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Les hauteurs de l’Éden : l’envers de l’Occident
Notre Occident post-hitlérien, héritier inconscient des idéaux de la révolution industrielle, reste porté par son projet de « reconstruire de fond en comble la condition humaine », et s’ingénie à effacer toute borne, à refuser l’enjeu généalogique. Ignorant que « le voile de l’illusion positiviste se déchire sous nos yeux », il promeut toujours l’avènement d’un homme standardisé, sans pourquoi, triste serviteur du culte de l’immédiat et de l’effacement du passé. Surtout, ne sachant plus que « l’animal humain habite la Terre comme une scène », il reste aveugle aux civilisations orthodoxes, islamiques et chinoises, qui, travaillées par un désir de revanche, redécouvrent leurs fondations théologiques, leurs rituels et leurs théâtres, c’est-à-dire leur intériorité séculaire. [...]
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Benjamin Constant : à la ville et à la scène
Directeur de l’Institut Constant de Lausanne, Léonard Burnand pouvait paraître mal placé pour écrire une bio de Constant, partialité oblige Mais justement, objecte-t-il: c’est dans ses contradictions, ses errements et ses défauts que l’auteur d’Adolphe est le plus intéressant, aucune raison de tomber dans l’hagiographie. [...]
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Colloque : Qu’est ce qu’une nation ?

Au programme

Ouverture salle 14h

Début officiel 14h30

Philippe Mesnard et Jacques de Guillebon : Fil rouge + mot introductif : 14h45 -> 15h

Guillaume Bernard : La nation, une idée de gauche ? 15h -> 15h15

Chantal Delsol : Hommage à Gaston Fessard 15h15 -> 15h 30

Matthieu Detchassahar : La pensée sociale catholique: résister à l’ère post-nationale 15h30 -> 15h45

Paul-Marie Coûteaux : Entre l’empire et la tribu : la nation 15h45 -> 16h

Guillaume de Prémare : La France est-elle une nation catholique ? 16h -> 16h15

Mot de Philippe Mesnard : 16h15 -> 16h25

Pause 20 mn : 16h25 -> 16 h45

Jérôme Besnard : Les nationalismes en Europe centrale et orientale 16h45 -> 17h

Maître Benoît Dakin : La nation comme protectrice des identités locales 17h0 -> 17h15

Francis Bergeron : La presse et la nation ? -> 17h15 -> 17h30

Frédéric Rouvillois : Le progressisme contre la nation 17h30 -> 17h45

François Marcilhac : Conclusion 17h45 -> 18

Informations pratiques

Espace Charenton, 327 Rue de Charenton, Paris, France

Ouverture des portes à 14h

Merci d’imprimer votre billet ou de le télécharger sur votre smartphone, il vous sera demandé à l’entrée

Vente de billets en ligne
Jacob Boehme : Le vase et le cordonnier
Nous sommes en 1600, en Silésie, dans la petite ville de Görlitz, charmante bourgade nichée sur les contreforts des Alpes de Bohème. Jacob vit à proximité des remparts, près de la porte de Neisse où les artisans tiennent habituellement leur commerce. Fils d’un propriétaire terrien, il vient de terminer sa formation de cordonnier et entame sa carrière avec enthousiasme. D’autant qu’il vient d’épouser Katerine Kuntzschmann, la fille d’un des plus émérites bouchers de la ville. Tout irait pour le mieux si Jacob Boehme n’avait pas depuis longtemps ce pressentiment de Dieu qui le hante et qui menace d’éclater à chaque instant. Ce matin-là, ses yeux se posent sur un vase d’étain dans son atelier, sur lequel joue la lumière dorée du jour. La surface du vase et sa courbe si soigneusement manufacturée, la poussière qui danse dans les rayons et les reflets changeants du monde sur l’orbe, tout cela devient en un instant l’alpha et l’oméga d’une illumination théurgique qui bouleversa durable- ment l’aimable cordonnier. Comme il le dira plus tard, Jacob Boehme en apprend davantage en un quart d’heure qu’en dix ans à l’université. Car ce qu’il apprend en posant son regard sur le vase ne relève pas de la connaissance mais de l’expérience, c’est un savoir qu’on ne peut pas transmettre, mais dont on peut seulement tenter de consigner la réalité. [...]
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Rémi Brague : « L’être de l’homme est en-dehors de l’homme »

En quoi la crise de l’humanisme a-t-elle brouillé notre conception de l’homme?

Nous prêchions l’humanisme. Ou plutôt, nous accusions les « méchants » de tout poil d’aller contre l’humanisme, voire de défendre un « antihumanisme » théorique, censé justifier des pratiques inhumaines. Ce qu’était l’humain, chacun le savait. Et on prêtait à cet adjectif une valeur positive; ainsi, on parle d’une attitude « humaine » envers les animaux. Mais en fait, on était bien en peine de dire précisément ce que c’est que l’homme. Je retournerais donc votre formule: la crise de l’humanisme est plutôt une conséquence qu’une cause. C’est de s’être rendu compte que notre conception de l’homme était brouillée qui met l’humanisme en crise.

Au moment de poser une définition de l’homme, vous dites qu’une anthropologie, y compris chrétienne, est proprement impossible. Pour quelles raisons ?

Une anthropologie chrétienne ?  Formule à utiliser avec précautions, pour ne pas dire avec des pincettes. Ce qu’on appelle « anthropologie » est une discipline universitaire reconnue, qui a produit des travaux remarquables. Il y a des anthropologues chrétiens. Ainsi André Leroi-Gourhan (mort en 1986). Il a cité un passage du De la Création de l’homme de saint Grégoire de Nysse (mort en 395) pour résumer sa vision de l’hominisation. Mais le savoir de ce savant, comme d’ailleurs de tout autre, n’a rien de spécifiquement chrétien. Il n’y a pas plus d’« anthropologie chrétienne » qu’il n’y avait de « science juive » — comme le disaient les nazis à propos de la physique d’Einstein. Quant à une anthropologie en général, sans épithète, je suis loin d’être le premier à dire que son projet est d’avance voué à l’échec, à moins qu’il ne s’avoue provisoire. Heidegger tape dessus à bras raccourcis à la fin de son livre sur Kant de 1929. Et dans la célèbre Lettre sur l’humanisme (1946), il récuse la notion même d’humanisme. Parce que l’objet même d’une éventuelle anthropologie est insaisissable. Peut-être aussi parce que l’être de l’homme est en-dehors de l’homme, l’identité humaine étant alors radicalement excentrique.

Humanitarisme et transhumanisme sont-ils les deux faces d’une même pièce: l’homme qui se définit par lui-même?

L’ennui avec le transhumanisme, c’est que les hommes nouveaux qu’il produirait (à supposer que ce soit faisable) seraient fabriqués sur un modèle défini par des hommes non encore augmentés. Ceux-ci réaliseraient ainsi leurs rêves. Or, je ne crois pas que l’on ait tellement l’intention de fabriquer en série des Maximilien Kolbe ou des Mère Teresa. Ce qui sortirait des éprouvettes, selon les rêves de certains, ce seraient plutôt des culturistes ou des Prix Nobel. Parler d’homme « augmenté » devient ainsi très révélateur: il s’agirait simplement d’agrandir certaines capacités humaines. [...]

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Pierre Boutang : politique d’abord
l’auteur : le secret, à quoi il consacra sa thèse de métaphysique et la politique considérée comme souci du bien commun. Le Secret de René Dorlinde, que Sébastien Lapaque rapproche dans sa préface de La vie d’Agricola de Tacite, date de 1944. Il s’agit bien ici « d’un conte philosophique à lire comme un roman policier » qui dépeint la perte de repères de l’homme moderne, désormais privé de sa dimension intérieure comme de ses racines spirituelles et temporelles. Méditation sur la survie de l’ordre ancien dans les sociétés totalitaires, Le Secret de René Dorlinde n’a pas été conçu pour rien au moment où Georges Bernanos écrivait La France contre les robots et Georges Orwell son 1984. « Le secret, dans son essence, est contre-révolutionnaire », veut nous y convaincre Boutang. [...]
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Renaud Camus : le dépossédé

On a l’impression de suivre le fil de votre pensée comme un fleuve. Il n’y a pas d’organisation très claire.

Je ne suis ni un intellectuel, ni un philosophe. Je suis un écrivain. Ce qui est certain, c’est qu’il y a beaucoup de digressions. J’ai toujours été très porté sur les parenthèses, les notes, les chemins de traverse.

Vous aimez la bathmologie, c’est-à-dire l’étude du degré de signification des mots.

La bathmologie a toujours été fondamentale pour moi à partir du moment où jeune homme, je l’ai découverte grâce à Roland Barthes. Je l’ai d’ailleurs beaucoup plus utilisée que lui qui, dans son génie, l’a simplement donnée en fulgurance. C’est quelque chose qui m’a toujours beaucoup intéressé et j’y reviens toujours. Il est certain que c’est mon medium, elle est donc toujours présente.

Vous parlez aussi de l’idéologie du « sympa » qui sert à nommer tout ce qui est acceptable, excluant tout ce qui n’est pas agréable à entendre ou à voir. Tout le monde a une attraction envers le « sympa ». Comment renverser cela ?

L’idéologie du « sympa », voilà l’ennemi! C’est le sous-produit de tout: la morale, l’esthétique, etc. Tout y est aggloméré : le rien, le non-jugement, toute la bêtise du monde. Cela se voit d’ailleurs dans l’extrême plasticité du terme qui veut tout et rien dire, tant quelque chose d’énorme que de minuscule, d’attachant que de dégoûtant. Ça n’a pas de sens.

Comment alors rendre attrayante la complexité qui peut être dégagée par ce qui n’est pas « sympa » ?

Par la discrimination peut-être. J’aime beaucoup la discrimination, j’en suis un ardent défenseur. Elle a été considérée durant des siècles comme une vertu intellectuelle et morale, mais elle est devenue l’étendard de l’horreur. Je suis pour un retour à la source. Dès lors, nous sommes tout à fait dans la bathmologie. Il ne faut toutefois pas tomber dans le contraire. Je n’ai aucune fascination pour l’« antipa », ce serait aussi bête que d’être « sympa ». Je crois réellement à la discrimination, à la nuance, à la distinction, au jugement au cas par cas et éviter une pure dialectique.

Vous citez Nietzsche sur la mort de Dieu. On comprend au fil de votre ouvrage que cette mort conduit par plusieurs étapes au « remplacisme ».

Une étape notable est l’avènement de la Science comme instance suprême de la vérité, ce qui est sans doute la première dépossession. À partir du moment où Dieu et la religion ne sont plus des instances suprêmes, ils sont remplacés par la Science. Or, la Science est aussi susceptible de schismes, d’hérésies et divisions que la religion. D’ailleurs, je ne suis pas sûr qu’elle tienne aussi longtemps. Elle semble avoir un sérieux plomb dans l’aile ! [...]

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Éditorial essais d’avril : Qui veut la paix ?

Tout le monde veut la paix, excepté Vladimir Poutine qui a déclaré la guerre et qui, quelques raisons qu’il puisse présenter pour se justifier, l’a donc voulue. Tout le monde veut la paix et tous, probablement, nous sommes prêts à en payer le prix car aucun d’entre nous, sinon les quelques-uns qui se font les hérauts des valeurs bellicistes et trouvent belle la guerre, n’aime ni la mort ni les larmes que les conflits armés portent nécessairement avec eux. Il existe cependant plusieurs façons de vouloir la paix et plusieurs manières d’éviter la guerre ; il existe ainsi une paix dans l’honneur qui n’a que peu à voir avec celle de la soumission à laquelle invite l’homme fort du Kremlin, acharné à refuser toutes négociations qui ne satisfassent pas l’ensemble des revendications par lui imposées à tous, tel le tyran qu’il est désormais devenu pour notre plus grand malheur et celui des Russes qui le subissent.…

L’Incorrect

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