuyant sur « les géants de la pensée (qui) n’ont pas d’âge ». Mais ces dernières décennies, particulièrement en Amérique du Nord, « le cheval de Troie postmoderne est entré dans la cité des intellectuels ». Le marxisme est reparu « vêtu de nouveaux habits », sous les traits de diverses idéologies de gauche dont le mouvement woken’est que le dernier avatar, consistant en un « ramassis de courants doctrinaux qui empoisonnent l’Université depuis fort longtemps ». Véritable « peste intellectuelle » et « puissant instrument de censure », il tend à « remodeler l’Université selon l’inépuisable volonté des groupes minoritaires ». « La notion de vérité est vue comme périmée », le passé est suspect « d’endoctriner les étudiants de valeurs rétrogrades » et le sens commun passe pour populiste (au point que la science n’est plus considérée que « comme un simple genre littéraire ». Dans ce nouveau contexte, pour les idéologues postmodernes, ce qui importe « n’est pas d’être crédible mais d’être audible ». « Ils font la promotion d’une cause qui leur tient à cœur (…) ne se prête pas à la discussion, (mais) dépend surtout des sentiments ». En somme, « ils cherchent à faire passer leurs intérêts politiques pour de la science » et marginalisent « ceux qui aiment le savoir (…) qui croient en la rigueur, en la vérité et aux démonstrations rigoureuses ».

Ce glissement progressif du triptyque instruction, vérité et liberté vers le triptyque endoctrinement, idéologie et censure s’inscrit dans une évolution globale des cadres. Depuis les mouvements étudiants des années 1960, et avec l’avènement de l’Université de masse, « le rôle de l’étudiant grandit (…) tandis que celui du professeur s’amenuise » alors même que « tout est fait pour que les étudiants s’enferment dans les cadres étroits du politiquement correct ». Cette évolution, soutenue par les instances dirigeantes des universités qui se sont « mis(es) au service d’une clientèle de plus en plus exigeante » a très largement bénéficié de la complicité des enseignants qui avait jadis désolé Raymond Aron : ils « trahissent le fondement même du projet universitaire » en imposant leurs idéologies politiques et en initiant les étudiants « à l’art de la contestation ». L’ensemble se résume à ce paradoxe – qui n’est qu’apparent : alors que l’on fait la promotion de la diversité, l’on constate une très forte homogénéisation du corps enseignant, autour d’une « religion », dans une « posture idéologique (où) aucun débat n’est possible ». [...]

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