
IDÉES


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Au programme
Ouverture salle 14h
Début officiel 14h30
Philippe Mesnard et Jacques de Guillebon : Fil rouge + mot introductif : 14h45 -> 15h
Guillaume Bernard : La nation, une idée de gauche ? 15h -> 15h15
Chantal Delsol : Hommage à Gaston Fessard 15h15 -> 15h 30
Matthieu Detchassahar : La pensée sociale catholique: résister à l’ère post-nationale 15h30 -> 15h45
Paul-Marie Coûteaux : Entre l’empire et la tribu : la nation 15h45 -> 16h
Guillaume de Prémare : La France est-elle une nation catholique ? 16h -> 16h15
Mot de Philippe Mesnard : 16h15 -> 16h25
Pause 20 mn : 16h25 -> 16 h45
Jérôme Besnard : Les nationalismes en Europe centrale et orientale 16h45 -> 17h
Maître Benoît Dakin : La nation comme protectrice des identités locales 17h0 -> 17h15
Francis Bergeron : La presse et la nation ? -> 17h15 -> 17h30
Frédéric Rouvillois : Le progressisme contre la nation 17h30 -> 17h45
François Marcilhac : Conclusion 17h45 -> 18
Informations pratiques
Espace Charenton, 327 Rue de Charenton, Paris, France
Ouverture des portes à 14h
Merci d’imprimer votre billet ou de le télécharger sur votre smartphone, il vous sera demandé à l’entrée
Vente de billets en ligne…
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En quoi la crise de l’humanisme a-t-elle brouillé notre conception de l’homme?
Nous prêchions l’humanisme. Ou plutôt, nous accusions les « méchants » de tout poil d’aller contre l’humanisme, voire de défendre un « antihumanisme » théorique, censé justifier des pratiques inhumaines. Ce qu’était l’humain, chacun le savait. Et on prêtait à cet adjectif une valeur positive; ainsi, on parle d’une attitude « humaine » envers les animaux. Mais en fait, on était bien en peine de dire précisément ce que c’est que l’homme. Je retournerais donc votre formule: la crise de l’humanisme est plutôt une conséquence qu’une cause. C’est de s’être rendu compte que notre conception de l’homme était brouillée qui met l’humanisme en crise.
Au moment de poser une définition de l’homme, vous dites qu’une anthropologie, y compris chrétienne, est proprement impossible. Pour quelles raisons ?
Une anthropologie chrétienne ? Formule à utiliser avec précautions, pour ne pas dire avec des pincettes. Ce qu’on appelle « anthropologie » est une discipline universitaire reconnue, qui a produit des travaux remarquables. Il y a des anthropologues chrétiens. Ainsi André Leroi-Gourhan (mort en 1986). Il a cité un passage du De la Création de l’homme de saint Grégoire de Nysse (mort en 395) pour résumer sa vision de l’hominisation. Mais le savoir de ce savant, comme d’ailleurs de tout autre, n’a rien de spécifiquement chrétien. Il n’y a pas plus d’« anthropologie chrétienne » qu’il n’y avait de « science juive » — comme le disaient les nazis à propos de la physique d’Einstein. Quant à une anthropologie en général, sans épithète, je suis loin d’être le premier à dire que son projet est d’avance voué à l’échec, à moins qu’il ne s’avoue provisoire. Heidegger tape dessus à bras raccourcis à la fin de son livre sur Kant de 1929. Et dans la célèbre Lettre sur l’humanisme (1946), il récuse la notion même d’humanisme. Parce que l’objet même d’une éventuelle anthropologie est insaisissable. Peut-être aussi parce que l’être de l’homme est en-dehors de l’homme, l’identité humaine étant alors radicalement excentrique.
Humanitarisme et transhumanisme sont-ils les deux faces d’une même pièce: l’homme qui se définit par lui-même?
L’ennui avec le transhumanisme, c’est que les hommes nouveaux qu’il produirait (à supposer que ce soit faisable) seraient fabriqués sur un modèle défini par des hommes non encore augmentés. Ceux-ci réaliseraient ainsi leurs rêves. Or, je ne crois pas que l’on ait tellement l’intention de fabriquer en série des Maximilien Kolbe ou des Mère Teresa. Ce qui sortirait des éprouvettes, selon les rêves de certains, ce seraient plutôt des culturistes ou des Prix Nobel. Parler d’homme « augmenté » devient ainsi très révélateur: il s’agirait simplement d’agrandir certaines capacités humaines. [...]
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On a l’impression de suivre le fil de votre pensée comme un fleuve. Il n’y a pas d’organisation très claire.
Je ne suis ni un intellectuel, ni un philosophe. Je suis un écrivain. Ce qui est certain, c’est qu’il y a beaucoup de digressions. J’ai toujours été très porté sur les parenthèses, les notes, les chemins de traverse.
Vous aimez la bathmologie, c’est-à-dire l’étude du degré de signification des mots.
La bathmologie a toujours été fondamentale pour moi à partir du moment où jeune homme, je l’ai découverte grâce à Roland Barthes. Je l’ai d’ailleurs beaucoup plus utilisée que lui qui, dans son génie, l’a simplement donnée en fulgurance. C’est quelque chose qui m’a toujours beaucoup intéressé et j’y reviens toujours. Il est certain que c’est mon medium, elle est donc toujours présente.
Vous parlez aussi de l’idéologie du « sympa » qui sert à nommer tout ce qui est acceptable, excluant tout ce qui n’est pas agréable à entendre ou à voir. Tout le monde a une attraction envers le « sympa ». Comment renverser cela ?
L’idéologie du « sympa », voilà l’ennemi! C’est le sous-produit de tout: la morale, l’esthétique, etc. Tout y est aggloméré : le rien, le non-jugement, toute la bêtise du monde. Cela se voit d’ailleurs dans l’extrême plasticité du terme qui veut tout et rien dire, tant quelque chose d’énorme que de minuscule, d’attachant que de dégoûtant. Ça n’a pas de sens.
Comment alors rendre attrayante la complexité qui peut être dégagée par ce qui n’est pas « sympa » ?
Par la discrimination peut-être. J’aime beaucoup la discrimination, j’en suis un ardent défenseur. Elle a été considérée durant des siècles comme une vertu intellectuelle et morale, mais elle est devenue l’étendard de l’horreur. Je suis pour un retour à la source. Dès lors, nous sommes tout à fait dans la bathmologie. Il ne faut toutefois pas tomber dans le contraire. Je n’ai aucune fascination pour l’« antipa », ce serait aussi bête que d’être « sympa ». Je crois réellement à la discrimination, à la nuance, à la distinction, au jugement au cas par cas et éviter une pure dialectique.
Vous citez Nietzsche sur la mort de Dieu. On comprend au fil de votre ouvrage que cette mort conduit par plusieurs étapes au « remplacisme ».
Une étape notable est l’avènement de la Science comme instance suprême de la vérité, ce qui est sans doute la première dépossession. À partir du moment où Dieu et la religion ne sont plus des instances suprêmes, ils sont remplacés par la Science. Or, la Science est aussi susceptible de schismes, d’hérésies et divisions que la religion. D’ailleurs, je ne suis pas sûr qu’elle tienne aussi longtemps. Elle semble avoir un sérieux plomb dans l’aile ! [...]
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Tout le monde veut la paix, excepté Vladimir Poutine qui a déclaré la guerre et qui, quelques raisons qu’il puisse présenter pour se justifier, l’a donc voulue. Tout le monde veut la paix et tous, probablement, nous sommes prêts à en payer le prix car aucun d’entre nous, sinon les quelques-uns qui se font les hérauts des valeurs bellicistes et trouvent belle la guerre, n’aime ni la mort ni les larmes que les conflits armés portent nécessairement avec eux. Il existe cependant plusieurs façons de vouloir la paix et plusieurs manières d’éviter la guerre ; il existe ainsi une paix dans l’honneur qui n’a que peu à voir avec celle de la soumission à laquelle invite l’homme fort du Kremlin, acharné à refuser toutes négociations qui ne satisfassent pas l’ensemble des revendications par lui imposées à tous, tel le tyran qu’il est désormais devenu pour notre plus grand malheur et celui des Russes qui le subissent.…
L’Incorrect
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